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28/11/2019

Introspection

 

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Introspection

 

À chacun sa part d’ombre
Seul le grand soleil
N’a pas de côté sombre.

J’apprécie sa compagnie,
Pourvu qu’elle soit douce,
La solitude est mon amie.

De plus en plus isolé
Me voici loin de tout
Mais plus près de moi-même.

Stéphen Moysan

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07/11/2019

Aller à la messe

POURQUOI NE VA-T-ON PLUS A LA MESSE?

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Ils étaient près de 25 % jusque dans les années 1960. Aujourd’hui, les catholiques pratiquants - celles et ceux qui vont à la messe du dimanche - sont à peine 5 %, voire moins. Comment expliquer pareille chute ?

On allègue de multiples causes : une société consumériste et hédoniste de plus en plus déchristianisée ; la liberté (et le rejet) face aux injonctions de l’Église en matière de vie sexuelle et conjugale, ou de procréation ; les activités de détente et de sport, qui occupent hommes et femmes de 7 à 77 ans tous les samedis et dimanches que Dieu fait…

Rien de tout cela n’est faux. Mais avec ces raisons extérieures, on a toujours l’air de dire que c’est la faute aux autres. N’y aurait-il rien à redire à la messe dominicale elle-même, à la façon de la célébrer et de la vivre ? En revenant intentionnellement sur le sujet, ces derniers mois, avec des amis d’âge divers, j’ai presque invariablement entendu la réponse : « Ah non, merci ! Je n’en peux plus, c’est l’ennui absolu, j’ai arrêté d’y aller. » Pourtant, la plupart n’y ont pas renoncé de gaîté de cœur, ils « culpabilisent » même d’être devenu des intermittents ou des absents. Qu’est-ce qui cloche au fond ? D’où vient le malaise actuel ?

C’est que nombre de célébrations (avant tout les messes dominicales) sont aujourd’hui traversées par une contradiction flagrante. Pour le dire d’un mot : on assiste à la messe (on parle couramment de l'« assistance » présente), et on n’y participe guère ou très peu.

Pourtant, s’il a été décidé que la messe dite « de Paul VI », instaurée en 1969, serait célébrée dans la langue de chaque pays et non plus en latin, ce n’était pas pour continuer d'« assister » passivement à un spectacle qui se joue dans le chœur de l’église avec un seul ou quelques acteurs, si essentiels soient-ils : le ou les prêtres célébrants. C’était bien pour que les fidèles participent, aussi activement et aussi nombreux que possible, selon des formes à inventer, à la célébration de l’eucharistie, c’est-à-dire à cette rencontre où la communauté se souvient de Jésus-Christ ressuscité d’entre les morts, vivant aujourd’hui, dont le retour glorieux est espéré et désiré, selon les paroles de l'« anamnèse » chantée ou dite après la consécration. Mieux : c’était pour que chacun des participants fasse et refasse l’expérience concrète, intérieure, de ce qui s’est passé « la veille de sa mort, au cours d’un repas… ».

La question est : n’est-on pas allé, depuis trente ou quarante ans, à rebours de cet objectif ? Tout se passe dans le chœur, où le prêtre évolue seul et célèbre à la place de tous. Il « préside », comme on dit, mais au mauvais sens du mot : la part de l’assemblée est très faible, quasi inexistante durant une grande partie de la messe.

Comment ne pas comprendre que beaucoup « s’ennuient », surtout durant une prière eucharistique plus ou moins longue ? D’autant plus qu’un rituel de nouveau figé, où gestes, paroles et déplacements sont appliqués exactement et dans les détails, a pris le pas sur une célébration plus ouverte, plus collective et plus invitante. Certains prêtres en rajoutent sur le « sacré » dans l’espace séparé du chœur, alors qu’ils devraient avant tout célébrer pour et avec l’assemblée l’événement de la rencontre avec le Christ Jésus - qui n’a rien de « sacré ».

Je ne méconnais pas la difficulté, surtout dans des églises dont l’espace est inapte à une participation vivante. Mais pour donner envie de continuer, au moins devrait-on chercher à faire mieux, en évitant de remettre dans de vieilles outres le vin nouveau de la messe de Paul VI.

Jean-Louis SCHLEGEL, sociologue des religions

[Une version plus développée de ce point de vue est parue dans le numéro d’octobre de la revue Études]

 

17/10/2019

Laudato si

Une présentation pour les jeunes de l'encyclique "laudato si" du pape François.

13/10/2019

Eglises et musées

Ne laissons pas nos églises devenir des musées.

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À Lyon, l'église Saint-Nizier a fait appel à un jeune artiste pour réaliser son chemin de croix. Une oeuvre figurative pour un projet paroissial résolument missionnaire.

