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07/01/2019

De la beauté

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"Puisque la beauté est rencontre, toujours inattendue, toujours inespérée, seul le regard attentif peut lui conférer étonnement, émerveillement, émotion, jamais identiques."

François Cheng dans "L'éternité n'est pas de trop"  (Albin Michel - 2002)

25/12/2018

Joyeux Noël!

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Cette nuit, le ciel offre au monde l’essentiel.

 Mais quel est notre monde ?

Tout à l’heure, au début de cette célébration, alors que l’église était encore dans la pénombre, nous avons eu droit à un journal pas comme les autres, un journal où il n’y a que des bonnes nouvelles. Ça n’existe pas à la télévision !

C’est vrai que les bonnes nouvelles dans notre monde, il faut les chercher. Et puis, on est tellement avide de ces nouvelles qui nous attristent, on s’en délecte presque puisque ce sont celles-ci que l’on colporte en premier.

Oui dans quel monde vivons-nous ? Et chacun de nous dans ce monde, que vivons-nous ? Que faisons-nous ? « Que devons-nous faire ? » pour reprendre la question que l’on posait autrefois à Jean le Baptiste, dans l’évangile du troisième dimanche de l’avent.

Les chantiers et les défis sont grands ; les questions et les incertitudes le sont aussi. Et les  lueurs d’espérance nous paraissent bien petites. De quels cadeaux notre monde a-t-il besoin pour vivre ? pour survivre ? Aucun média n’en parlera vraiment… même le pape fera figure de Père Noël blanc à la télé entre deux émissions de variétés dites de Noël, enregistrées en fait depuis quelques semaines. C’est ça, notre monde !

 

Le ciel offre au monde l’essentiel.

Mais quel est ce ciel ?

Il y a celui dont la couche d’ozone est abimée ;

il y a celui qui n’apporte pas toujours la pluie dont on a besoin ;

il y a celui que les astronautes vont explorer pour conquérir l’espace ;

il y a celui des peintres et des aquarellistes ;

c’est aussi ce lieu mythique qu’on appelle paradis ou nirvana dans les religions,

ce lieu, qui dans le Notre Père, désigne la résidence de Dieu,

ce lieu qui s’est ouvert pour que Dieu vienne habiter chez nous.

 

 

Le ciel offre au monde l’essentiel.

Mais quel est cet essentiel ?

Ce qui brille cette nuit, c’est une étable, pas un palace.

Ce qui sourit cette nuit, c’est un enfant, pas un géant.

Ceux qui sont à l’honneur cette nuit, ce sont des bergers, pas des rois.

Ceux qui veillent avec beaucoup d’amour cette nuit, ce sont des parents, Marie et Joseph, pas des inconnus.

Toute la création est là à la crèche, même les animaux, même les êtres invisibles qu’on appelle les anges. Cette toute la Création qui est là… pour accueillir un enfant…

Un enfant ne sait parler… et celui-ci est la Parole de Dieu, le Verbe incarné.

Un enfant c’est pauvre et dépendant… et celui-ci est Dieu libre, venu librement.

 

N’ayons pas peur de Dieu, c’est un enfant ; il est tendresse et humanité. Et c’est là l’essentiel.

Dans tous nos bavardages, il est silence, Dieu se fait silence. Non pas parce qu’il se désintéresserait de nos discussions, débats d’idées et autre doléances…

mais pour nous apprendre d’abord à écouter, accueillir, à nous intéresser à l’autre comme lui s’intéresse à nous.

Dans toutes nos richesses et nos superflus, il est pauvre, Dieu se fait pauvre. Non pas parce qu’il se désintéresserait de nos demandes parfois légitimes…

mais pour nous apprendre que la vraie pauvreté

c’est de se mettre au service des autres,

c’est de s’oublier pour que les autres ne soit plus jamais oublié,

pour que Dieu lui-même ne soit pas oublié,

ne soit pas le grand absent de cette fête.

 

C’est Noël, le ciel offre au monde l’essentiel.

Cette nuit nous sommes venus parce que nous cherchons l’essentiel pour nous-mêmes et pour notre monde.

Nous cherchons l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous à qui nous ne donnons pas toujours la place pour que son enfance et sa pauvreté illuminent les vieux adultes que nous sommes encombrés et toujours avides de fausses richesses.

 

Le ciel nous offre l’essentiel. Saurons-nous accueillir ce cadeau, le seul capable de nous rendre heureux ?

Que l’enfant de Noël nous fasse toujours renaitre à plus beau, plus grand et plus vrai !

Que l’enfant de Noël nous réunisse comme frères et sœurs pour faire naître le monde nouveau que Dieu attend de nous !

Que l’enfant de Noël soit notre joie et notre paix !

