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15/02/2019

Tailleurs de pierre

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Sur la place des lavandières
travaillaient trois tailleurs de pierre.
Un voyageur passant par là leur demanda :
« Que faites-vous là ? »

Le premier dit, furieux sans doute :
« vous ne voyez pas, je gagne ma croûte ! « 
le second dit, frappant la pierre :
« bein vous voyez, j’taille des pierres ! ».
Quant au troisième, il dit jovial :
« moi… je bâtis des cathédrales ! ».
Ils taillaient les mêmes cailloux,
tous les trois pour les mêmes sous.

Le premier taillait sa misère,
et de loin préparait la guerre ;
le second taillait des pierres,
puisqu’il était tailleurs de pierres.
Le troisième taillait sa joie
et la paix du monde à la fois.

Le voyageur en s’en allant,
lui qui était tailleur de vent
se demanda sous le ciel blême ;
« lequel des trois suis-je moi-même ? ».

André Steiger.

07/02/2019

Etre authentique

masque.jpgÊtre authentique, ce n’est pas que ne pas porter de masques.

C’est aussi se dire, quand nous sommes déçus. C’est dire la vérité, quand nous sentons que nous ne sommes plus à la bonne place. C’est exprimer notre opinion, alors que nous savons que nous allons à contre-courant du mouvement de pensées.

Avoir le courage d’être authentique, c’est aussi accepter le risque de décevoir, parce que nous nous respectons pleinement. C’est se donner la liberté de dire, à la dernière minute, « Sais-tu, je ne le sens plus, je n’irai pas ce soir ». C’est oser être en désaccord alors que nous sommes seuls à penser ainsi.

C’est accepter de ne pas être à son meilleur devant des centaines de personnes. C’est refuser de porter un masque pour plaire aux autres et avoir le courage de nous montrer tels que nous sommes.

C’est renoncer à chercher à se faire aimer, parce que l’Amour que nous avons pour nous-mêmes transcende tout le reste. C’est accepter même que certains ne nous aimeront pas, tout en se rappelant qu’aucun grand prophète, que ce soit Jésus, Bouddha ou Mahomet, n’a jamais fait l’unanimité; alors qui sommes-nous pour aspirer à être aimés de tous?

C’est se montrer vulnérable, sans faux-fuyant, parce que nous avons pris ce pari de l’authenticité dans sa globalité; et non seulement les parties qui faisaient notre affaire.

C’est accueillir l’autre dans sa propre authenticité, parce qu’en étant vrais avec nous-mêmes, nous reconnaissons que les autres aussi ont le droit d’être vrais avec eux-mêmes, même si cela nous déçoit parfois.

Être authentique, c’est aussi reconnaître nos défauts et nous accueillir dans notre imperfection, totalement, sans nous juger, ce qui nous donne tout l’espace requis pour accueillir les autres dans leurs imperfections sans les juger. Et sans avoir peur d’être jugés.

Être authentique procède de l’Amour. Être courageux aussi.

Avoir le courage d’être authentique est le plus grand geste d’amour que nous puissions avoir envers nous-mêmes. Quand nous sommes authentiques, nous nous aimons complètement.

Diane Gagnon

03/02/2019

Jardin secret

porte fermée.jpgLa mode est à la transparence, à l'exposition sur les réseaux sociaux des moindres détails de notre vie privée. Est-ce à dire que notre intimité n'a plus aucune valeur? Qu'il représente un lieu de liberté, d'accomplissement, de refuge, ou un lien privilégié avec Dieu, le jardin secret demeure indispensable à notre équilibre personnel.

Marguerite Lefebvre dans Panorama (Février 2019)

26/01/2019

De l'âme

François Cheng: De l'âme  (Albin Michel)

François Busnel reçoit Luc Ferry et Frédéric Lenoir. Ce dernier évoque son ouvrage «Philosopher et méditer avec les enfants». François Cheng, poète, romancier et essayiste, publie «De l'âme», chez Albin Michel. Le slameur Abd Al Malik rend hommage à l'écrivain qui a guidé ses pas dans «Camus, l'art de la révolte».