Passé le grand portail, c'est évident : Saint-Nizier a pris des couleurs ! Autour de la nef gothique des XVe-XVIe siècles, les simples croix qui ornaient une quinzaine de piliers ont été remplacées par 15 tableaux de 50 × 75 cm illustrant les 14 stations qui mènent le Christ de sa condamnation à sa mise au tombeau (le chemin de croix traditionnel), plus une 15e, instituée par le pape Jean Paul II : la Résurrection. C'est à Bruno Desroche que l'on doit cette réalisation. Chrétien engagé, longtemps paroissien de Saint-Nizier, ce Lyonnais de 40 ans s'est beaucoup cherché en tant qu'artiste peintre depuis 2001. Passé par l'abstrait, il est revenu, comme dans un acte de foi, à la contemplation du réel et à l'art figuratif : « Il n'y a rien de plus beau que la figure humaine », dit-il en souriant.

Des personnages contemporains

Ces deux années de création d'une « oeuvre dédiée à l'évangélisation » ne l'ont pas laissé indemne. « Je voulais peindre des scènes vivantes. Grâce à plusieurs de mes anciens élèves de l'école Émile-Cohl (où j'enseignais le dessin d'antique et la nature morte), à des paroissiens, à mon épouse et à nos trois enfants, j'ai reconstitué les tableaux. » Avec un Jésus portant une croix de 2,50 m et 70 kg. « Les contempler retraçant les souffrances du Christ m'a fait vivre la Passion intensément. J'ai peint ensuite dans une ambiance de prière et de méditation. Devant le chevalet, j'ai pleuré face à Jésus ainsi humilié ; je peignais mon propre péché porté par le Christ. » 

Représenter des personnages avec jeans troués, sweat à capuche et Smartphone, plutôt que des soldats romains, vise à mieux nous interroger.

Bruno Desroche a utilisé la technique du glacis : de la peinture à l'huile appliquée par fines couches translucides avec très peu de pigment, pour apporter de la profondeur et de la lumière. Fidèle à la tradition des maîtres Bruegel et le Caravage, il a représenté les acteurs sous des traits actuels - exceptés le Christ et la Vierge. « Le Christ s'est incarné une seule fois, mais il nous visite chacun aujourd'hui. Représenter des personnages avec jeans troués, sweat à capuche et Smartphone, plutôt que des soldats romains, vise à mieux nous interroger. Que provoque en moi la souffrance d'autrui ? Suis-je moi aussi capable de commettre le mal ? », explique l'artiste, qui apparaît sous les traits d'un bourreau.

Toucher tous les visiteurs

Un jeu d'identification destiné aussi à « rapprocher nos contemporains du corps du Christ ». Dans cette perspective missionnaire, l'accrochage a rompu avec la coutume: au lieu de se trouver dans le chœur, d'où partent habituellement les processions, la première station a été placée à l'entrée de la nef, afin de proposer cette démarche à tous les visiteurs.

Financé par des paroissiens

Le chemin de croix de Bruno Desroche est devenu un véritable projet paroissial. Les 120 donateurs ayant assuré son financement (65 000 EUR via Credofunding, la Fondation diocésaine Saint-Irénée et une poignée de mécènes) sont essentiellement des paroissiens. « Je rêvais depuis longtemps d'une œuvre contemporaine pour Saint-Nizier », se réjouit le père Hugues Jeanson, qui l'a défendue devant la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). « Trop souvent, en entrant dans une église, les visiteurs découvrent de "vieilles choses". Créer de belles œuvres avec des artistes d'aujourd'hui est un moyen de ne pas laisser nos églises devenir des musées, et de témoigner d'une Église vivante. »

Source LA VIE

Site officiel de Bruno Desroche

03/10/2019

Mystique de la soif

icone Samaritaine Puits 2000.jpgEn vérité je vous le dis : ce que vous ressentez quand vous crevez de soif, cultivez-le. Voilà l’élan mystique. Ce n’en est pas la métaphore. Quand on cesse d’avoir faim, cela s’appelle satiété. Quand on cesse d’être fatigué, cela s’appelle repos. Quand on cesse de souffrir, cela s’appelle réconfort. Cesser d’avoir soif ne s’appelle pas.

La langue dans sa sagesse a compris qu’il ne fallait pas créer d’antonyme à la soif. On peut étancher la soif et pourtant le mot étanchement n’existe pas.

Il y a des gens qui ne pensent pas être des mystiques. Ils se trompent. Il suffit d’avoir crevé de soif un moment pour accéder à ce statut. Et l’instant ineffable où l’assoiffé porte à ses lèvres un gobelet d’eau, c’est Dieu.

Amélie Nothomb dans « Soif » p 51-52  Albin Michel

13/09/2019

Christian Bobin