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17/08/2018

Poème d'été

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Bannières de mai

Arthur Rimbaud

Aux branches claires des tilleuls
Meurt un maladif hallali.
Mais des chansons spirituelles
Voltigent parmi les groseilles.
Que notre sang rie en nos veines,
Voici s’enchevêtrer les vignes.
Le ciel est joli comme un ange.
L’azur et l’onde communient.
Je sors. Si un rayon me blesse
Je succomberai sur la mousse.

Qu’on patiente et qu’on s’ennuie
C’est trop simple. Fi de mes peines.
je veux que l’été dramatique
Me lie à son char de fortunes
Que par toi beaucoup, ô Nature,
– Ah moins seul et moins nul ! – je meure.
Au lieu que les Bergers, c’est drôle,
Meurent à peu près par le monde.

Je veux bien que les saisons m’usent.
A toi, Nature, je me rends ;
Et ma faim et toute ma soif.
Et, s’il te plaît, nourris, abreuve.
Rien de rien ne m’illusionne ;
C’est rire aux parents, qu’au soleil,
Mais moi je ne veux rire à rien ;
Et libre soit cette infortune.

Arthur Rimbaud, Derniers vers

18:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

07/06/2018

Elan vers notre intériorité

elan.jpg"Lire un poème, c'est s'autoriser à se sentir vulnérable et à être touché par une image ou la beauté d'un vers. Cette émotion reste en nous à jamais; c'est un élan vers notre intériorité, vécu dans notre chair, qui nous transforme en douceur et ouvre une fenêtre sur le monde."

Hélène Dorion, poète du Québec, dans "Le temps du voyage" (Le Druide - 2016)

16/04/2018

Le poème de sa vie

boite.jpgAh ! c’est malin ! Il n’y a rien dans cet étui noir très chic et bon genre ! mais parce que rien créé du désir, je vais donc écrire avec rien, un crayon invisible.

Et le voici qui chevauche les marées d’équinoxe, qui dessine des soleils de printemps et d’automne, les labours, les vendanges… bref ! il embrase de son panache les saisons d’un poème.

Mais qu’est-ce qu’un poème ? Un souffle autour de rien, de l’invisible devenant éblouissant, un cadeau !

Oui, c’est bien cela ! un cadeau ! un cadeau surprenant, par un cadeau pour avoir, mais pour être, parce rien, encore une fois, créé du désir, le désir d’être tout simplement, avec un petit supplément d’âme, et de se promener dans les saisons, de ramasser des coquillages sur la plage, d’écouter du Mozart et de s’endormir dans les fougères…

Pas besoin de crayon pour écrire le poème de sa vie. « Rien » charrie la vie sur le fleuve des jours. Rien ne chante plus juste que la chose non dite, non écrite qui nous pousse en avant.

A mon dernier jour, à mon heure dernière, la boite se fermera, non plus sur le crayon invisible, mais sur le poème, le souffle autour de rien, que je serai devenu.     TP

22:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

15/02/2018

Venez au Jour

 

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1 - Venez au jour, le Christ prépare son retour,
Le Christ prévient l'ère nuptiale :
Passent les temps ! passe la chair !
L'Esprit de Dieu souffle au désert
Annonçant l'aurore pascale

2 - Dépouillez-vous ! quand vous mourez vous perdrez tout.
Suivez votre exode à l'avance ;
Tombe la mort ! tombe le soir !
N'attendez pas qu'il soit trop tard
Pour que Dieu vous donne naissance

3 - Ne craignez pas de vous défaire
Il recréera ce que vous cédez de vous même
Fermez les yeux ! baissez vos fronts !
Venez mendier sa création
Au fond des ténèbres humaines.

4 - Ne glissez plus sur votre pente à l'inconnu
Car ici commence un autre âge :
Retrouvez vous apprenez Dieu !
Il a promis son règne
A ceux qui emprunteront ses passages !

5 - Le jour viendra où le désert refleurira
Et l'ombre rendra la lumière !
Traversez les dès maintenant,
Allez chercher au testament
Ce qui n'est pas né de la terre
!

 

Patrice de la Tour du Pin

01/02/2018

20 ans déjà!

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20 ans déjà! Rendez-vous dans un peu plus d'un mois!

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19/01/2018

Au bout de la nuit

AU BOUT DE LA NUIT

Au loin j’entends crier les chiens
Je cours sur les chemins
Le long des clôtures
Dans la nuit obscure

Ma blessure me fait de plus en plus mal
Et il fait un froid glacial
Je voudrais bien me rendre
Mais ils vont vouloir tout comprendre

Pas parce que je suis un beur
Mais parce que je suis un voleur
Il n’y a jamais trop de remèdes
Pour guérir celui qui les dépossède

Serre les dents Ali
Ne te laisse pas con-descendre
Ah ici tu n’as pas d’amis Ali
Mais tu as du cœur à en revendre

Ils ne sont pas meilleurs que moi
Mais eux c’est ce qu’ils croient
Je sens le sang qui dans mon dos coule
J’ai l’impression que ça me saoule

Mais je n’arrête plus de courir
Plutôt trois fois mourir
Que de retomber entre leurs pattes
Et qu’ils me traitent comme un psychopathe

Ils m’amèneraient chez un médecin
Après m’avoir attaché les mains
De leur gentillesse
Je m’en bats les fesses

Serre les dents Ali 
Ne te laisse pas con- descendre
Ah ici tu n’as pas d’amis Ali
Mais tu as du cœur à en revendre

Je préfère être leur ennemi
Que de leur paraître soumis
Je préfère mon vagabondage
À leur marchandage

Je préfère mes trafics
À leur service public

Mais je me suis engagé dans une impasse
Je dois leur faire face

Je sors mon couteau
Ça ne va pas être beau
Je hais ces visages
Je vais faire un carnage

Serre les dents Ali
Ne te laisse pas con-descendre
Ah ici tu n’as pas d’amis Ali
Mais tu as du cœur à en revendre

Mais je n’entends plus rien
Se seraient-ils trompés de chemin
Je sens comme une ivresse
Je tombe de faiblesse

J’entends des cris autour de moi
Toute une foule s’occupe de moi
Ils ont retrouvé ma piste
Et c’est en vain que je résiste

Mais ils n’ont pas vu mon coutelas
Je l’ai caché sous mon bras
C’est au fond de l’ambulance
Que viendra ma délivrance

Serre les dents Ali 
Ne te laisse pas con- descendre
Ah ici  tu n’as pas d’amis Ali
Mais tu as du cœur à en revendre

ÉTRANGER EST L'ÉTERNEL
Chants et poèmes pour migrants et autres mal-aimés de ce monde.

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