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05/03/2015

Je veux écrire

crayons.jpgJe veux écrire pour la beauté du regard, pour la pureté du langage. Je veux écrire pour essayer de rejoindre le vieil horizon, si net, pareil à un fil, et le ciel clair au-dessus de la mer. Je veux écrire pour être près des nuages blancs dans le ciel sombre, près de la lumière serrée du soleil, près des cimes des montagnes, là où seuls vont les éperviers. Je veux essayer d’être immédiatement là où mon regard se termine, là où il s’agrandit et reçoit sa joie. Je veux écrire pour être du côté des animaux, des enfants, du côté de ceux qui voient le monde tel qu’il est, qui connaissent toute sa beauté. Pour essayer de trouver une parcelle de cette vertu qui ne m’a pas été donnée à la naissance, mais qu’un visage de femme, ou d’enfant, au hasard de la foule un jour m’a montrée, comme le reflet d’une lueur étrangère aussi belle que le jour. Je veux écrire pour que cette clarté dure encore quelques instants, pour que le monde réel, vivace, reste encore quelques secondes dans la musique des mots. (…)

Je veux écrire pour une autre parole, qui ne maudisse pas, qui n’exècre pas, qui ne vicie pas, qui ne propage pas de maladie. Quand le monde, à l’aube, est tendu, transparent et pur comme une gemme, air clair, mer bleue, rochers étincelants, ciel immense, horizon où les vagues sont visibles ; quand le monde, à midi, est parcouru de terrible victorieuse lumière, et que les arbres sont incendiés, et que l’asphalte mou reçoit les marques de pneu des voitures ; quand le monde glisse dans le crépuscule du soir lentement, s’apaise parmi ombres et fumées ; quand le monde est dans la nuit noire, froide et dense, et que rutilent les milliers d’étoiles, quelquefois, une seule lune… Comment alors peut-on désirer autre chose, comment peut-on dire autre chose ? Pourquoi l’homme a-t-il trahi le monde ?

 

J.M.G Le Clezio, in « Inconnu sur la terre »

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28/01/2015

Pensée

beaun.jpg

Un beau matin est une promesse,

un beau soir une bénédiction.

A. Barratin

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10/09/2014

Suscitateur

humble.jpg"Je suis un suscitateur
Je m’aperçois d’une chose : au fond ce que j’aime, ce qui me touche, c’est la beauté non reconnue, c’est la faiblesse d’arguments, c’est la modestie.
Ceux qui n’ont pas la parole, c’est à ceux-là que je veux la donner.
Voilà où ma position politique et ma position esthétique se rejoignent.
Rabaisser les puissants m’intéresse moins que glorifier les humbles.
Les humbles : le galet, l’ouvrier, la crevette, le tronc d’arbre et tout le monde inanimé, tout ce qui ne parle pas…
Je suis un suscitateur."
 

01/07/2014

Pensées

desert2.jpgTu peux écraser une fleur sous tes pieds. Pourtant, jamais tu ne pourras lui dérober son parfum.
...
 
Si j'avais à choisir entre l'art d'écrire un poème et l'extase devant un poème non écrit, je choisirai l'extase. C'est une poésie meilleure.
 
Kalil Gibran
 

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10/06/2014

Blaise Pascal, la nuit de l'extase

ob_fdbb7b_pascal.jpgS’abstraire, ne serait-ce que quelques jours, voire quelques mois, de la trivialité de son époque, ne plus écouter le brouhaha du monde, débrancher télévision, radio et Internet, cesser d’ouvrir les journaux, voilà qui est à la portée de chacun, geste salutaire que nous ne pratiquons, en général, que durant la brève parenthèse des vacances. L’écrivain Xavier Patier est allé plus loin : en proie à un subit dégoût de ce qu’est devenue la France, non content de se mettre en congé de l’actualité, il s’est exilé, six mois durant, dans le passé, coupant les ponts avec notre “bel au jour d’hui” et ne lisant plus que des ou vrages vieux d’au moins cent ans. Les Pensées de Pascal lui étant tombées entre les mains, il s’est transporté dans la seconde moitié du XVIIe siècle, enquêtant sur le mystérieux Mémorial de 1654, ce mémento mystique, cousu dans la doublure d’un pourpoint, où l’auteur des Provinciales a consigné le foudroiement de sa conversion : « oubli du monde et de tout hormis DIEU ». Qu’a donc voulu dire Pascal dans ce texte elliptique et énigmatique ?

