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18/08/2011

Quitter chez soi

Hôte intérieur.jpgQuitter chez soi et aller à la rencontre des autres n’est pas sans conséquences sur les identités.
En effet, si le voyage a permis une véritable rencontre, chacun devient différent au contact de l’autre. Toute rencontre est une confrontation qui laisse une trace en soi. Nous n’en sortons pas indemnes. Mais il faut accepter d’être vulnérable. Voyager c’est admettre d’être marqué par l’autre. Cela demande du temps passé chez l’autre à s’entendre, à se parler, s’apprivoiser et se faire confiance. On ne connaît pas une autre culture par un parcours chronométré. On peut avoir été dans un autre pays sans avoir été rencontré. Le tourisme peut habituer à l’idée que l’on change en échangeant, que la richesse d’une personnalité dépend de son degré d’ouverture à ce qui lui est étranger. Le touriste peut rapporter de son voyage de quoi nourrir sa propre renaissance. Finalement, vers qui est-il parti ? N’était-ce pas aussi un peu plus vers lui-même ? Au terme de tout voyage chez les autres, il en reste un autre à accomplir : le voyage intérieur pour y rencontrer sa propre étrangeté et son propre mystère. Il arrive qu’en entrant en soi-même, c’est encore un Autre que nous rencontrons. Dieu n’est-il pas en effet, comme le disait St Augustin, « plus intérieur à moi-même que moi-même » ?

P. JY Baziou dans Paix et Joie dans l’Esprit-Saint de juin-juillet 2011

En lisant ce texte, qui est la conclusion d'un article sur "Quitter chez soi pour rencontrer les autres", je me suis reconnu dans cette ligne spirituelle que je trace depuis plusieurs années. Mes recueils de poèmes "Les jours sans bagages" et "Terre d'envol" sont à la fois les balises et les valises de ce voyage.