20/10/2016
Aziré

Au pied des pierres
blanches du lavoir
lustrées par les années
l’eau de la rigole
récolte
les larmes vertes
d’un saule
On ne rame pas
sur l’eau dormante
Point de morsure
sous le morceau d’azur
à bon port
où nous sommes
En ce lieu désiré
la vie est simple
est sans plis
Au loin la chapelle
est présence aimante
au port d’Aziré
TP
Aziré est un lieu-dit de Benet dans le marais poitevin.
21:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (1)
15/10/2016
Faire sens
Bob Dylan n'est pas si loin de Shakespeare. Dans une tirade de Macbeth, ce dernier lance : « La vie n’est qu’une ombre qui passe, un pauvre acteur qui se pavane et s’agite durant son heure sur la scène et qu’ensuite on n’entend plus. C’est une histoire dite par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien. »
Mais ce constat désabusé est contredit par le simple fait que nous lisons encore cette tirade. Il suffit de la dire pour comprendre qu’un poète, un créateur, est précisément celui qui tire du bruit et de la fureur une œuvre qui fait sens, qui émeut, qui interroge… Et la réussite de Bob Dylan, celle qu’honore le prix Nobel, c’est d’avoir su donner à son art une dimension populaire : il a offert, à tous ceux qui entendent l’anglo-américain, l’accès à une profondeur poétique que la culture de masse, souvent, ignore ou écrase, quand elle ne la ridiculise pas.
JF Bouthors Ouest-France 15 octobre 2016
Texte complet ICI
10:01 Publié dans Actualités, Pensées, Réflexions spirituelles | Lien permanent | Commentaires (2)
14/10/2016
Prière de l'artiste et de l'artisan
Apprends-moi, Seigneur, à bien user du temps que tu me donnes pour travailler, à bien l'employer sans rien en perdre.
Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées sans tomber dans le scrupule qui ronge.
Apprends-moi à prévoir le plan sans me tourmenter, à imaginer l’œuvre sans me désoler si elle jaillit autrement.
Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur, la sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.
Aide-moi au départ de l'ouvrage, là où je suis le plus faible.
Aide-moi au cœur du labeur à tenir serré le fil de l'attention.
Et surtout comble Toi-même les vides de mon œuvre, Seigneur!
Dans tout le labeur de mes mains laisse une grâce de Toi pour parler aux autres et un défaut de moi pour me parler à moi-même.
Garde en moi l'espérance de la perfection, sans quoi je perdrais cœur. Garde-moi dans l'impuissance de la perfection, sans quoi je me perdrais d'orgueil.
Purifie mon regard: quand je fais mal, il n'est pas sûr que ce soit mal, et quand je fais bien, il n'est pas sur que ce soit bien.
Seigneur, ne me laisse jamais oublier que tout savoir est vain sauf là où il y a du travail, et que tout travail est vide sauf là où il y a amour, et que tout amour est creux qui ne me lie à moi-même et aux autres et à Toi, Seigneur!
Enseigne-moi à prier avec mes mains, mes bras et toutes mes forces.
Rappelle-moi que l'ouvrage de mes mains t'appartient et qu'il m'appartient de te le rendre en le donnant ; que si je le fais par goût du profit, comme un fruit oublié je pourrirai à l'automne ; que si je le fais pour plaire aux autres comme la fleur de l'herbe je fanerai au soir ; mais si je le fais pour l'amour du bien, je demeurerai dans le bien ; et le temps de faire bien et à ta gloire, c'est tout de suite, Amen!
Prière des copistes et enlumineurs du haut moyen âge, sans doute d'origine anglaise.
in "Naissance et splendeurs du manuscrit monastique du VII' au XII' siècle", Gilberte Garrigou
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11/10/2016
Lectures en désordre
Julien Burri: lecture
Stéphane Blok: Guitare
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08/10/2016
Histoires drôles
" Dis, papa, quel travail il faisait Joseph ? "
" Il était charpentier. "
" Et Marie, elle travaillait ? "
" Non, elle s'occupait du petit Jésus. "
" Alors, pourquoi le petit Jésus, il était à la crèche ? " (Cédric 6 ans)
Maman: "Manon, si tu n'écoutes pas, je vais demander au Père Noël de t'apporter de nouvelles oreilles à la place des jouets. "
Manon: "Demande-lui alors des oreilles avec des boucles d’oreilles". (Manon 4 ans)
La grand-mère vient de mourir et tout le monde est triste.
