22.07.2008
Intérieur et solitude
Gilles Baudry : Je rapprocherai volontiers le mot « intérieur » du mot « solitude ». Qu’on écrive ou qu’on lise, on fait acte de solitude, de remembrement de soi. Le poète, l’écrivain écrit à sa table, il marche dans un bois, il revient chez lui. Il habite avec lui-même. On est véritablement seul quand on peut rejoindre la solitude des autres. Pour ma part, j’écris toujours sur un fond de silence après avoir recueilli la voix des autres, un paysage, un visage. Je prendrai volontiers l’image de la chambre noire du photographe, où le négatif doit se développer. Après l’éclaircie, le jaillissement, le flash, il faut procéder à un développement à l’écart de la lumière.
On peut prendre aussi l’image du coup d’archet. Le premier coup d’archet est bon généralement, après, l’interprète doit faire un effort pour faire advenir la mélodie à elle-même, il doit se battre pour ne pas la laisser s’échapper. Il faut porter longtemps en soi ce chant intérieur, le secret de notre vie, pour pouvoir, l’extraire de soi et le mettre sur le papier. Ce qui suppose beaucoup de patience, de doute, d’incertitude, de lenteur aussi. Il y a un tempo de l’écriture et de la lecture, une mesure, un accord comme suspendu.
Extrait de: Entretien entre trois poètes croyants, l'Abîme entre les mots.
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11.06.2008
Rare
Gérard Manset aux enfants du rock en 1983.
Extraits des chansons: Le train du soir, Y'a une route, Les Loups, Il voyage en solitaire.
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11.04.2008
Droit de mort, droit de vie
« Vous serez mes témoins… »
Dans les récits d’apparition que nous lisons en ces temps de Pâques, le Christ charge ses disciples d’être témoins de sa résurrection, témoins par la parole, et témoins aussi par le geste et l’engagement au service de la vie. Comme il en fut pour les disciples autrefois, la résurrection du Christ nous travaille aujourd’hui, elle suscite notre engagement dans l’espérance.
En ces jours de fêtes pascales, le débat sur l’euthanasie a retrouvé une place de premier plan de l’actualité, avec la mort de Chantal Sébire. Certains veulent « rouvrir le débat » selon l’expression de son avocat. L’expression est-elle juste ? Le débat a-t-il jamais été clos ? En fait il s’agit plutôt, pour les partisans de l’euthanasie d’aller plus loin dans la législation et de dépasser la loi relative aux droits des malades et à la fin de vie d’avril 2005.
On sait que cette loi votée presque à l’unanimité des membres du parlement représente un point d’équilibre et aussi que cet équilibre est fragile. Il faut rendre hommage à nos parlementaires d’avoir su mener à cette occasion un débat de haute tenue en un domaine où la médecine avec ses avancées, l’éthique en tant que recherche d’une vie bonne et juste, et le droit en tant que norme générale posée dans un contexte donné, se conjuguent de manière très complexe.
On reste stupéfait de voir que dans le prétendu « débat » rouvert, on n’a guère entendu qu’un son de voix. Une fois de plus, la complexité des choses, quant il s’agit de la souffrance humaine, a cédé la place à la simplification et à la mise en scène qui semble être la condition inévitable de l’information actuelle.
Dans le débat médiatique, la parole n’a guère été donnée à ceux qui luttent contre la souffrance, ceux qui accompagnent les personnes en fin de vie avec d’autres approches et d’autres convictions philosophiques et éthiques. Leurs pratiques témoignent pourtant aussi d’une grande humanité et de pas moins de compassion.
Quant aux opinions religieuses elles ont été (on a envie de dire « évidemment ») souvent disqualifiées d’emblée comme étant particulières, irrationnelles donc sans pertinence véritable. Il n’en reste pas moins que les traditions religieuses et la foi chrétienne, plus précisément, sont une authentique source pour éclairer et discerner les voies de l’humain, une source pour des pratiques qui respectent et grandissent cet humain en chaque homme et femme.
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21.03.2008
Vendredi Saint

La Parole en silence se consume pour nous.
L'espoir du monde a parcouru sa route.
Voici l'heure où la vie retourne à la source:
dernier labeur de la chair mise en croix.
Serviteur inutile, les yeux clos désormais,
le Fils de l'homme a terminé son oeuvre.
La lumière apparue rejoint l'invisible,
la nuit s'étend sur le corps: Jésus meurt.
