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10/08/2017

Allo?

 

smartphone.jpg

Eteint

C’est le grand silence

Dans la poche de mon pantalon

Ou dans celle intérieure de mon veston

 

Mais allumé

C’est un vrai juke-box

 

Les Quatre Saisons de Vivaldi

Avec les fleurs qui s’allument

C’est un ami de vacances

Qui me dit bonjour d’Italie

 

Woody Wood Pecker

Avec les oiseaux qui vibrent

C’est le frère de Bretagne

Pour une nouvelle blague

 

Le travail c’est la santé

Carillonné à toute volée

C’est le collègue qui a besoin

D’un sacré coup de main

 

Les Etoiles du cinéma

Qui scintillent sur l’agenda

Me rappellent que dans une heure

La dernière séance commence

 

Bip Bip le Coyote

Me laisse une petite note

« Vous avez un nouveau message 

Appuyez sur la touche étoile »

 

TP

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17/06/2017

Procession de Fête-Dieu

Jacob,_Max.jpg

Processionnez autour du
Temple
Processionnez autour de moi moi je me pioche et me contemple cherchant le feu du feu de joie, cherchant
Dieu près de ma fenêtre, conquérant patiemment ses yeux.
Processionnez autour de
Dieu
Je suis gourmand qu'il me pénètre.

Comme on rencontre une colline
Tu t'élèves à mon horizon.
Qu'est-ce la terre ? une cantine puanteur et séquestration.

Processionnez ! j'attends le
Vin
Cataracte dans mon eau trouble !
Je suis métal et vous burin
Vous, le souffle et moi le buccin et ce qui me touche
Vous touche.

Quand
Dieu eut inventé l'animal et la plante et la terre

qui germe et l'océan qui chante et le droit pour
Adam de
Lui désobéir.

Il lui dit maintenant, homme fais-moi mourir.

Et quand on eut posé sur
Dieu mort une pierre

Dieu rejaillit et parcourut le ciel jusqu'à
Son
Père.



Qu'aujourd'hui et pour l'Éternité me soient chers

le miracle et
Dieu qui m'ont révélé l'enfer

alors que cet enfer me gangrenait déjà,

sous la trompeuse gloire et tous ses falbalas.

Attablé à la vie et sans troubles remords

qui ? sauf
Dieu ? m'aurait dit l'envers de mes décors ?

En me donnant la
Foi, il m'a donné la crainte.

Enfer !
Enfer ! je puis sortir de ton étreinte.

J'allais tout doucement à la rouge fournaise

hélas ! je ne pensais la vie que pour mes aises.

Et maintenant je sais l'épouvante et les cris

qui sont pour le pécheur, en serais-je surpris ?

Enfer tu n'es pas loin, ni
Satan qui me guette

je ne redoute pas ta fosse et tes tempêtes.

Je suis gardé par
Dieu
Ieo
Haamiach,

par mon ange gardien, le délicieux cornac

j'ai les livres des
Saints, la
Bible, l'Evangile

les pardons de l'Église me sont un ferme asile.

 
Max Jacob


 

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17/04/2017

Celui qui regarde vers Pâques

tombeau ouvert.jpg

Celui qui regarde vers Pâques
Porte sa croix
Comme une femme porte
son enfant car jésus fait de sa croix une naissance.
      Il porte sa croix comme un arbre porte du fruit
      Car jésus fait du bois mort un printemps.
Il porte sa croix comme chacun porte son nom
Car jésus fait de sa croix le nom de son amour.
      Il porte sa croix comme un livre porte un titre,
      Car jésus fait de la croix le titre des chrétiens.
Il porte sa croix comme un facteur porte le courrier,
Car Jésus fait de la croix la bonne nouvelle que mort est morte.
      Il porte la croix comme on porte la tête haute,
      Car, avec sa croix, Jésus ressuscite la dignité de l’homme.
Il porte sa croix comme on porte la contestation,
Car Jésus fait de la croix un signe de contradiction.