Claire va voir son grand-père avec un grand sourire et lui dit :
" T'as de la chance toi! T'es si vieux que tu vas mourir bientôt et tu seras le premier à la revoir " (Claire 5 ans)
" Où j'étais quand j'étais pas né ? " demande Paul à sa maman
" Tu étais dans mon ventre "
" Et où j'étais avant d'être dans ton ventre ? "
" Eh bien tu étais dans ma tête "
" Et tu pouvais réfléchir quand même ? " (Paul 4 ans)
" S'il te plaît, maman, je voudrais une petite sœur. "
" Mais, chérie, papa ne veut pas maintenant. "
" On n'a qu'à lui faire la surprise... " (Doriane 6 ans)
Maman : " Va te laver les dents, elles sont sales. "
Jérémy : " Mais je ne mange que des choses propres ! " (Jérémy 4 ans)
Quelle question et quelle réponse !
La bonne question....
Au cours d'un jugement pour divorce, le couple se dispute la garde du fils unique. La mère, très émue, se défend :
"Votre Honneur .... Cet enfant a été conçu en moi ...
Cet enfant est sorti de mon ventre. Donc je mérite de le garder ! "
Le juge, tout aussi ému et presque convaincu, laisse la parole au futur ex-mari.. Celui-ci utilise son côté pragmatique :
" Votre Honneur, je n'aurai qu'une question : Quand j'introduis ma pièce dans la fente d'un distributeur, la canette qui en sort, elle est à moi ou à la machine ?
21:00 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)
06/10/2016
La parole poétique
Comme le symbole, la poésie fait signe, suggère la richesse profuse d'un « invisible » sans lequel le visible bascule dans le morne ennui de la platitude. Elle donne à penser, à rêver, à méditer en ouvrant le lecteur aux perspectives de sa vocation spirituelle, au sens le plus large du mot. Car l'homme, dit fortement Pierre Emmanuel, est « la seule créature qui ne soit pas seulement une créature » mais une aspiration à l'Être.
En cela, la poésie fait figure d'oxygène indispensable sinon vital. « Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides », conseille Baudelaire qui poursuit : « Derrière les ennuis et les vastes chagrins/Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse/Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse/S'élancer vers les champs lumineux et sereins. »
Se souvenir d'Yves Bonnefoy
C'est à la portée de tous à condition de se défaire de soi, de s'abandonner à la grâce du Cimetière marin de Valéry : « Ce toit tranquille, où marchent des colombes. Entre les pins palpite, entre les tombes… » ou des Yeux d'Elsa d'Aragon : « Tes yeux sont si profonds qu'en se penchant pour boire/J'ai vu tous les soleils y venir se mirer… » Ou bien encore ce si sobre « Le feu est clair, la table mise, le vin brille dans les carafes » de Bonnefoy. Il irradie.
Dans ses nombreuses conférences, Bonnefoy n'a cessé d'insister sur le grave préjudice causé à la poésie par l'invasion des images qui finissent par stériliser la capacité d'imaginer. Puisque ces images toutes faites nous sont offertes sans compter, à quoi bon s'astreindre à ce joyeux effort de la lecture dont porte témoignage Le cercle des poètes disparus ?
Mais justement, est-il si joyeux après une scolarité où trop souvent, à l'écoute attentive, respectueuse et fervente du poème et de sa musique est substitué un écorché comme on le fait des grenouilles sur la paillasse, un dépeçage apparenté à une opération de conquête, de prise de possession guère éloignée du viol. D'où le conseil de « ne pas trop céder à la tentation de faire des analyses textuelles » pour savourer le suc de la « parole » dès lors apprise… « par cœur ». Que dirait-on d'un enseignement musical limité aux cours de solfège ?
Se mettre dans l'« état de poésie » (Georges Haldas), c'est s'ouvrir à la profondeur des choses pour communiquer avec le « sens fondamental de la vie ». Mais cela suppose une disposition devenue de plus en plus rare à faire silence, à entrer en silence et à se donner la possibilité d'« entendre dans chaque mot un silence qui est, en dessin, l'équivalent de la non-couleur, du vide ». De l'importance, comme le dit dans un clin d'œil le poète breton Gilles Baudry, de « laisser au silence… le dernier mot ».
Jacques Le Goff, professeur émérite des universités
Ouest-France du 24 août 2016?
Source et texte complet ICI
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