09/08/2022
Balazuc

La rue est un escalier
Sous des pas mal assurés
la grimpée fait danser la tête
et dans la chaleur intense
d'une matinée de juillet
en Ardèche
le ciel est blanc
le souffle court
et la langue sèche
Au sommet
le clocher ajouré de Balazuc
appelle la volonté
d'y arriver
TP
17:00 Publié dans Poèmes, Souvenirs | Lien permanent | Commentaires (0)
Souvenir d'Ardèche

Sous un soleil de miel et de plomb
le Pont du Diable tient bon.
Quelques cailloux font la plage
et quelques fous font des plongeons
dans un trou d'eau
béni par sa fraîcheur,
sous les yeux des photographes
qui emporteront chez eux
la chaleur de l'Ardèche
et la sueur brûlante
léchant leurs pieds poudreux.
TP
11:00 Publié dans Poèmes, Souvenirs | Lien permanent | Commentaires (0)
08/08/2022
L'envie d'aimer
en hommage au chanteur Danlel Lévi décédé le 6 août à 60 ans, le final des "Dix commandements" (Chouraqui/Obispo)
21:00 Publié dans Actualités, Chansons, Hommage | Lien permanent | Commentaires (0)
01/08/2022
L'étranger

Tu te crois seul et puis quelqu’un
se tient debout dans l’embrasure de l’aurore.
Il ne dit rien. Sa main éclose
vers toi se tend, se ramifie à ton approche.
Qui oserait : si mince est la
paroi de verre entre ce monde et l’autre.
Mais à ses yeux qui le débordent,
tu sens qu’il voudrait tant se délivrer
de fraternelles confidences.
Et comment soutenir le poids de ce visage
cherchant asile et ressemblance
à travers le miroir de ces mots sans famille :
“Je suis un homme de passage.”
Gilles Baudry
22:31 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
26/07/2022
Peter von Kant

