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01/08/2017

Lettre au Petit Prince

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Cher Antoine de Saint-Exupéry,

Le temps des anniversaires nous rappelle que vous êtes mort pour nous il y a soixante-treize ans. Vous êtes parti en aviateur et en poète le 31 juillet 1944 aux commandes de l’avion de chasse non armé qui vous servait d’avion d’observation : trente ans, jour pour jour après la mort de Jean Jaurès, le premier tué de la Grande Guerre.

En ces périodes estivales, nous avons tout le loisir de nous souvenir des belles choses et des êtres admirables. 31 juillet 1944 : Cherbourg était libre. Rennes, Vannes, Nantes, Angers, Saint-Brieuc et Paris allaient bientôt être libérées. Caen venait de l’être après avoir été rasée.

Dans le dortoir où vous dormiez avec deux autres pilotes, la veille de votre disparition, on a retrouvé un testament spirituel, une lettre écrite à l’un de vos amis un an plus tôt, mais jamais envoyée. On la prend encore à tort pour votre dernière missive.

Vous y parliez des Bretons : « Je songe aux marins bretons d’autrefois, à ces nœuds complexes d’appétits violents et de nostalgies intolérables qu’ont toujours constitués les mâles un peu trop sévèrement parqués. Il fallait toujours pour les tenir des gendarmes forts ou des principes forts, ou des fois fortes. Mais aucun de ceux-là ne manquerait de respect à une gardeuse d’oies. L’homme d’aujourd’hui, on le fait tenir tranquille, selon le milieu, avec la belote ou avec le bridge. Nous sommes étonnamment bien châtrés. Ainsi, sommes-nous enfin libres. »

Et vous aviez conclu ainsi : « On ne peut plus vivre de Frigidaire, de politique, de belote et de mots croisés, voyez-vous ! On ne peut plus vivre sans poésie, couleur, ni amour. »

Retour à l’enfance salutaire

Le vrai Petit Prince c’est vous cher Antoine. Il suffit de contempler votre visage d’enfant pour nous en convaincre. Certes, il nous arrive de nous haïr les uns les autres avant de jouer au loto ou sudoku pour oublier nos misères et celles du monde. Mais vous nous avez rendu à notre enfance.

L’enfance, ce grand territoire d’où chacun est sorti ! Vous nous avez rappelé que nous étions de notre enfance comme d’un pays, et que nous devions rester capables de porter sur chaque nouveau matin du monde un regard toujours émerveillé.

Aujourd’hui votre visage n’est inclus dans aucune urne, dans aucune tombe. Il est définitivement libre. Il a rendu à la vie le lot de rides et de plis qu’elle avait pu déposer sur la plage de votre grand front.

Votre regard s’est sans doute effacé peu à peu comme un reflet dans un miroir, mouchant votre sourire comme on mouche la chandelle de la vie lorsque le visage des morts se fige, à moins qu’il ne se détende.

Dans sept ans, nous serons huit milliards de petits princes et de petites princesses, migrants de passage, sur une planète qui s’enrichit chaque jour, compte tenu des arrivées et des départs. La population de la terre aura bientôt quadruplé depuis votre départ. 250 millions de terriens sont des migrants.

Nos roses ont toujours des épines. Nous ne savons pas comment nous vieillirons. Nous ne savons pas si notre planète mourra de la chaleur ou de la glace. Nos nuits sont parfois peuplées de cauchemars. Mais vous nous avez réveillé dans notre désert apparent.

Il est temps de vous relire cher Petit Prince. Il est grand temps de partager le monde.

Jean-Pierre Guéno, écrivain et éditeur, Ouest-France du 29 juillet 2017

24/01/2017

St François de Sales

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Lac d'Annecy

Les nuits sont des jours quand Dieu est dans notre cœur.

St François de Sales

17/01/2017

C'est qui?

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C'est qui?

Mais oui, c'est elle!

Sheila.

