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28/07/2019

Clin d'oeil au Tour de France

Joe Dassin: La complainte de l'heure de pointe (1972)

15/07/2019

Des enfants rois aux enfants juges

chaud.jpgComme la faune chassée d’une forêt en feu, les générations futures font irruption dans le présent, fuyant un avenir promis à la catastrophe. Nos propres enfants sont des réfugiés climatiques qui tambourinent aux portes de nos chambres à coucher. À force d’espoirs déçus, d’un sommet climatique à l’autre, nous leur avons volé l’espérance, la vertu naturelle de l’enfance.

 

Nos enfants ne sont pourtant pas des amoureux de la nature : urbains de corps ou de cœur, ils s’aperçoivent que la ville elle-même est un écosystème qui se détraque à force d’oublier les lois mêmes de la biosphère. Greta Thunberg, la jeune Suédoise d’à peine 16 ans, nous lance, en leur nom à tous : « Je ne veux pas que vous soyez pleins d’espoir, je veux que vous paniquiez ! » Tel est le cri d’un enfant qu’on prive de son avenir, qu’on prive non seulement de la nature sauvage ou de l’agora, mais aussi de la sécurité de son foyer.

« Après moi, le climat ! »

Quand on prive quelqu’un de son futur, on le prive du sens de son travail, de son couple… On le prive de l’envie, voire de la nécessité de grandir, de se construire. Nous sommes ces parents à jamais célèbres pour avoir donné la vie sans donner un monde.

À chaque génération, la natalité devait nous permettre de renouveler un monde commun. Or, nous avons mis au point un modèle de monde non renouvelable, à la fois physiquement et moralement, car indéfendable. La catastrophe environnementale est la continuation d’une gigantesque crise de la transmission entre les générations : transmission non plus de valeurs ou de savoirs, mais de la possibilité même de vivre une vie humaine.

C’est à présent nos enfants qui se sentent tenus de protéger le monde. Ils sentent que nous les poussons implicitement à une guerre mondiale qui relancerait la croissance, notre insubmersible fétiche. Ils sentent que le prix payé par la planète pour les progrès sociaux a été trop lourd, et qu’ils auraient pu être atteints par d’autres voies. Contemplant notre inertie, ils nous soupçonnent enfin de vouloir être les derniers à profiter de la Terre, de jouir des bons côtés de la fin du monde, de quitter le navire en murmurant : « Après moi, le climat ! »

Fiers de notre réchauffement climatique

Voici donc qu’en défilant dans les villes du monde, ils se livrent à un exercice de pédagogie inversée, qui, à vrai dire, avait commencé dès le sommet de Rio de 1992, où une jeune fille de 12 ans avait tenu les mêmes propos et récolté les mêmes applaudissements polis. Les réseaux sociaux n’existaient pas encore et l’écho est aujourd’hui immense.

Mais combien de visages, d’animaux ou d’êtres imaginaires devront déclamer notre apocalypse profane avant que les adultes ne réagissent ? Tout se passe comme si nous restions secrètement fiers de notre réchauffement climatique, preuve de notre puissance sur la nature, preuve de notre existence - après tout, ce dioxyde de carbone sort aussi de nos poumons.

 

Il est consternant qu’une société ait poussé à ce point la pulsion de mort qu’elle doive être rappelée à l’ordre par ses nouveau-nés, qui auraient droit à la confiance et l’insouciance. Les enfants rois furent longtemps notre alibi pour une société d’excès, ils sont devenus nos juges.

Dalibor Frioux (Ouest-France 9 juillet 2019)

14/07/2019

14 juillet

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Célébration du 14 juillet dans la forêt

Victor Hugo

Qu’il est joyeux aujourd’hui
Le chêne aux rameaux sans nombre,
Mystérieux point d’appui
De toute la forêt sombre !

Comme quand nous triomphons,
Il frémit, l’arbre civique ;
Il répand à plis profonds
Sa grande ombre magnifique.

D’où lui vient cette gaieté ?
D’où vient qu’il vibre et se dresse,
Et semble faire à l’été
Une plus fière caresse ?

C’est le quatorze juillet.
À pareil jour, sur la terre
La liberté s’éveillait
Et riait dans le tonnerre.

Peuple, à pareil jour râlait
Le passé, ce noir pirate ;
Paris prenait au collet
La Bastille scélérate.

À pareil jour, un décret
Chassait la nuit de la France,
Et l’infini s’éclairait
Du côté de l’espérance.

Tous les ans, à pareil jour,
Le chêne au Dieu qui nous crée
Envoie un frisson d’amour,
Et rit à l’aube sacrée.

Il se souvient, tout joyeux,
Comme on lui prenait ses branches !
L’âme humaine dans les cieux,
Fière, ouvrait ses ailes blanches.

Car le vieux chêne est gaulois :
Il hait la nuit et le cloître ;
Il ne sait pas d’autres lois
Que d’être grand et de croître.

Il est grec, il est romain ;
Sa cime monte, âpre et noire,
Au-dessus du genre humain
Dans une lueur de gloire.

Sa feuille, chère aux soldats,
Va, sans peur et sans reproche,
Du front d’Epaminondas
À l’uniforme de Hoche.

Il est le vieillard des bois ;
Il a, richesse de l’âge,
Dans sa racine Autrefois,
Et Demain dans son feuillage.

Les rayons, les vents, les eaux,
Tremblent dans toutes ses fibres ;
Comme il a besoin d’oiseaux,
Il aime les peuples libres.

C’est son jour. Il est content.
C’est l’immense anniversaire.
Paris était haletant.
La lumière était sincère.

Au loin roulait le tambour…?
Jour béni ! jour populaire,
Où l’on vit un chant d’amour
Sortir d’un cri de colère !

Il tressaille, aux vents bercé,
Colosse où dans l’ombre austère
L’avenir et le passé
Mêlent leur double mystère.

Les éclipses, s’il en est,
Ce vieux naïf les ignore.
Il sait que tout ce qui naît,
L’oeuf muet, le vent sonore,

Le nid rempli de bonheur,
La fleur sortant des décombres,
Est la parole d’honneur
Que Dieu donne aux vivants sombres.

Il sait, calme et souriant,
Sérénité formidable !
Qu’un peuple est un orient,
Et que l’astre est imperdable.

Il me salue en passant,
L’arbre auguste et centenaire ;
Et dans le bois innocent
Qui chante et que je vénère,

Étalant mille couleurs,
Autour du chêne superbe
Toutes les petites fleurs
Font leur toilette dans l’herbe.

L’aurore aux pavots dormants
Verse sa coupe enchantée ;
Le lys met ses diamants ;
La rose est décolletée.

Aux chenilles de velours
Le jasmin tend ses aiguières ;
L’arum conte ses amours,
Et la garance ses guerres.

Le moineau-franc, gai, taquin,
Dans le houx qui se pavoise,
D’un refrain républicain
Orne sa chanson grivoise.

L’ajonc rit près du chemin ;
Tous les buissons des ravines
Ont leur bouquet à la main ;
L’air est plein de voix divines.

Et ce doux monde charmant,
Heureux sous le ciel prospère,
Épanoui, dit gaiement :
C’est la fête du grand-père.

Victor Hugo, Les chansons des rues et des bois, 1865

21/06/2019

32 ans

été musique.jpgC'est l'été...

la fête de la musique...

et 32 ans que je suis prêtre...

 

15/06/2019

Zeffirelli

Hommage à Franco Zeffirelli

Décédé aujourd'hui à 96 ans.

Extrait de son film : Jésus de Nazareth  (1979)

09/06/2019

Pentecôte