20/01/2019

Les noces de Cana

13/01/2019

Baptême du Christ

Pour Giotto, le baptême du Christ révèle Jésus comme le nouveau Moïse. En descendant dans le Jourdain pour le salut des hommes, il marche déjà vers sa Pâque.

Giotto, fresque de la chapelle Scrovegni à l’Arena de Padoue (vers 1306).
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Giotto, fresque de la chapelle Scrovegni à l’Arena de Padoue (vers 1306). / Dagli Orti/DEA/Leemage

Le Christ est nu au milieu de l’eau, il s’est dépouillé de ses vêtements. Des anges ont recueilli son manteau et sa tunique. Les montagnes stylisées, qui se trouvent sur les deux rives du Jourdain, semblent s’ouvrir comme un rideau de théâtre et attirent notre attention sur Jésus. Il passe d’une rive à l’autre, quittant le monde des anges pour celui des hommes. En traversant le Jourdain, il ne se trouve plus au même niveau que les hommes sur la rive (ou que notre œil de spectateur) mais plus bas, comme s’il descendait au plus profond de l’humanité, l’assumant totalement pour mieux lui faire bénéficier de la vie divine.

Les eaux du Jourdain

Étrangement, les eaux du Jourdain ne sont pas horizontales, elles s’enflent comme si la seule présence du Christ leur communiquait un mouvement ascendant. Giotto se fait ainsi l’héritier d’une antique tradition de représentation du baptême qui s’inspire d’un psaume : « Le Jourdain retourne en arrière » (Ps 113A). Par l’allusion à ce poème, qui est une louange à Dieu pour la libération d’Égypte, le baptême de Jésus est présenté comme un événement au moins aussi fondamental que le passage de la mer Rouge. Jésus qui inaugure sa mission en descendant dans le Jourdain est le nouveau Moïse : pour le peuple, il ouvre le chemin d’un nouvel Exode et les eaux du fleuve s’associent à la joie de cette nouvelle création.

Le signe de la croix

À ce moment important de l’histoire du salut où le Christ inaugure sa Pâque, Dieu se manifeste. Au sommet de la fresque, les cieux ouverts laissent apparaître le Père dans un rayonnement de lumière ; d’une main, il désigne son Fils, de l’autre il tient le Livre, celui qui récapitule l’histoire de l’humanité. Les siècles ont quelque peu altéré la fresque et l’on ne distingue plus que difficilement, au-dessus de la tête de Jésus, la colombe de l’Esprit qui descend sur lui. Jean Baptiste accompagne cette venue du Souffle divin en imposant la main à Jésus dans un geste de bénédiction. Son bras franchit l’espace qui le sépare de Jésus et souligne l’axe horizontal, celui de l’humanité. En haut, la main du Père, qui désigne le Fils, inaugure une ligne verticale centrale. Jésus fait le lien entre ces deux axes, entre le monde terrestre et le monde céleste ; ses mains sont tournées vers les hommes et ouvertes à la lumière divine ; le grand nimbe crucifère qui encadre son visage matérialise la croix qui marque la composition. On ne peut oublier que le baptême de Jésus inaugure un chemin qui passera par la croix.

Jean Baptiste, le témoin

Sur son traditionnel vêtement en poil de chameau, Jean Baptiste porte un manteau rouge qui rappelle que le « précurseur » est le témoin (martyr en grec) par excellence, celui qui va jusqu’à donner son sang. Il a perçu en partie le mystère qui s’inaugure ici et en a fait part à ses disciples : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas » (Jn 1, 26). L’un des deux hommes derrière lui porte une auréole ; il s’agit sans doute d’André, le premier des disciples de Jean à suivre Jésus, le premier à pressentir qu’il est celui qui peut combler l’attente des hommes et à l’annoncer à son frère Simon : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 41).

Dominique Pierre  dans La Croix