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12/03/2013

Printemps des poètes

Le Printemps des Poètes

du 9 au 24 mars

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La poésie au cœur du combat, tel est le thème de la 4e édition du Printemps des poètes à La Roche-sur-Yon. Qui, cette année, se fait l'écho des récents printemps arabe, iranien, voire berbère naguère, où les poètes ont su s'indigner pour accompagner la légitime revendication à la dignité humaine. L'indignation constitue l'essence du combat poétique, provoque l'entrée des poètes en résistance à toute espèce de totalitarisme, l'histoire de la littérature en témoigne: Victor Hugo en exil sous Napoléon le Petit, le yonnais Jean Bouhier fondateur de l'École de Rochefort insoumise à Pétain, le palestinien Mahmoud Darwich, les algériens Tahar Djaout et Lounès Matoub et tant d'autres acteurs de la liberté.
C'est que, comme le soulignait l'écrivain Kateb Yacine, «il y a une opposition irréductible entre le verbe libre (la poésie) et le verbe religieux» et ses ersatzs, les idéologies politiques «ces religions sans Dieu» (Hegel). Et si les circonstances l'imposent, le combat de la poésie se change en poésie de combat où «le mot, c'est un coup de fusil qui part» (formule de Farida Aït Ferroukh lors d'un débat à La Roche-sur-Yon). Faut-il rappeler l'œuvre de résistance active des Char, Éluard, Aragon, Guillevic...?
La poésie affouille le vif du langage. En cette période de crise qui dépèce à vif le quotidien des hommes, est-il étonnant que l'on se tourne vers les poètes? Et insolite que ce sont de jeunes étudiantes qui portent le projet de ce Printemps des poètes? Et que cela se passe à La Roche-sur-Yon qui entretient des liens de forte amitié avec Tizi-Ouzou et le peuple Amazigh? Pas vraiment. La poésie vise au cœur de l'humain, tire une «salve d'avenir» (Machado). Ce n'est pas un privilège de rencontrer les poètes invités lors de cet événement, c'est une nécessité. À très bientôt, donc.
 
Louis Dubost, poète