 

TP

18/12/2018

Triste Noël

triste noel.jpgça y'est, c'est parti! le compte à rebours pour Noël est commencé. Plus que huit jours. ça s'affole dans les magasins qui étaient ouverts ce week-end. ça y va de son petit marché de Noël, ici et là; les chorales s'égosillent à chanter des cantiques nostalgiques, mais le cœur n'y est pas forcément. L'ambiance est morose: fin de trimestre, élèves fatigués, gilets jaunes essoufflés, pères Noël désabusés... mais la France pauvre aura ses huîtres, son foie gras, ses chocolats, ses parfums, ses tablettes, ses gadgets, ses jeux, son champagne...

Depuis le 17 décembre, la liturgie chrétienne est entrée dans l'octave de Noël. Ainsi, nous avons chaque jour les grands textes des Evangiles de l'enfance dans St Matthieu et St Luc, les grandes O à l'acclamation de ces évangiles, la préface n°2 de l'Avent qui nous introduit directement dans le mystère de Noël. Combien seront sensibles à ce climat paisible de la liturgie alors que dehors l'agitation va être de plus en plus grande? Combien connaissent, vont découvrir ou redécouvrir le vrai sens de Noël où les mots pauvreté et partage ne sont pas que des mots, mais un Dieu venu partager notre pauvre humanité?

A force de faire de Noël une fête artificielle pour les enfants, nous avons oublié que Noël c'est la fête de tout le monde quand le ciel offre au monde l'essentiel: l'amour, la justice et la paix en Jésus venu en notre monde pour y mourir et ressusciter. J'aimerais qu'à Pâques il y ait autant de monde dans les églises qu'il y en aura la nuit de Noël, car c'est bien le même Jésus qu'on célèbrera.

15/12/2018

A entendre!

Dimanche 2 Décembre 2018, au petit matin

J’ai trouvé ! J’ai trouvé ce que l’Eglise de France devrait dire devant cette insurrection des fins de mois que nous connaissons. Elle devrait annoncer qu’on ne fêtera pas Noël cette année. Le 25 décembre sera un jour comme un autre. Rien dans les églises : pas d’office, pas de crèche, pas d’enfants. On va revenir aux dimanches ordinaires car l’Avent n’aura pas lieu.

Elle dira que notre peuple n’est pas dans un état d’esprit qui lui permet de fêter Noël. Le cri de désespoir qui le traverse est incompatible avec le mystère de Noël, avec l’espérance de l’Avent, avec l’accueil d’un enfant étranger.

 

banque-alimentaire.jpgJe suis peut-être vieux jeu mais je me souviens des Noël de mon enfance. Il n’y avait pas que les fins de mois qui étaient difficiles. Mais à Noël on oubliait tout pour se réjouir de ce qu’on avait. Les familles les plus modestes se retrouvaient avec le peu qu’elles avaient. Dans la nuit, les pauvres se sentaient riches du toit sur leur tête, du repas amélioré de leur assiette, de la bûche supplémentaire qui chauffait la maison et surtout de la chance d’avoir un papa, une maman, des frères et sœurs qui s’aimaient. On échangeait des petits riens qui étaient pleins de choses. On allait voir le Jésus de la Crèche, l’enfant démuni, étranger, dont la seule richesse était l’amour que nous lui manifestions. Et on prenait conscience qu’il y avait plus pauvres que nous, des ouvriers sans travail, des enfants sans papa, des familles sans maison. Et s’il restait un peu de gâteau on allait en donner une part au voisin malheureux.

Qu’on rappelle à notre société qu’il y a des pauvres qui ont difficulté à vivre, voilà qui va bien à Noël. Qu’on dise aux nantis que les pauvres ont des droits, qu’on redise le projet d’un monde plus juste pour tous, voilà qui s’accorde bien à Noël.

Mais ce que j’entends, n’est pas l’amour des pauvres, le souci de ceux qui n’ont rien, l’amour qui appelle au partage et à la justice. J’entends une population qui a peur de devenir pauvre, une population qui n’aime pas les pauvres. Tout le monde se dit pauvre pour avoir le droit de crier ! Les pauvres riches sont obligés de quitter le pays puisqu’on les gruge. Les pauvres pauvres ferment leur maison à plus pauvres qu’eux. J’ai connu un pays pauvre qui se pensait assez riche pour accueillir le pauvre. Je vois un pays riche qui se dit trop pauvre pour ouvrir sa porte à moins riche que lui.

Voilà sans doute bien des années que Noël est devenu le lieu de cette mutation. On invite l’enfant à désirer tous les biens de la terre et il se croit tout puissant jusqu’au moment où la limite de l’appétit ou de l’argent va faire de lui un frustré. On voulait en faire un riche comblé et il se retrouve un pauvre déçu.

