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22/05/2020

Réflexions poétiques

Quelques citations du poète et diplomate libanais, Salah Stétié, décédé le 20 mai à 90 ans:

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Chacun de sa larme secrète arrose une fleur connue de lui seul.

Homme: un improbable qui rêve d'un impossible.

Avant et après l'oubli, il y a un long crépuscule qui est la vie.

28/04/2020

Cadeau!

Cadeau! Coronavirus, covid 19, confinement, cluster, comme ces mots ont compartimenté, contrarié, converti, corrigé notre carême! Ils nous ont carrément tournés vers nos coreligionnaires et nos concitoyens ou compatriotes. Coups de fils, visio-conférences, courriels et courriers ont composé le cours de nos journées en matière de communication. Et que dire de notre consommation? Curieusement, les commerces du coin, à côté de nos aires de cloisonnement, ont eu la cote! Carottes, côtes de blettes, cresson ou côtelettes, camembert et autres comestibles ont composé nos coupe-faim. Et nous nous sommes croisés, côtoyés, mais sans caddy à la main, sans courses compulsives et sans minutes comptées, mais, avec de courtes conversations, capitalisant sur le calme et, coïncidence, la baisse de l’indice carbone.

Et que dire des cris, pardon du chant du coq ou du coucou, du cancan du canard colvert, du croassement du corbeau ou de la corneille. Constat est là: ils s’étaient carapatés de notre cogitation. Concert du martinet nous voilà cools, confiants, contents !

Calmement, nous commençons à comprendre que course effrénée, cumul et consommation sans compter ont cassé, creusé, coulé, clairsemé la clarté de notre conscience.

Finis les calculs compliqués, cultivons notre curiosité, calquons le cours de nos envies sur la croissance de Dame Nature! Contemplation de la création et cadence de nos vies concourent à une saine cohabitation et une meilleure considération.

Croire, craindre, faire confiance, combattre, que faire pour contrecarrer nos cafouillages?

Cabrioler, carburer, coucouner, courir, colorer feront carillonner, crépiter nos vies après ces calendes de cantonnement.

Mais coexister, concilier, covoiturer, créer, consentir contribueront à la rendre plus cohérente, conviviale.

En sommes-nous capables, convaincus?

Et contre tout courant catastrophique, conservons notre clairvoyance et croyons en l’avenir!

Source

07/02/2020

Nous sommes tous des poètes

Le-cercle-des-poetes-disparus.jpgRegardez un enfant en train d’écouter un poème : vous ne verrez que de la joie. Il chante, il danse, il tape dans ses mains en suivant le rythme et les rimes des mots tout neufs qu’il vient de découvrir. Il n’y a pas si longtemps, ma fille a emporté un recueil de poèmes à l’école, pour pouvoir partager ses textes préférés avec la maîtresse. L’après-midi, quand je suis allée la chercher, je l’ai trouvée assise sur un banc au milieu de ses petits camarades, chantant en chœur le refrain de Zim zam zoom, un poème espiègle de James Carter. Spectacle réjouissant, mais triste, aussi car je savais que j’assistais à un moment qui ne se répéterait pas éternellement. Dans quelques années, ma petite fille amoureuse de poésie ne scandera peut-être plus ces strophes ; le passage du temps faisant son office, la magie et la fête de la poésie finiront par disparaître.