Maintenant tout repose dans l'unique oblation.
Les mains du Père ont accueilli le souffle.
Le visage incliné s'apaise aux ténèbres,
le coup de lance a scellé la passion.
Le rideau se déchire dans le Temple désert.
La mort du Juste a consommé la faute,
et l'Amour a gagné l'immense défaite:
demain, le Jour surgira du tombeau.
cfc - cnpl
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03.01.2008
Leçon d'espérance
Ci-dessous, un billet de Marianne Seckel dans Le Protestant de l'Ouest de Janvier 2008 à propos de la lettre d'Ingrid Betancourt.
Une lettre nous est arrivée !
Une lettre adressée non pas d’abord à chacun de nous, mais la lettre d’une fille à sa mère.
Une lettre écrite du fond de l’abîme d’une terrible détention s’étirant depuis plus de cinq ans.
Une lettre qui vient comme du néant, de l’ »envie de rien » qui laisse au moins « libre de désirs ».
La première émotion passée, je suis saisie par la densité de ce qui est dit là, par ce qui subsiste en effet de désir et de vie. Je suis saisie par la force qui permet à celle qui écrit de maintenir, par la pensée, une relation avec ceux qu’elle aime, chacun considéré pour lui-même : sa mère à qui elle s’adresse en premier, son père dont elle évoque le souvenir, chacun de ses enfants dont elle suit et encourage les parcours singuliers, sa sœur, ses neveux, les hommes qui ont partagé sa vie.
Vous l’avez compris, comme vous, j’ai reçu la lettre d’Ingrid Betancourt, cette lettre que sa famille a choisi de nous offrir, à vous, à moi. Certes, c’est une invitation à nous mobiliser encore pour la libération d’Ingrid Betancourt et tant d’autres qui subissent de tels supplices. Mais à côté et en plus de cet appel à la libération dans le respect des « Droits de l’Homme », j’entends et je reçois un poignant et essentiel message de vie, une parole qui a franchi forêts, océans et combien d’autres terribles obstacles pour nous rejoindre.
Dans un environnement social trop souvent enclin à se fier à la toute-puissance de moyens et capacités humaines, je lis qu’en la désolation de cette jungle colombienne, en ce lieu-frontière entre vie et mort, sur le fil ténu de l’espérance, Dieu est nommé, en amont comme Celui qu’il convient de remercier pour les enfants donnés, famille dont la pensée rythme la monotonie d’une détention à l’échéance inconnue. Dieu au présent, sollicité comme aide et comme guide. Fieu, pour l’avenir inconnu. Un Dieu mêlé à notre Histoire aujourd’hui comme au temps dont témoignent les écrits de la Bible dont Ingrid Betancourt écrit qu’en son maigre paquetage elle est son « unique luxe ».
Reconnaissants pour ce message d’espérance qui nous vient des confins de la mort, ne sommes-nous pas conviés, quelles que soient nos situations, à « déborder d’espérance », à en témoigner en actes et en paroles ?
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25.12.2007
J'ai fait le rêve...
Martin Luther King I have a dream (sous-titres français)
en écho au texte d'Isaïe de la nuit de Noël.
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14.09.2007
Missionnaire du 94
Depuis que leur évêque Mgr Daniel Labille avait démissionné pour limite d'âge, les catholiques du Val-de-Marne attendaient leur nouveau pasteur. Il s'agit de Mgr Michel Santier, jusqu'ici évêque de Luçon. A 60 ans, ce prêtre originaire de la Manche est l'une des figures montantes de l'épiscopat français. En charge du dossier des relations interreligieuses, il a fondé le mouvement charismatique Réjouis-toi et dynamisé le diocèse de Luçon, grâce à une démarche synodale en 2006. A cette occasion, il évoqua l'attitude de l'Eglise face aux divorcés et aux homosexuels. "Des paroles de jugement prononcées de notre part (...) ont pu leur faire beaucoup de mal. Au nom de l'Eglise, comme évêque, je vous demande pardon et leur demande pardon." Le mea culpa de cet homme humble et rayonnant a suscité les applaudissements de très nombreux catholiques et la colère des traditionnalistes. Mais le pape a tranché en sa faveur en l'envoyant dans l'un des diocèses les plus peuplés de France. N. Roussier dans La Vie n°3237
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27.07.2007
Sagesse octogonale

Témoignage de Mgr Jacques Noyer pour ses 80 ans.
