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06/09/2022

L'âme humaine n'a pas changé

 

danse.jpgde Baudouin De Rycke (Belgique) :

La guerre, les violences urbaines, le réchauffement climatique, les épidémies, les accidents de la route, le harcèlement moral… : toute une gamme de maux et de souffrances dont on nous parle en boucle et qui nous inquiètent. Étonnamment, cette peur ne modifie pas vraiment notre façon de vivre.

Pour le comprendre, nous pouvons éventuellement invoquer la force incommensurable de l’habitude. Mais la raison la plus crédible est que nous ne souffrons pas vraiment avant d’être touchés personnellement par ce que nous craignons. Cela porte un nom qui nous est désormais familier : l’individualisme.

Pour assurer le maintien de notre somnolence, la vie nous offre le divertissement. Sans lui, pourrions-nous supporter la vision horrifique de ce qui nous menace ?

Certes, nous nous indignons. En attendant, le monde compte des milliards d’indignés, et son sens moral n’évolue presque pas. Faut-il vraiment s’étonner de cet étrange paradoxe ? Il est si doux de vivre sans responsabilité individuelle… […]

En réalité, l’âme humaine n’a pas changé, depuis la nuit des temps. Aux objets répugnants ne trouvons-nous pas trop souvent des appâts ? Nos repentirs ne sont-ils pas un peu lâches ? Ne cherchons-nous pas à donner de nous-mêmes une image vertueuse par la tonalité vibrante de nos lamentations improductives ? La déchéance morale de notre société ne tire-t-elle pas sa source dans notre hypocrisie, notre aveuglement ou nos lâches démissions ?

La faiblesse de l’homme ne peut, à elle seule, expliquer l’abaissement du sens moral qui survient périodiquement dans l’histoire de l’humanité. Chaque enfant qui naît est, en effet, doté d’une lumière éclatante de vérité, de beauté et de bonté. Mais si nos intérêts personnels et matérialistes sont les seuls à orienter nos choix, comment cette lumière pourrait-elle arriver à contenir les forces du mal, toujours aux aguets ?

Nous ne pouvons, et les enfants moins encore que tout autre, résister à la tyrannie de nos multiples désirs et de notre vanité sans nous munir du bouclier de la juste mesure.

Courrier des lecteurs - Ouest-France du 6 septembre 2022

27/08/2022

Concert baroque

William Christie et Théotime Langlois de Swarte à l'abbaye de Fontevraud.

18:00 Publié dans Musiques | Lien permanent | Commentaires (0)

25/08/2022

Une éclipse

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Dans les douze textes de ce livre paru il y a un peu plus d'an an, il y a densité et émotion. Homme des échappées belles, Raphaël Haroche (par ailleurs chanteur) ouvre son recueil par une nouvelle qui donne son titre à l’ensemble et emmène lectrices et lecteurs dans une île bretonne qui rappelle celle de Bréhat, où il possède une maison et un bateau. Un couple, Claire et son mari, et leurs deux enfants. Lui est scénariste en panne d’inspiration, elle actrice de réputation internationale. Il est jaloux, sait qu’elle l’a trompé deux fois puisqu’elle le lui a dit, sait aussi que ces temps-ci elle a une autre relation, se demande si elle va le quitter et s’il doit oser fouiller dans le téléphone portable de sa femme ?

Dans une autre nouvelle, « Les Patriciens », un couple de vieux homosexuels vit dans une maison comme « dans un tombeau égyptien ». Ils recueillent une jeune fille blessée, Soraya ; tels des loups, ses frères attaquent la maison et le couple pour récupérer leur sœur…

Un texte sur le tennis, « un monde est un monde parfait où tous les accidents possibles du cosmos ont été prévus », un autre sur un vieil architecte allemand qui a travaillé avec les nazis, qui s’est réfugié en Amérique du sud mais qui, finalement, sera châtié. Et puis un des temps forts d’« Une éclipse » : « Le monde à venir », le plus long (près de 30 pages) texte du livre. Une femme âgée écrit une lettre, « je suis aux portes de la longue nuit, je ne peux pas te toucher, ni te regarder, d’ailleurs les choses ne seraient certainement pas plus simples si je t’avais devant moi, que je sentais ta présence »

Avec Raphaël Haroche, la variété est au rendez-vous, mêlant joyeusement angoisse, fantastique, obscurité et lumière. L’auteur n’est pas près de s’éclipser !

Déjà j'avais lu "Revenir à la mer", avec "L'éclipse" je découvre un auteur qui se confirme. J'attends le roman qu'il préparerait.

00:00 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0)

23/08/2022

Nos horizons

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Jaujac - Juillet 2022

 

Passer sur l'autre rive

le cœur volcan

la tête ivre

et regarder en arrière

ce qu'il reste de nous

à peine une trace

juste un souvenir fugace

 

Nos résidences ne garderont pas longtemps

nos empreintes

mais le vieux pont tiendra bon

sans crainte ni abandon

jusqu'au seuil de nos horizons

 

TP

21/08/2022

Paiolive

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Bois d Païolive - Juillet 2022

 

Païolive

il y pousse des cailloux

des arbres et des cailloux

des pierres et des cailloux

 

des pierres qui roulent

et n'amassent pas mousse

 

un ours lèche

le miel d'un rocher

tandis que sèche l'olive

dans toute l'Ardèche

 

TP

21:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

18/08/2022

Le bâtiment

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Dans Labeaume un bâtiment

s’avance vers nous

un paquebot  de fière allure

fendant l’azur

plus qu’un océan

 

et nous devant

à rêver de croisières et de mers

de steamers et de brumisateurs

de pas sous la lune cherchant la fortune

dans quelques fraîcheurs opportunes

pour oublier

la canicule

 

mettre les voiles

sous les étoiles

ou la pluie bénie

serait le paradis

 

TP