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21/07/2021

Aube

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J’ai embrassé l’aube d’été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route
du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq.
A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.

En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu
son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

 

Arthur Rimbaud, Illuminations

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04/07/2021

Pour être grand

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21/06/2021

Eté

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Été : être pour quelques jours

 

Été : être pour quelques jours
le contemporain des roses ;
respirer ce qui flotte autour
de leurs âmes écloses.

Faire de chacune qui se meurt
une confidente,
et survivre à cette soeur
en d'autres roses absente.

Rainer Maria Rilke (1875-1926)
Les roses

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08/06/2021

A vos côtés

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A vos côtés

je me tiens en retrait

je vis de fraternelle solitude

 

absent

je puis vous joindre

et résumer toute distance

 

porter ensemble mêmes questions

sur l'avenir

sur nos jours difficiles

 

et si le ciel s'arrête à mi-hauteur

le sang poursuit son cours

le cœur sa pente naturelle vers l'amour

 

 

Gilles Baudry

poème tiré de l'anthologie "Un poème est passé"

établie par Yvon Le Men et Thierry renard

Poèmes écrits pendant le confinement

Ed La Rumeur libre

 

17:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

22/05/2021

Jamais assez de poids

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Nous n’avons jamais assez de poids.

Toujours ce besoin de construire

de fixer.

 

Toute chose

est un repère

 

un lieu

dont on peut s’éloigner

 

revenir

sans se perdre.

 

Mais rien n’a assez de poids

pour nous retenir.

 

Nous n’érigeons pas

finalement

nous plantons

 

et rien ne tient

tout à fait ses promesses.

 

Dispersion.

 

Infime travail

de l’usure.

 

Jean-Louis Giovannoni

Le visage volé

Editions Unes

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04/05/2021

Dialogue avec l'ange

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Dialogue avec l'Ange de Patrice Van Eersel 

De nous deux, le léger, c'est moi 
toi, tu as le privilège d'habiter un corps.
Alors habites-le la voie c'est le poids.
Pèse ! mais pèse joyeusement.
Ainsi, entre toi et moi se tendront 
les cordes d'un instrument très subtil et
nous pourrons commencer à résonner
ensemble à la musique divine
d'une façon radicalement nouvelle
à chaque instant, en toute liberté, et
cela fera naître, puis danser l'homme”.