Entre une chasse à courre et un pèlerinage sur les lieux hantés par l’écrivain, Xavier Patier s’est mis sur la voie, s’évertuant à débusquer ce qui a pu se passer durant les deux heures décisives, entre 22 h 30 et minuit et demi, ce fameux samedi du 23 novembre 1654 qui a fait du savant et du mondain menant dix projets à la fois, prodiguant son génie à travers découvertes et publications scientifiques, un homme nouveau, soumis totalement au Christ et « éternellement en joie pour un jour d’exercice sur la terre ». Avec un vrai don d’empathie, Patier a relevé le défi de se mettre dans la peau et l’âme de Pascal, avant et après l’extase de 1654, où le géomètre sûr de lui, inquisiteur et péremptoire s’ouvre non pas au dieu des philosophes et des savants mais à celui des humbles, des purs et des candides. Réfutant l’explication simpliste de l’accident de circulation qui, huit jours avant “la nuit de l’extase”, faillit lui coûter la vie et aurait précipité le miraculé dans une crise psychologique et mystique, il démêle, avec l’intelligence du coeur, les tours et les détours par lesquels Pascal fait un hourvari, dans la joie et la réconciliation avec lui-même, vers la foi des premiers convertis.

Bien des auteurs se sont penchés sur Pascal et sa conversion, et non des moindres, comme Mauriac et Claudel. Sur un sujet battu et rebattu, Xavier Patier, pourtant, fait oeuvre inédite. Car ce n’est pas en historien ni en théologien qu’il se livre à une pénétrante, éblouissante exégèse d’une des plus célèbres conversions de l’Histoire, mais en compagnon spirituel, en chasseur d’absolu, taraudé par les mêmes interrogations qui tourmentèrent l’auteur des Pensées, et n’hésitant pas à dresser un parallèle entre notre molle époque relativiste et celle des guerriers de la foi que furent les jansénistes, ces mal-aimés de notre histoire dont il se plaît à honorer la grandeur. À travers ce pèlerinage spirituel, confie-t-il, lui qui avait connu la tentation de l’exil intérieur a fait la paix avec son temps :« J’ai décidé d’aimer mon époque parce que Blaise Pascal a aimé la sienne. Je l’aime aussi par élan, car elle est infinie […]. » De sa billebaude dans les forêts du passé, c’est un Pascal contemporain et vivant qu’il ressuscite avec éloquence et bonheur, et qu’il nous propose en éternel maître de vie.  (B. de Cessole)      Source

Blaise Pascal, la nuit de l’extase, de Xavier Patier, Cerf, 180 pages, 17 €.

Je viens de finir la lecture de ce livre plaisant comme tous les livres de Xavier Patier, toujours facile à lire et toujours enrichissant. Ici, comme le commentaire ci-dessus le dit si bien, ça fait du bien de tremper dans une autre époque et d'être en compagnie de Pascal pour découvrir qu'aujourd'hui nous vivons le plus souvent à la surface des choses, sans âme, sans aucune profondeur. Malraux disait que le XXIème siècle serait spirituel; déjà presque quinze ans qu'il est commencé et je trouve que ça tarde. Il est sûr que le spirituel ne sera pas dans les garde-robes ecclésiastiques et les sacristies poussiéreuses, mais dans un idéal, un horizon et une colonne vertébrale que l'homme saura recevoir pour sortir de lui-même, de sa suffisance de pacotille, de sa fausse générosité.   TP

Voir aussi

06/02/2014

Etoiles

 

lunette_ciel_etoiles.jpg

 

Quand je n'écris pas c'est que quelque chose en moi ne participe plus à la conversation des étoiles.

Christian Bobin

18:00 Publié dans Pensées | Lien permanent | Commentaires (0)