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07/03/2015

Cris

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ô mon frère

hier est livré à la poussière

et demain

tu le prendras  à deux mains

 

ne lève pas le petit doigt

ne demande pas la permission

et brandis ton crayon

 

ce n’est pas une mine de charbon

mais de l’or à foison

un trésor que tu tiens

entre tes mains

 

tu veux crier ? tais-toi !

écris un poème

 

pas d’autres lois

pas d’autres fois

pas d’autres choix

 

bouge-toi

et le vent s’en mêlera

 

va plus loin que loin

vers la fin sans fin

 

et si le brouillard est une fumée sans feu

et si derrière un homme

il n’y a jamais qu’un homme

 

toi tu as

de la puissance rêveuse à vendre

et ce que tu veux c’est la vie

avec la lumière qu’elle procure

 

TP

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06/03/2015

Insurrection poétique

Le-Printemps-des-Poetes.jpg

"La poésie peut encore sauver le monde en transformant la conscience" Lawrence Ferlinghetti

Fait de langue, la poésie est aussi, et peut-être d'abord, « une manière d'être, d'habiter, de s'habiter » comme le disait Georges Perros.
Parole levée, vent debout ou chant intérieur, elle manifeste dans la cité une objection radicale et obstinée à tout ce qui diminue l'homme, elle oppose aux vains prestiges du paraître, de l'avoir et du pouvoir, le voeu d'une vie intense et insoumise. Elle est une insurrection de la conscience contre tout ce qui enjoint, simplifie, limite et décourage. Même rebelle, son principe, disait Julien Gracq, est le « sentiment du oui ». Elle invite à prendre feu.

Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du Printemps des Poètes

05/03/2015

Je veux écrire

crayons.jpgJe veux écrire pour la beauté du regard, pour la pureté du langage. Je veux écrire pour essayer de rejoindre le vieil horizon, si net, pareil à un fil, et le ciel clair au-dessus de la mer. Je veux écrire pour être près des nuages blancs dans le ciel sombre, près de la lumière serrée du soleil, près des cimes des montagnes, là où seuls vont les éperviers. Je veux essayer d’être immédiatement là où mon regard se termine, là où il s’agrandit et reçoit sa joie. Je veux écrire pour être du côté des animaux, des enfants, du côté de ceux qui voient le monde tel qu’il est, qui connaissent toute sa beauté. Pour essayer de trouver une parcelle de cette vertu qui ne m’a pas été donnée à la naissance, mais qu’un visage de femme, ou d’enfant, au hasard de la foule un jour m’a montrée, comme le reflet d’une lueur étrangère aussi belle que le jour. Je veux écrire pour que cette clarté dure encore quelques instants, pour que le monde réel, vivace, reste encore quelques secondes dans la musique des mots. (…)

Je veux écrire pour une autre parole, qui ne maudisse pas, qui n’exècre pas, qui ne vicie pas, qui ne propage pas de maladie. Quand le monde, à l’aube, est tendu, transparent et pur comme une gemme, air clair, mer bleue, rochers étincelants, ciel immense, horizon où les vagues sont visibles ; quand le monde, à midi, est parcouru de terrible victorieuse lumière, et que les arbres sont incendiés, et que l’asphalte mou reçoit les marques de pneu des voitures ; quand le monde glisse dans le crépuscule du soir lentement, s’apaise parmi ombres et fumées ; quand le monde est dans la nuit noire, froide et dense, et que rutilent les milliers d’étoiles, quelquefois, une seule lune… Comment alors peut-on désirer autre chose, comment peut-on dire autre chose ? Pourquoi l’homme a-t-il trahi le monde ?

 

J.M.G Le Clezio, in « Inconnu sur la terre »

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04/03/2015

Les hautes lumières

Fauve; Les hautes lumières (2015)

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03/03/2015

Mars

mars.jpg

Il tombe encore des grêlons,
Mais on sait bien que c'est pour rire.
Quand les nuages se déchirent,
Le ciel écume de rayons.

Le vent caresse les bourgeons
Si longuement qu'il les fait luire.
Il tombe encore des grêlons,
Mais on sait bien que c'est pour rire.

Les fauvettes et les pinsons
Ont tant de choses à se dire
Que dans les jardins en délire
On oublie les premiers bourdons.
Il tombe encore des grêlons …

Maurice CARÊME - La lanterne magique