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22/07/2016

Ballade

tournesol.jpg

Quand à peine un nuage,
Flocon de laine, nage
Dans les champs du ciel bleu,
Et que la moisson mûre,
Sans vagues ni murmure,
Dort sous le ciel en feu ;

Quand les couleuvres souples
Se promènent par couples
Dans les fossés taris ;
Quand les grenouilles vertes,
Par les roseaux couvertes,
Troublent l’air de leurs cris ;

Aux fentes des murailles
Quand luisent les écailles
Et les yeux du lézard,
Et que les taupes fouillent
Les prés, où s’agenouillent
Les grands bœufs à l’écart,

Qu’il fait bon ne rien faire,
Libre de toute affaire,
Libre de tous soucis,
Et sur la mousse tendre
Nonchalamment s’étendre,
Ou demeurer assis ;

Et suivre l’araignée,
De lumière baignée,
Allant au bout d’un fil
À la branche d’un chêne
Nouer la double chaîne
De son réseau subtil,

Ou le duvet qui flotte,
Et qu’un souffle ballotte
Comme un grand ouragan,
Et la fourmi qui passe
Dans l’herbe, et se ramasse
Des vivres pour un an,

Le papillon frivole,
Qui de fleurs en fleurs vole
Tel qu’un page galant,
Le puceron qui grimpe
À l’odorant olympe
D’un brin d’herbe tremblant ;

Et puis s’écouter vivre,
Et feuilleter un livre,
Et rêver au passé
En évoquant les ombres,
Ou riantes ou sombres,
D’un long rêve effacé,

Et battre la campagne,
Et bâtir en Espagne
De magiques châteaux,
Créer un nouveau monde
Et jeter à la ronde
Pittoresques coteaux,

Vastes amphithéâtres
De montagnes bleuâtres,
Mers aux lames d’azur,
Villes monumentales,
Splendeurs orientales,
Ciel éclatant et pur,

Jaillissantes cascades,
Lumineuses arcades
Du palais d’Obéron,
Gigantesques portiques,
Colonnades antiques,
Manoir de vieux baron

Avec sa châtelaine,
Qui regarde la plaine
Du sommet des donjons,
Avec son nain difforme,
Son pont-levis énorme,
Ses fossés pleins de joncs,

Et sa chapelle grise,
Dont l’hirondelle frise
Au printemps les vitraux,
Ses mille cheminées
De corbeaux couronnées,
Et ses larges créneaux,

Et sur les hallebardes
Et les dagues des gardes
Un éclair de soleil,
Et dans la forêt sombre
Lévriers eu grand nombre
Et joyeux appareil,

Chevaliers, damoiselles,
Beaux habits, riches selles
Et fringants palefrois,
Varlets qui sur la hanche
Ont un poignard au manche
Taillé comme une croix !

Voici le cerf rapide,
Et la meute intrépide !
Hallali, hallali !
Les cors bruyants résonnent,
Les pieds des chevaux tonnent,
Et le cerf affaibli

Sort de l’étang qu’il trouble ;
L’ardeur des chiens redouble :
Il chancelle, il s’abat.
Pauvre cerf ! son corps saigne,
La sueur à flots baigne
Son flanc meurtri qui bat ;

Son œil plein de sang roule
Une larme, qui coule
Sans toucher ses vainqueurs ;
Ses membres froids s’allongent ;
Et dans son col se plongent
Les couteaux des piqueurs.

Et lorsque de ce rêve
Qui jamais ne s’achève
Mon esprit est lassé,
J’écoute de la source
Arrêtée en sa course
Gémir le flot glacé,

Gazouiller la fauvette
Et chanter l’alouette
Au milieu d’un ciel pur ;
Puis je m’endors tranquille
Sous l’ondoyant asile
De quelque ombrage obscur.

Théophile Gautier, Premières Poésies

19:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

21/07/2016

Histoire de la violence

louis.jpgJ’ai rencontré Reda un soir de Noël. Je rentrais chez moi après un repas avec des amis, vers quatre heures du matin. Il m’a abordé dans la rue et j’ai fini par lui proposer de monter dans mon studio. Ensuite, il m’a raconté l’histoire de son enfance et celle de l’arrivée en France de son père, qui avait fui l’Algérie. Nous avons passé le reste de la nuit ensemble, on discutait, on riait. Vers six heures du matin, il a sorti un revolver et il a dit qu’il allait me tuer. Il m’a insulté, étranglé...  (4ème de couverture)

Lecture de vacances: 2ème roman d'Edouard Louis en grande partie autobiographique. Une belle écriture en miroirs multiples. Une analyse sociologique un brin narcissique. Un livre polémique comme son premier. Mais la littérature n'est-elle pas là parfois pour nous bousculer? Au-delà des faits racontés, c'est davantage la façon dont c'est dit et l'architecture de ce livre qui m'ont intéressé. L'auteur fera encore parler de lui dans ses prochains ouvrages, j'en suis sûr.   TP

00:00 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0)

19/07/2016

Parole et Lumière

parole.jpgLa Parole est un cœur d'homme. Dans l'humus ombrageux du terreux demeure et germe la lente pousse intime de la Parole. Elle appelle à toutes les beautés de la langue et de l'expérience de vivre, de ses lumières. La lumière est Parole. La Parole est lumière qui touche à tout ce que le sensible peut dire.

Jean-Pierre Boulic - Carnet d'un poète, extrait de "Je vous écris de mes lointains - Editions La Part Commune

Parmi mes lectures de vacances

13/07/2016

Offre-moi des yeux neufs

enfant regard.jpg

Seigneur, garde mon esprit jeune
et mon intelligence transparente.
Donne-moi l’étonnement de l’artiste.
Rends-moi l’émerveillement de l’enfant.
Donne-moi des yeux neufs pour lire ta Création
dans sa splendeur originelle.
Que toute choses me soient nouvelles
de tout ce que tu fais, Dieu de magnificence.
Donne-moi, Seigneur,
une âme accueillante,
ouvre mon cœur à tous les besoins d’amour.
Que je devine tous ceux
auxquels il a manqué pour s’épanouir.
Seigneur – toi seul le peux –
donne-moi une âme disponible.


Jean-Pierre Dubois-Dumée (journaliste)

00:00 Publié dans Prières | Lien permanent | Commentaires (0)

28/06/2016

Les filles d'aujourd'hui

Joyce Jonathan et Vianney: Les filles d'aujourd'hui (2016)

27/06/2016

Bruxelles

Boulevard des airs - Bruxelles (2015)