Ma sagesse octogonale
1- Regarde toujours au-delà de ton horizon familier, c’est là que des frères t’attendent.
2- Rêve l’impossible et les ennemis d’hier deviendront amis.3- Prends les gens comme ils sont : ne juge pas leur passé, attends leur avenir.
4- Ne désespère pas de l’Eglise : j’ai vu cette vieille dame ridée, un jour, au bal des nations, retrouver sa valse de jeune amoureuse.
5- Quand la nuit vient, veille, avance à tâtons, et espère le jour qui vient.
6- Si tu mènes un troupeau, ce n’est pas lui qui sait la meilleure herbe mais les brebis et n’essaie pas de les faire marcher au pas.
7- Ne te prends jamais pour le Bon Dieu. Lui-même a déjà refusé ce rôle.
8- Même si tu n’as plus qu’un soupir à rendre, il est indispensable à l’histoire du monde.
Lu dans le n° d’Août-Septembre 2007 de "Paix et Joie dans l’Esprit Saint". (revue trimestrielle des prêtres de St François de Sales)
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10.04.2007
Les chrétiens en politique
Les évêques de France ont publié le 18 octobre dernier un document intitulé: "Qu'as-tu fait de ton frère?" pour nous aider à réfléchir au politique, bien avant les échéances électorales. St Augustin n'a-t-il pas écrit que "la politique est la plus haute forme de la charité"?
L'hebdomadaire La vie n°3214 renvoie à quelques sites intéressants pour continuer la réflexion autour des grandes questions qui se posent pour l'avenir de notre pays.
Que fais-tu de ta démocratie?: La politique, une bonne nouvelle - http://www.protestants.org/index.htm- Chrétiens dans le monde rural
Que fais-tu de tes pauvres?: Société St Vincent de Paul -
Que fais-tu de ta famille?: Associations familiales catholiques
Que fais-tu de l'Europe?: Les semaines sociales
Que fais-tu du reste du monde?: Collectif Urgence Planétaire - CCFD - Acat
12 propositions pour une société plus juste.
Les réponses des candidats sont sur le site La Vie
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17.03.2007
C'était Yann
Dans l'hebdomadaire La Vie de cette semaine j'ai trouvé le témoignage ci-dessous qui m'a beaucoup touché. Je ne connaissais pas vraiment Yann Laurent, 27 ans, journaliste qui a mis fin à ses jours le 8 mars dernier... mais je vous partage le mot qu'une de ses collègues de travail a écrit:
"Yann, c'était d'abord un grand corps baraqué, déambulant en toutes circonstances avec nonchalance, jamais on ne l'a vu courir ou débouler un escalier, ce qui dans notre profession est assez rare. En apparence, l'urgence lui était étrangère. Comme s'il avait le temps pour lui.
Son métier, il l'abordait de la même façon, s'immergeant des semaines sur un sujet qui le passionnait. Peaufinant son écriture jusqu'à ce qu'on lui enlève sa copie des mains. Surveillant de près la mise en pages, entêté à faire changer une virgule ou un mot. Au secrétariat de rédaction, ses incursions étaient légendaires!
Yann aimait plutôt nager à contre-courant, il détestait l'angélisme et les discours trop facilement compassionnels. Son truc, c'était soulever les chapes, traquer les failles, montrer l'envers du décor. L'intérêt du journalisme, disait-il. Il avait adoré embarquer sur un bâtiment de la marine pour enquêter sur le racisme dans l'armée, s'envoler pour Kiev aux heures chaudes de la révolution orange, suivre pendant deux mois en banlieue parisienne un couple de patineurs se préparant aux JO, ou encore s'immerger dans les eaux troubles des gothiques parisiens. Le 8 mars, le temps qu'il semblait avoir devant lui s'est arrêté. Yann a choisi de s'envoler, comme le dit sa maman.
Nous ne potinerons plus avec lui, le soir, quand la pression se relâche. De tout, de rien, un conseil, un avis, une confidence. Nous ne le verrons plus hésiter longuement à la cantine entre tarte fraises ou chocolat. Ni écrire devant son ordinateur, le casque vissé sur les oreilles à écouter James Blunt ou Nigel Kennedy. Ni feuilleter l'Equipe dans l'espoir d'y trouver les résultats du hockey sur glace. Nous n'aurons surtout plus droit à son humour, qu'il distillait si bien, d'un coin de l'oeil malicieux ou d'un demi-sourire mutin. Cette présence-là, elle sera dure à oublier."
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