Le-cercle-des-poetes-disparus2.jpgJe vais souvent à la rencontre d’adolescents dans les écoles ou lors de festivals, et je prends toujours soin de ne pas déclarer d’emblée que je vais leur parler du pouvoir de transformation propre à la poésie. Je ne suis pas idiote ! Je sais bien ce qui se passerait, je l’ai vu tant de fois : il suffit de dire à ces ados qu’on va parler de poésie pour qu’ils lèvent les yeux au ciel - et encore, ils prennent parfois un air beaucoup plus féroce. Comment expliquer cela ? Pourquoi des enfants de 7 ans sont-ils ouverts à la poésie, tandis que des ados de 14 ont peur d’elle, ou, pire, montrent les dents ? Et pourquoi ce changement d’attitude n’advient-il pas face à d’autres formes d’art ? Les ados continuent d’aimer les arts visuels, le cinéma, la musique et la danse. Serait-ce la poésie elle-même qui se transforme ? Devient-elle moins existentielle ? Bien sûr que non. Voilà ce qui se passe : d’abord éprouvée intérieurement, avec le cœur, la poésie semble se cantonner ensuite à une pratique purement intellectuelle. A qui la faute ? Approchez-vous un peu. Je vais vous le dire tout bas, dans un soupir un peu excédé : c’est la faute des adultes, et tout particulièrement des adultes qui enseignent la poésie.

enfant poete.jpgJe sais, je viens de pointer mon ennemi très sévèrement du doigt, mais attention : je suis tout à fait prête à me mettre dans le même sac. J’ai été prof de littérature pendant dix ans, et moi aussi, je me suis rendue coupable du même forfait : ne pas savoir au juste comment enseigner la poésie à ces adolescents. Ne me comprenez pas de travers, évidemment que je voulais leur faire aimer les poèmes, mais il ne faut pas oublier qu’ils avaient des examens très importants à passer, et il me semblait donc plus crucial que ces élèves comprennent les textes qu’ils devaient étudier, qu’ils soient en mesure de décortiquer et de recracher leur leçon face à un examinateur impatient, plutôt que de s’amuser avec les mots. Je n’avais tout bonnement pas le temps de me transformer en une version moins brillante de Robin Williams dans le Cercle des poètes disparus. Et puis, l’école ne m’aurait pas remerciée. Et les parents non plus. Mais les enfants ? Avec le recul, peut-être qu’un peu d’anticonformisme ne leur aurait pas déplu.

A l’école, les élèves ont d’abord l’impression que la poésie leur appartient, mais cette impression s’estompe, et ils considèrent bien vite qu’ils ne sont pas à même d’apprécier les poèmes ou d’y réagir à moins d’avoir compris le texte dans ses moindres détails. J’ai assisté à des cours où l’on demandait aux élèves d’aborder le poème en commençant par souligner tous les mots qu’ils ne comprenaient pas. Tu parles d’une entrée en matière !

 

Traduit de l’anglais par Alexandre Pateau.

Sarah Crossan, auteure irlandaise

Source

27/12/2019

La vie est belle

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La vie n’est pas belle en soi, pas plus qu’elle n’est aimable en soi. Elle est belle parce que nous savons voir sa beauté. Elle est aimable parce que nous voulons l’aimer. Deux personnes peuvent avoir exactement la même existence, faire les mêmes rencontres, vivre les mêmes événements. L’une donnera du sens à ce qui lui arrive, aimera la vie et en verra toute la beauté, malgré la douleur et les obstacles. L’autre peut n’y voir que des difficultés, être écrasée par elles, trouver la vie absurde et détestable. Tout réside dans notre regard. Tout réside dans la représentation que nous nous faisons du monde. Tout réside dans notre liberté à consentir à ce qui est ou à refuser ce qui est. Tout réside dans notre désir, ou non, de grandir en humanité, en connaissance et en amour. Si tu as ce désir, tu sauras utiliser chaque expérience comme une occasion de t’améliorer, d’être plus lucide, de quitter tes peurs et d’aimer plus. Et une joie habitera ton âme. Une joie profonde, que rien ni personne ne pourra t’enlever.

Frédéric Lenoir dans « La consolation de l'ange » p 188-189   Albin Michel  2019

21/12/2019

Si Jésus naissait aujourd'hui...

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SI JÉSUS NAISSAIT AUJOURD’HUI

les MÉDIAS se déchaineraient !!!!!!!!!!

 

Cela donnerait la «une» suivante dans tous les journaux télévisés :

«Hier 24 décembre, un «nouveau-né» a été trouvé dans une étable. La police s'est rendue immédiatement sur les lieux et a fait appel au SAMU.