SOURCE

02/01/2017

La pesanteur et la grâce

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Vivre c'est la plus haute et difficile tâche.

L’apôtre Paul invite « à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, attendant que se réalise la bienheureuse espérance ». Contentez-vous de ça, pour le reste on verra bien… On est loin du chant des anges. On dirait que l’Apôtre lui-même a déjà perdu de vue la grâce et le salut, se repliant prudemment de l’universel au petit moi.

Paul sait évidemment ce qu’il écrit. Il veut sans doute éviter que l’on ne se perde dans les fantasmagories, dans les fantaisies ou – pire – dans les bondieuseries et autres niaiseries. « Vivre » ? C’est après tout la plus haute et la plus difficile tâche, et celle qui en même temps est échue à chacun quelles que soient sa foi et sa force. Vivre non dans la nostalgie d’un régime idéalisé, mais dans l’intensité du « temps présent ». Vivre non dans l’attente d’un illusoire grand soir, mais dans le réel de la charité, le concret des pauvretés, la modestie de nos rituels. « Dans le temps présent », vivre « de manière raisonnable », agissant « avec justice et piété ». Vivre dans la lumière aperçue de la « bienheureuse espérance », en l’accueillant par ce « oui » qui la fait advenir. 

Besogneux et modeste ? Plus on y songe, plus on avance dans l’existence, plus on se dit que le chemin de toute humanité se trouve là. C’est l’attitude même de Marie, de la Visitation à la Nativité, durant l’enfance de Jésus, plus tard encore.   JP Denis extrait de l'éditorial de La Vie spécial Noël 2016

01/01/2017

Bonne année!

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Bonne année 2017

à tous ceux qui sont fidèles à ce modeste blog.

Thierry

15/12/2016

Noël a du prix

Pour ce qui est des cadeaux de Noël proprement dits, Deloitte nous rassure, cela va mieux. Le département Consumer business du cabinet publie depuis dix-huit ans une étude annuelle et nous a informé l’an dernier que, après un léger fléchissement, les dépenses des Français sont reparties à la hausse : à Noël dernier, « le budget moyen des Français pour les fêtes de fin d’année » a été de 577 €, dont 350 € en cadeaux. C’est beaucoup quand on sait qu’il s’agit d’une moyenne et que bon nombre de Français ne pourront faire aucune dépense particulière à Noël et devront se contenter de ce que les associations et les services publics leur offriront.

bougienoel.jpgRevenir à des cadeaux symboliques est une piste. Dans une communauté religieuse assez libre de ses règles de vie où j’ai une amie, on a renoncé un temps à tout cadeau à Noël, au nom de la non-propriété, centrale dans la tradition monastique. Puis on a trouvé cela un peu dur et, depuis quelques années, chacun reçoit un cadeau d’une valeur très modique – 4 € maximum.

Il y a quelques années, un adolescent de ma famille a offert à tous ses proches une heure de son temps. L’idée était forte – la critique aussi. Donner du temps est beaucoup plus engageant que donner un cadeau, en recevoir est beaucoup plus précieux. Et c’est se dégager de l’empire des choses.

Une autre piste consisterait à découpler le jour de Noël et la remise des cadeaux. Ce lien est récent. Il n’est pas de mise partout. Les étrennes du jour de l’An sont nées dans la Rome antique et ont perduré longtemps en Europe. Pourquoi ne pas revenir à la tradition des cadeaux du premier de l’An ? Dans de nombreux pays du Nord et de l’Est de l’Europe, c’est saint Nicolas qui passe, aux premières heures du 6 décembre. En Italie du Nord, sainte Lucie, le 13 décembre. En Espagne, les Rois mages, le 6 janvier ; à Rome et aux alentours, la Befana, le jour de l’Épiphanie également. On ne fête pas moins la Nativité le 25 décembre dans ces régions, et sans doute allégé, désencombré.

extrait de la chronique de Laurence Cossé dans La Croix du 14 décembre 2016

Texte complet ICI