J'apprécie beaucoup le cinéma de François Ozon. "Peter von Kant", en hommage au cinéaste Fassbinder, est très fort et beau, avec un Denis Ménochet qui enfin possède un rôle à la hauteur de son talent, une Isabelle Adjani toujours aussi jeune, une Hanna Schygulla qu'on a plaisir à revoir et un Khalil Gharbia rayonnant. François Ozon a le talent de dénicher de nouveaux talents et de faire appel en même temps aux icônes les plus célèbres. Un grand film!
00:00 Publié dans Films | Lien permanent | Commentaires (0)
24/07/2022
Tu seras mon père
« Tu seras mon père » ou comment les Brigades rouges, mouvement terroriste d’extrême-gauche qui aura marqué de manière sanglante les années 70-80, vont dévaster l’enfance d’un Italien « beau comme un dieu ». L’écrivain franco-turc Metin Arditi livre un roman aussi bouleversant que précis sur ces « années de plomb » italiennes…
Renato, sept ans, malgré un léger handicap de surdité, vit une enfance enchantée dans une famille bourgeoise de Vérone. Il adore son père, Francisco Barro, directeur d’une fabrique de glaces, les meilleures d’Italie. Renato en raffole surtout quand son père lui demande d’en trouver tous les ingrédients : « C’était leur rituel… Dans de tels moments, le bonheur de Renato était à son comble, comme si toutes les raisons qui le rendaient heureux s’étaient données rendez-vous : le plaisir de dévorer une glace bien tendre, la complicité avec son père, le sentiment de sécurité qu’il ressentait lorsqu’il se trouvait à l’atelier, là où son père était très respecté des ouvriers. » Là, tout s’effondre quand Francisco est enlevé par un commando des Brigades rouges. Les tractations s’éternisent (on apprendra bien plus tard pourquoi) et quand l’homme d’affaires est libéré, après le versement d’une rançon et deux mois de captivité éprouvante, il n’est plus que l’ombre de lui-même. Il se suicide. Son épouse Gabriella fuit en Suisse avec toute sa maisonnée. Renato est anéanti, seulement réconforté par Rosa, la gouvernante qui le considère comme son fils. Quand, onze ans plus tard, Gabriella, sa mère, juge que son purgatoire a assez duré, elle retourne à Vérone pour se marier et …« retrouver le monde civilisé ». Elle inscrit Renato à l’Institut Alderson de Lausanne, un internat pour familles huppées, histoire de mettre du champ entre elle et son fils…
« Ecris-moi souvent, même des lettres courtes. Chaque jour au déjeuner, on distribue le courrier. C’est important de ne pas se sentir « mis au dépôt », si tu vois ce que je veux dire », lui écrit-il. Beaucoup de ses camarades de classe sont, comme lui, des enfants délaissés par de riches parents. Parmi les professeurs, un certain Paolo Mantegazza, un Italien, responsable des activités théâtrales et, comme Renato Barro, passionné de haute montagne. Une admiration réciproque ne tardera pas à s’installer entre eux deux. Renato est un élève brillant et Paolo Mantegazza un enseignant pédagogue et raffiné. Il fait découvrir à son élève Elias Canetti, « un philosophe. Lui aussi avait perdu son père très jeune. A l’âge de sept ans je crois». Leur même passion pour le théâtre les réunira quasi intimement.
Chaque année, le lycée monte un spectacle théâtral avec tous les élèves. Non sans arrière-pensée, Paolo Mantegazza choisit Pirandello « Chacun sa vérité », une pièce qui joue sur le doute : Que sait-on des choses et des gens ? Ce qu’on en voit ou ce que l’on croit en voir et, bien souvent, ce que l’on aimerait qui soit. « Une pièce de l’absurde », remarque Renato. Mais le hasard réserve parfois bien des surprises et on découvre assez rapidement que Paolo Mantegazza est la nouvelle identité de la tête pensante des Brigades rouges, Paolo Rivolta, celui-là même qui avait organisé le kidnapping du père de Renato. « Hier après-midi, j’avais devant moi Gabriella Barro et son fils Renato. Tu imagines le choc », écrira l’ex-brigadiste à son ami Giancarlo.
Metin Arditi, dans un style haletant, va alors s’attarder sur la réaction de l’enseignant ex-terroriste, qui avait, assez rapidement, compris qui était son élève et celle de Renato qui finira par découvrir, avec une longueur de retard, la véritable identité derrière laquelle se cache son professeur Paolo Mantegazza. Sera alors éventé le parcours chaotique de ce professeur au passé on ne peut plus trouble et de son engagement idéaliste et meurtrier à sa prise de conscience et à sa repentance. « L’immense bonheur s’était effondré », reconnaîtra amer, de son côté, le jeune Renato pour qui le chemin sera long et bien plus difficile. Il devra quitter la Suisse et l’Italie, pour se reconstruire et apprendre à réguler ses sentiments. Il lui faudra pour cela la complicité… d’une glace parfum vanille !
En marge de ce face-à-face dramatique, interviennent d’autres personnages qui ont tous des fêlures, la belle prof de danse Josy, métis américaine, la directrice de l’Institut Bérangère-Hugues, qui porte, telle une croix, le comportement de batifoleur de son ex-mari et Nadelmann, un prof d’allemand et de philosophie, grand admirateur d’Hölderlin, qui ne supporte pas, néanmoins, son prénom, Adolf.
Metin Arditi dissèque avec délicatesse la question de la paternité, de la fraternité mais aussi celle de l’engagement pour une cause qu’on croit juste mais dont le jusqu’au-boutisme s’avérera vénéneux. Le titre du roman « Tu seras mon père » fait écho au poème de Kipling « Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie / Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir / … / Tu seras un Homme, mon fils. »
- « Tu seras mon père », de Metin Arditi, éd. Grasset, mai 2022
Dominique Lorraine
Un beau livre qui laisse place au difficile pardon.
23:00 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0)

