Jean Debruyne

10/04/2017

Du désert au jardin

dépression.png

(au retraitant de passage, monastère de Prailles)

 

c’est venu malgré toi

et tu ne sais pourquoi

 

tu ressembles à un chien battu

t’excusant presque d’exister

 

la vie t’a cassé un matin

et les éclats te font mal

 

tu ne vis plus à l’unisson

le silence te prend la tête

tu cherches le diapason du ciel

 

écoute la petite musique

la source intérieure

le coucou qui te dit bonjour

entre deux averses

 

ce que tu traverses

est un désert

où personne ne peut entrer

 

sinon Celui

-et tu le sais-

qui en fera un jardin

 

où pousseront

les fleurs de ta guérison

 

TP

08/04/2017

Cri et sang

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Cri et sang

Cri de l’homme en agonie

Jusqu’à la fin des temps.

 

Sang du juste qu’on assassine

Un matin de printemps.

Cri du condamné

Exécuté, fusillé, électrifié,

Otage abattu.

Voici l’homme,

Trahi et crucifié.

Il faut que ‘ordre immuable demeure,

Comme il a toujours été.

Les pauvres sont, tel Dieu le veut,

Des pauvres : qu’ils le restent.

Les riches font fructifier leur or,

C’est la logique des choses.

Mieux vaut qu’un homme y laisse sa peau,

Qu’un peuple tout en entier.

 

Les rêveurs peuvent toujours rêver :

Les justes n’ont pas de place ;

Le monde est pour les loups.

Les politiques se lavent les mains

Et condamnent proprement.

Les hommes de loi mettent le bandeau

Et penchent la balance.

Les fonctionnaires du religieux

Connaissent les codes, les rites, les lois,

Les encycliques et les décrets,

Mais ils ne savent plus Dieu.

L’ont-ils connu un jour ?

Le juste ne vaut que trente deniers

Et l’ami, pour de la monnaie,

Se mue en faux-témoin.

Cri et sang de l’innocent,

Tout seul devant sa mort.

Cri et sang du vendredi

Quand le soleil descend.

 

Cri et sang.

Cri du corps qu’un corps féconde

Dans une étreinte d’amour.

Cri de la femme qui devient mère

Et que la vie déchire.

Cri de l’enfant qui voit le jour,

Cri de la vie, cri de l’amour

Parmi les flots de sang.

Cri de Dieu qui créé le monde

Et l’habille de couleurs.

Couleur de sang du dimanche matin

Quand le soleil renaît.

 

Le grain semé se meurt en terre

Mais l’épi lève, vivant,

Qui annonce la moisson.

L’arbre qui apportait la mort

Devient l’arbre de la vie.

Cri et sang.

Cri et chant.

Alléluia !

 

Paul Grostefan

18:00 Publié dans Cris, Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

07/04/2017

Psaume de tous mes temps

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Tourné vers toi, je t'expose ma charge :
par ta lumière, allège-la !
Puisque mon temps n'est pas achevé à son terme,
mon histoire à son dénouement,
Puisqu'à toute vie pour sa mort,
tu découvres ton avenir,
A mesure que je le dépense,
ton héritage peut grandir.
Oui, je le crois, mais aide ma parole,
serre-la sur la tienne pour la protéger.
Car sans toi ma défaite est irrévocable,
je me détacherai, la désertion me tentera.
Lorsque je fus noué dans le sein de ma mère,
ne me formais-tu pas pour l'alliance avec toi ?
Et quand d'autres noeuds se dénouèrent,
ne m'as-tu pas greffé sur celui de la vie ?
Tu n'es pas Dieu à bloquer ses approches,
mais qui veut te prendre est saisi.
Et que puis-je ajouter à ton nom de Seigneur ?
Des mots, des inflexions, tout l'inutile de ma voix.
Mon Dieu, tu n'es pas un Dieu triste,
ta nuit brûle de joie.

Patrice de La Tour du Pin (1911-1975)
Paris, Gallimard, 1974
et in "Psaume d'un troisième temps", 1970-1972, © Ed. du Cerf