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27/06/2022

Les arbres

arbres.jpgLes arbres m'apprennent la discrétion. J'admire leur retenue, leur timidité. Aucune frondaison ne s'emmêle aux autres. Aucun tronc ne nuit à ses voisins. Les arbres ont l'infinie noblesse de ne pas se toucher. Chacun tire de la terre la force de se hisser au ciel, en silence. (p. 86) 

Sylvain Tesson  La Voie royale  (Pocket)

21:00 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0)

21/06/2022

Fête de la musique

Fête de la musique avec le Choral du Veilleur de JS Bach

15/06/2022

Un été avec Rimbaud

rimbaud.jpgTous les étés depuis dix ans, France Inter et les éditions de l'Equateur nous invitent à passer un été avec un auteur. Cette année ce sera Colette.

Mais l'an passé, Sylvain Tesson s'est attaqué au mythe Rimbaud en le sortant de la kermesse biographique et en le dépoussiérant de ses vieux habits de jeune monstre de la poésie : Rimbaud anarchiste, communard, voyou, punk, beatnik, sauvage, avant-gardiste, moderne, trouvère, futuriste... Certes mais surtout Rimbaud, poète.
A ses côtés, Sylvain Tesson marche et traverse les paysages réels ou imaginaires suivant le cap tracé par René Char : « Rimbaud poète, cela suffit et cela est infini » A la vitesse de l'éclair mais aussi avec humour et lucidité, des Ardennes au désert africain Sylvain Tesson en voyageur aventureux perce à jour le voyant monstrueux qui révolutionna la poésie et qui n'avait qu'un ennemi : l'ennui.
Un été particulièrement incandescent où la route est une illumination.
Un été avec Rimbaud est le 9e titre de la collection.

Après avoir écouté quelques extraits l'été dernier, je viens de lire cet ouvrage décapant et fascinant. Rimbaud est vivant.

20:02 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0)

25/05/2022

Chantier du poème

chantier.jpg

L’arrivée du poème est multiple.
La plupart du temps, il progresse comme une vague qui déroule sa turbulence d’images et de mots.
Il s’organise parfois autour d’un mot clef.
Mot-noyau, tombant dru, bousculant le vocabulaire pour se chercher plus loin.
Mais plus encore : soulèvement du dedans; mouvement en quête de ses rythmes, de sa forme-paroles.

Greffes, le mot s’impose.
Cet œil, ce bourgeon inséré dans le vif d’une plante, me parle infiniment.

Greffe qui donne lieu à une vie autre; à un renouveau à partir d’une blessure, d’un manque.

Les analogies affluent, les images se chevauchent.
Je les accepte, je les inscris, en vrac.
Les mots viennent dans une sorte de tohu-bohu, à l’intérieur duquel – plus tard, je le sais -, je découvrirai mon pain, mon eau; et comme une direction.

Rarement le poème m’est donné d’un trait.
En général, il m’arrive comme une matière brute, dans laquelle je fourrage et trouve, peu à peu, une ordonnance, des rapports, des sonorités.

Serrant les écrous, rejetant le plâtre, repoussant les écorces, je tente d’aller au plus près de ce mouvement initial qui fait écrire.
De ce mouvement qui – peut-être, tout simplement – fait vivre, en densité.

Souvent, très souvent, presque malgré moi, je me trouve en face des mêmes thèmes.
Balancement des contraires : obscur-clair, horreurs-beauté, grisaille-souffles, puits-ailes, dedans-dehors, chant et contre-chant.

Pouble-pays, en apparence; mais que la vie brasse, ensemble, inépuisablement.

Les mots, je les souhaite au service d’un sens (dont la raison ne rend jamais tout à fait compte).
Au service d’une signification qui puisse être partagée.
Ou – du moins – d’une question si primordiale, qu’elle pourrait être celle de tous, et de chacun.

Je m’attelle pour cela à un long travail d’éluci-dation; m’efforçant à la transparence des mots, cherchant pour autant à ne pas affadir le troublant mystère de la poésie, de la vie.

J’aime que le mot soit rétif.
Mot sur lequel on bute, et sans lequel le poème ne tiendrait pas.
J’aime le traquer ce mot, partout : dans la vie courante, dans d’autres textes, dans le journal, sur une affiche, dans le métro…
Soudain, il tombe comme un fruit mûr sur un sol en attente; ou se laisse capturer, comme l’oiseau, dans les filets patiemment tendus.

Ce mot que l’on sent juste (qui sonne juste, je lis haut pour l’oreille) fait que l’on peut quitter le poème, en repos.
On s’éloigne, libre; pour renaître, haletant, devant le texte à venir.

Rien de moins abstrait, de moins factice, que cette préoccupation.
Le corps, la circulation sanguine, la respiration s’en ressentent.

La poésie, par moments, nous grefferait-elle à la totalité, à l’ouvert?
A la vraie vie?

 

Andrée Chédid

 
 
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00:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (1)

24/05/2022

La lettre

lettre.jpg

Elle vient subrepticement, se pose

Neigeuse colombe

Sur la table d’écoute

Où palpitent d’invisibles murmures

Elle voudrait te tenir aux abords
De la merveille
Mais ajuste distance
Entre toi et sa déchirure

L’ouvrant

Tu portes les mots à tes yeux

Jusqu’à en oublier le tard

Et les calligraphies des ombres sur le mur

Tu lis

Au plus creux de tes jours

L’éternité

Trop courte pour l’étonnement.

Là-bas, de l’autre côté des vents
Il fait immensément calme

Hors du temps

Où les ombres n’assiègent plus

Où la mort n’atteint pas

Cette aube du regard hier recru de larmes

Ce hautbois

Ce chant détaché de sa branche

Ces cristaux de neige

La brume fibre à fibre se déchire
En volutes d’encens
S’élève des étangs

Chaque instant lesté d’éternel

Nous jubilons dans l’assemblée des arbres.

 

Gilles Baudry

21:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

20/05/2022

Vangelis

en hommage à Vangelis, compositeur disparu le 19 mai 2022.