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09/10/2008

Ne me quitte pas

Il y a 30 ans déjà, nous quittait Jacques Brel...

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Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s'oublier
Qui s'enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Moi je t'offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserai la terre
Jusqu'après ma mort
Pour couvrir ton corps
D'or et de lumière
Je ferai un domaine
Où l'amour sera roi
Où l'amour sera loi
Où tu seras reine
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je t'inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants-là
Qui ont vu deux fois
Leurs cœurs s'embraser
Je te raconterai
L'histoire de ce roi
Mort de n'avoir pas
Pu te rencontrer
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

On a vu souvent
Rejaillir le feu
De l'ancien volcan
Qu'on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu'un meilleur avril
Et quand vient le soir
Pour qu'un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s'épousent-ils pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je n'vais plus pleurer
Je n'vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t'écouter
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L'ombre de ton ombre
L'ombre de ta main
L'ombre de ton chien
Mais
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas.

 

07/10/2008

ND du Rosaire

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Nous te saluons, Vierge Marie,
servante du Seigneur.
Ta foi nous a donné
l'Enfant de la promesse,
la source de la vie.

06/10/2008

Mort d'un petit enfant

Aujourd'hui, je célèbre la sépulture d'un petit enfant de cinq jours... Je dédie ce poème d'André Dumas à ses parents et sa grande soeur.

SUR LA MORT D’UN ENFANT

 

(André Dumas – Ecrit en 1927)

Roseaux, ouvrage couronné par l’Académie Française, prix triennal Saint-Cricq Théis

 

 

 

Pour la dernière fois sur ton lit je m’incline,

Ce soir, pour reborder tes draps ;

Pour la première fois, ce soir, sur ta poitrine

Je ramène tes petits bras.

 

La mort a transformé ta chambre en sanctuaire.

Le dernier baiser que j’y mets

Scelle ensemble tes doigts joints pour une prière

Qui ne finira plus jamais.

 

Comme elle a, ta figure à peine un peu pâlie,

Un air paisible et rayonnant !

Tu n’étais qu’une enfant délicate et jolie :

Te voilà belle maintenant.

 

Le temps n’existe plus pour toi. Ton clair visage

Dit en son immobilité

Qu’au pays où tu vas les âmes n’ont pas d’âge.

Ta mort parle d’éternité.

 

Et j’évoque ces nuits où, me levant dans l’ombre,

Allant vers toi, sans bruit, pieds nus,

J’ai sur ce même front mis des baisers sans nombre,

Et que tu n’as jamais connus.

 

Le grand frisson du sang battait dans mes artères,

Et je te regardais dormir,

Immobile, cherchant à sonder les mystères

Que recélait ton avenir.

 

Et souvent je ne sais quel effroi, quelle envie

D’appeler une aide sur nous,

Quelle angoisse devant l’inconnu de la vie

Me faisait tomber à genoux. 

 

Hélas ! je marcherai désormais solitaire.

Si Dieu t’a reprise aujourd’hui,

C’est qu’ils sont, les enfants trop purs pour cette terre,

Les premiers qu’il rappelle à Lui.

 

Il sait qu’elles pourraient, leurs ailes de colombes,

Se salir à trop de ruisseaux,

Et les pères devraient peut-être au bord des tombes

Moins trembler qu’au bord des berceaux.