Un charpentier et une mineure (vraisemblablement la mère) ont été placés en garde à vue.

Ce  matin très tôt, les autorités ont été avisées par un citoyen de la banlieue de Bethléem qu'une famille de S.D.F s'était installée dans son étable.

À son arrivée sur les lieux, la police a découvert un nouveau-né enveloppé dans des morceaux de tissu sans précaution d'hygiène et dormant sur une litière de paille.

Le charpentier, identifié plus tard, Joseph (de Nazareth), s'est opposé à ce que les autorités emmènent l'enfant afin de le mettre en lieu sûr. Il était aidé de plusieurs bergers ainsi que de trois étrangers sans papiers.

Ces trois étrangers, se présentant comme mages, ont été arrêtés.

Le ministère de l'Intérieur s'interroge sur l'origine de ces trois hommes probablement en route vers Calais. Le préfet a confirmé qu'ils n'avaient pas de papiers d'identité mais qu'ils détenaient de l'or ainsi que des produits suspects et illicites. Ils prétendent que Dieu leur a dit de ne pas répondre aux questions... Les produits suspects ont été envoyés en laboratoire pour analyse.

Le lieu où le nouveau-né se trouve actuellement n'a pas été communiqué.

D'après le service social en charge de l'affaire, le père avoisinerait la cinquantaine tandis que la mère n'est certainement pas majeure. On vérifie pour le moment la relation entre les deux. Mais à défaut de soupçon de pédophilie, le détournement de mineure est très suspecté…

La mère se trouve pour l'instant à l'hôpital universitaire de Bethléem pour des examens médicaux et psychiatriques. Elle prétend être encore Vierge et affirme que le bébé vient de Dieu. Si son état mental le permet, elle sera mise en examen pour non-assistance à personne en danger.

La consommation de stupéfiants, probablement amenés par les trois étrangers, doit sans doute être prise en compte dans cette affaire.

Des prélèvements et des prises de sang ont d'ailleurs été faits en vue de retrouver les empreintes d'ADN nécessaires à l’enquête.

Aux dernières nouvelles on apprend que les bergers présents sur les lieux affirment avoir vu un grand homme, tout de blanc vêtu, qui leur a ordonné de se rendre à l'étable, avant de s'envoler mystérieusement. Aucune hypothèse n'est écartée, comme celle d'embarquement à bord d'un OVNI qui n'est pas exclure…

- L’opposition s’est indignée que le gouvernement ne mettent pas en place

les moyens de protection suffisante pour éviter que n’importe quel OVNI puisse survoler notre espace aérien. Ils demandent une enquête parlementaire.

- Les verts rappellent que faire un feu de bois dans une étable est source de pollution…

- L’extrême gauche dénonce ce capitalisme sauvage qui augmente les loyers et empêche les familles modestes d’avoir un logement décent.

- Le président déclare que depuis son élection le gouvernement a ouvert de nombreuses nouvelles places d’accueils pour éviter de laisser des familles à la rue alors que son prédécesseur en avait supprimées.

Une cellule de crise a été installée sous la direction du préfet Hérode, l'autorité craignant un complot dont les rumeurs avaient persisté ces derniers temps.

On pourra également suivre les images en direct sur BFM télé et, à 17h30, « C’est à vous » organisera un débat sur le thème « peut-on encore accoucher dans une étable de nos jours ? » en présence de plusieurs invités :

- notre confrère de Libération auteur d’une enquête sur " la rue pour toute la vie ",

- d’un sociologue enseignant à l’Institut d’Étude Politique, spécialiste de la précarité sociale,

- de l’écrivain Hugo Victor qui a écrit " les Misérables"

- et de M. Pilate Ponce représentant le gouvernement.

Et, pour conclure, après examen médical, la fille mineure ayant effectivement été reconnue vierge, le couple a été placé en garde a vue pour rapt d'enfant... "

 

 

09/12/2019

Poème et silence

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Ecrire un poème, c'est sculpter du silence.

Guillevic