21/03/2006
Lily
C'est aujourd'hui la journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale. Voir site de l'UNESCO.
Lily (chanson de Pierre Perret - 1977)
On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris
Elle croyait qu'on était égaux Lily
Au pays de Voltaire et d'Hugo Lily
Mais pour Debussy en revanche
Il faut deux noires pour une blanche
Ça fait un sacré distinguo
Elle aimait tant la liberté Lily
Elle rêvait de fraternité Lily
Un hôtelier rue Secrétan
Lui a précisé en arrivant
Qu'on ne recevait que des Blancs
Elle a déchargé des cageots Lily
Elle s'est tapé les sales boulots Lily
Elle crie pour vendre des choux-fleurs
Dans la rue ses frères de couleur
L'accompagnent au marteau-piqueur
Et quand on l'appelait Blanche-Neige Lily
Elle se laissait plus prendre au piège Lily
Elle trouvait ça très amusant
Même s'il fallait serrer les dents
Ils auraient été trop contents
Elle aima un beau blond frisé Lily
Qui était tout prêt à l'épouser Lily
Mais la belle-famille lui dit nous
Ne sommes pas racistes pour deux sous
Mais on veut pas de ça chez nous
Elle a essayé l'Amérique Lily
Ce grand pays démocratique Lily
Elle aurait pas cru sans le voir
Que la couleur du désespoir
Là-bas aussi ce fût le noir
Mais dans un meeting à Memphis Lily
Elle a vu Angela Davis Lily
Qui lui dit viens ma petite sœur
En s'unissant on a moins peur
Des loups qui guettent le trappeur
Et c'est pour conjurer sa peur Lily
Qu'elle lève aussi un poing rageur Lily
Au milieu de tous ces gugus
Qui foutent le feu aux autobus
Interdits aux gens de couleur
Mais dans ton combat quotidien Lily
Tu connaîtras un type bien Lily
Et l'enfant qui naîtra un jour
Aura la couleur de l'amour
Contre laquelle on ne peut rien
On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris.
***
C'était en 1977... et aujourd'hui?
09:25 Publié dans Cris, Musiques, Poèmes | Lien permanent | Commentaires (1)
20/03/2006
Printemps

Comme elles sont blanches !
Il neige des fleurs.
Riant dans la pluie,
Le soleil essuie
Les saules en pleurs
Et le ciel reflète,
Dans la violette
Ses pures couleurs...
La mouche ouvre l'aile
Et la demoiselle
Aux prunelles d'or,
Au corset de guêpe
Dépliant son crêpe,
A repris l'essor.
L'eau gaîment babille,
Le goujon frétille
Un printemps encore !
Théophile Gautier
08:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
14/03/2006
Hymne du matin

Voici le dernier-né des jours
Qui monte
À travers nous à la rencontre
Du premier-né de ton amour.
C’est lui qui pour toi fit éclore,
C’est lui qui devant toi chantait
L’aurore
Quand il n’était pas d’homme encore
Pour avoir part à sa beauté.
Par lui tout demeure en genèse,
Nos jours dans leur vieillissement
Se dressent
À leur éveil vers sa jeunesse,
Car il se lève à l’Orient,
C’est lui qui sans cesse ranime,
C’est lui qui sur les temps maintient
Cette hymne
Emerveillée dès l’origine
Devant l’ouvrage de tes mains.
Voici la nouvelle lumière
Montant au plus secret des corps,
Ô Père,
Envoie le souffle sur la terre
Du Premier-né d’entre les morts.
Patrice de LA TOUR DU PIN,
La Prière de toutes les heures, 1969.
07:00 Publié dans Poèmes, Prières | Lien permanent | Commentaires (0)
11/03/2006
Les mots

Les mots ont
la puissance délicate
des fleurs qui poussent
le courage impétueux
des rochers qui saignent
la mémoire silencieuse
des souffrances qui s'offrent
Thierry Piet
"Les jours sans bagages"
2004
08:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
10/03/2006
La dame aux yeux fermés
Nous étions peu nombreux, environ une douzaine de personnes, à une lecture de poèmes à la médiathèque cette semaine, dans le cadre du Printemps des Poètes. Les gens ne sortent pas quand il pleut... mais surtout, les gens ne sortent pas pour écouter de la poésie! De quoi ont-ils peur?
Parmi nous, il y avait une vieille dame, venue seule, avec un long manteau et un bonnet sur la tête qu'elle n'a pas quitté de toute la veillée. Elle n'a parlé à personne et personne ne lui a parlé non plus. Chose étrange, elle a toujours gardé les yeux fermés. Sans doute était-elle mal voyante, car tout à coup, entre la lecture de deux poèmes d'un recueil dont le titre est "Recueillement", voici que sa montre se met à parler: "Il est 21h". Petit sourire de tout le monde, bien sûr, mais la vieille dame n'a pas bougé d'un poil, on pourrait même dire d'un cil! Elle était dans le recueillement, elle méditait chaque parole, elle était sans doute venue se ressourcer. Discrète, personne ne l'a vue partir avec son plein de poésie.
J'ai trouvé sa présence surprenante et belle, presqu'un témoignage. Chacun de nous a beaucoup reçu dans cette soirée, nous nous le sommes partagés, et elle, par sa seule et simple présence et par son silence nous a dit que le plus cadeau était intérieur: la poésie comme source et racines de ce qui fait nos vies, comme ce qui alimente le feu de nos coeurs, comme ce qui calme notre faim et nous enchante... le reste n'est que bavardage dans un monde de bruits. Merci madame. TP
08:30 Publié dans L'ordinaire des jours, Poèmes, Réflexions spirituelles | Lien permanent | Commentaires (1)
07/03/2006
Colette Nys-Mazure
En cette semaine (pluvieuse) du Printemps des Poètes et en cette veille de la journée des femmes, je vous présente Colette Nys-Mazure. J'ai lu plusieurs livres de cette femme poète belge. J'ai eu le plaisir de la rencontrer deux fois pour l'écouter lire ses textes et pour l'interviewer dans une émission de poésie que je faisais il y a cinq sur les ondes de RCF-Vendée. J'apprécie sa simplicité, j'aime être à l'école de sa foi, une foi vécue humblement au quotidien dans les tâches ménagères, dans son métier d'écrivain, dans les lectures publiques. J'admire son travail d'écrivain: faire deux heures d'écriture tous les jours au lever du jour... J'ai lu dans un magasine que la chanteuse Maurane (belge elle aussi) partage cette même joie de rencontrer Colette Nys-Mazure et qu'elles se connaissent bien. La revue Panorama Aujourd'hui lui donne souvent la parole.
Pour mieux la connaître, allez lire la page du site Ecrits-Vains ainsi que ma note sur son anthologie parue en 2003. TP
14:10 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)