Le Père Noël est devenu beaucoup trop riche et ne peut plus s’arrêter à l’étable où vient de naître l’Enfant-Dieu. Il me vient l’envie de lui arracher la barbe et de bloquer son traîneau au carrefour ! Pardon, je deviens violent. Empêchez moi de faire un malheur !

Mgr Jacques Noyer, évêque émérite d'Amiens, sur sa page Facebook, reproduite dans La Croix du 13 décembre 2018.

06/12/2018

Entrer en avent

avent2.gifEntrer dans l'Avent, c'est partager avec d'autres une espérance de bonheur pour ce monde et agir pour ce bonheur.
Entrer dans l'Avent, c'est se tenir prêt, être un veilleur: si Dieu vient frapper à notre porte, serons-nous prêts à l'accueillir?
Entrer dans l'Avent, c'est avoir envie que Dieu vive dans le cœur de tous les hommes.
Noël n'est donc pas une fête du passé, comme on pourrait l'imaginer, mais une fête du présent et de l'avenir...

24/11/2018

Qu'as-tu donc fait?

Commentaire de l'Evangile du jour (Jn 18,33b-37) par le P. Bernard Podvin. Source.

Habituellement, le prévenu s’évertue, sinon à s’auto-justifier, du moins à adopter une attitude de défense. Or, ici Jésus répond de façon laconique  : « C’est toi qui dis que je suis roi. » Le dialogue entre Pilate et Jésus, proclamé en notre messe dominicale, dépasse infiniment une simple analyse de prétoire. Son relief est tout autre. En effet, si les quatre évangiles sont globalement concordants sur la teneur du procès imputé à Jésus, Jean est le seul à relater cet entretien hautement significatif. Comme dit Benoît XVI, il s’agit ni plus ni moins de « sonder en toute sa profondeur la question de la royauté de Jésus, le motif de sa mort, la clé d’interprétation de la Passion ». Il nous est bon d’achever l’année liturgique en contemplant Jésus dont la royauté n’est pas d’ici  ! Nous voudrions tant avoir le dernier mot qui parachève le dessein des hommes. Notre tentation serait si grande de donner réduction mondaine à la destinée du Christ. Laissons l’évangile nous rejoindre de l’intérieur : Pilate n’aura rien de tangible à retenir contre l’homme nommé Jésus. Le motif invoqué par les grands prêtres de le lui avoir livré ne devrait objectivement pas suffire à en faire un malfaiteur. Or, le Fils de l’Homme sera crucifié en malfaiteur.

arcabas.jpgLa dérobade politicienne de Pilate est affligeante, tant le mystère du Christ échappe à son discernement. Les détracteurs de Jésus semblent vainqueurs. Nul n’a perçu que la Royauté du Christ est un Amour livré jusqu’au bout. Seuls, au pied de la Croix seront sa mère, Jean et quelques-uns. Le témoignage du Nazaréen est habité de la divine Présence envers l’humanité. Il condense de façon lumineuse ce que l’Épitre aux Hébreux nomme : « Jésus exaucé à cause de son Amour de Fils ». Sa Royauté est d’aimer comme il plaît au Père. Afin que tous les hommes reçoivent la profondeur d’un salut dépassant toutes nos catégories mentales.

C’est une conversion de nos pensées et de nos actes qui est sollicitée en ce millénaire où les enjeux de pouvoir et de décision sont infiniment cruciaux. Pas plus que Pilate, nul n’aura prise sur Jésus. Peut-on faire procès à l’Amour, sinon… de lui faire procès d’aimer ? Il nous revient d’être témoins de la royauté christique. À la fois pleinement donnée au devenir des hommes, et refusant toute récupération mondaine. Chaque jour que Dieu fait nous situe sur cette ligne de crête du disciple et du missionnaire. Dans le plus infime moment de fraternité, comme dans des choix planétaires, la Royauté de Jésus aimantera-t-elle nos décisions ?

Dire que le Christ est Roi ne doit pas consister en sacraliser nos vues mais celles qui lui tiennent à cœur ! Et nous offrir joyeusement au service de cet amour. Une humble personne vient de m’édifier par son témoignage évangélique. Concernant le débat sur la fin de vie, elle est présence à celui qui s’en va sur l’autre rive. Elle dépouille ce moment ultime de tout acharnement vain. Elle refuse catégoriquement toute main mise sur l’heure que nul ne connaît. Elle tient la main du frère s’en allant vers l’Amour qui l’attend. Il me semble lire chez elle une perception de Jésus Roi, telle qu’il lui plaît d’habiter aujourd’hui nos vies. « Qu’as-tu donc fait ? » Pilate aurait été rassuré de disposer d’un grief contre ce Roi insaisissable. Puissions-nous être surpris en « flagrant amour » d’accomplir ce que, notre Roi nous demande de partager à tous.