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27/05/2006

Bonne fête maman

Demain, c'est la fête des mères. Bien sûr les commerçants vont en profiter pour remplir leurs caisses dans cette société où toutes les occasions sont bonnes pour tirer profit. Mais je trouve qu'il est facile d'acheter le dernier livre ou CD à la mode dont on ne parlera plus dans trois mois, ou le dernier bijou qui sera ringard dès la saison prochaine, ou encore un de ces objets inutiles qui sera déposé sur le buffet de la salle à manger.

Un cadeau s'il n'est pas accompagné d'amour n'est pas un cadeau. L'amour seul est cadeau, le reste n'est que signe.

Je me souviens quand j'étais petit, que je portais encore des culottes courtes pour aller à l'école... on préparait la fête des mères. Pendant les heures de travaux manuels, comme on disait, on apprenait à se servir de nos doigts pour confectionner les cadeaux qu'on allait offrir. Par là passait l'apprentissage du savoir faire et du savoir aimer. Le coeur n'était pas loin des doigts.

Je me souviens d'un tableau de feutrine représentant une corbeille de fruits; d'une boite de camembert habillée de tissus et patiemment décorée qui devenait boîte à bijoux; d'une bouteille peinte qui se transformait en vase de salon...  Plus tard, avec mes frères et ma soeur, on avait "cassé" notre tire-lire pour acheter six tasses à café avec les soucoupes assorties. Ô je les vois toujours ces tasses, elles servent toujours quarante ans après, ce n'était pas de la porcelaine, mais de l'arcopal blanc avec des fleurs rouges tout autour: nous savions bien que la véritable valeur était bien au-delà du prix (déjà important pour des enfants).

Aujourd'hui, ces bons moments ne sont pas tellement disparus... Je suis toujours émerveillé quand je vois des enfants offrir un dessin à leur maman. Mon regard d'adulte sait voir cela, peut-être parce que l'enfant vit toujours en moi.

Bonne fête maman!

TP

04/04/2006

Tant de belles choses

Même s'il te faut lâcher la main

Sans pour autant te dire « à demain »

Rien ne défera jamais nos liens…

Même s’il me faut aller plus loin

Couper des ponts, changer de train,

L’amour est plus fort que le chagrin…

L’amour qui fait battre nos cœurs

Va sublimer cette douleur,

Transformer le plomb en or

Tu as tant de belles choses à vivre encore…

Tu verras au bout du tunnel

Se dessiner un arc-en-ciel

Et refleurir le lilas

Tu as tant de belles choses devant toi

Même si je veille d’une autre rive

Quoique tu fasses, quoiqu’il t’arrives

Je serai avec toi comme autrefois

Même si tu pars à la dérive

L’état de grâce, les forces vives

Reviendront plus vite que tu ne crois

Dans l’espace qui lie ciel et terre

Se cache le plus grand nombre des mystères

Comme la brume voilant l’aurore

Il y a tant de belles choses que tu ignores

La foi qui abat les montagnes

La source blanche dans ton âme

Penses-y quand tu t’endors

L’amour est plus fort que la mort…

Texte : Françoise Hardy - Musique : Pascale Daniel, Alain Lubrano - 2004

27/03/2006

Où mets-tu ton bonheur?

Interrogé par El Pais (journal espagnol), le ténor Andrea Bocelli s'exprime sur sa florissante situation financière: "J'ai plus que ce dont j'ai besoin (...) Je pense que mon plus grand problème est justement celui-là: je suis aussi contaminé par la tentation de l'argent qui ensuite ne sert à rien (...) Avec un livre, un piano et un ami invité à diner, une personne n'a besoin de rien d'autre."

Devant l'argent, nous sommes tous inégaux: il y a ceux qui en trop malgré eux; il y a ceux dont le gain se justifie; il y a ceux qui ne méritent pas ce qu'ils ont; il y a ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts; il y a ceux qui économisent; il y a ceux qui dépensent sans discernement le peu qu'ils ont...

Le bonheur est sans doute d'avoir ce qu'il faut pour vivre dignement, mais ne réside-t-il pas aussi dans le partage des simples choses de la vie? "Un livre, un piano et un ami à diner..." ou mieux un disque de Bocelli qu'on fait découvrir à un ami de passage ou un voisin, le soir, alors que la nuit tombe sur une journée de travail. Après avoir 'gagné sa journée', nous pouvons partager les fruits de l'amitié, de la musique et de bien d'autres choses... et c'est ça la plus belle richesse, celle qu'on ne pourra pas nous voler et qu'on emportera au paradis. TP

26/03/2006

A-Dieu, Christine!

Christine, on se connaissait un peu. Tu venais me dire bonjour quand j'allais faire mes courses à la petite surface du quartier. Pour les fêtes de fin d'année, je t'achetais des cartes de voeux que tu vendais pour ATD-Quart-Monde.Tu étais seule, tes enfants sont partis loin pour vivre leur vie. Tu as connu la misère, mais les gens du quartier t'ont beaucoup aidé. Tu avais retrouvé la foi, tu venais à la messe de temps en temps le dimanche, tu avais ta place dans la communauté, tu étais reconnue comme une personne à part entière. Une de tes plus grandes joies, je m'en souviens, c'est le soir où tu es venue témoigner au Conseil de Doyenné; le responsable d'ATD Quart-Monde t'avait laissé la parole; c'était la première fois de ta vie que tu prenais la parole devant une assemblée de laïcs engagés et de prêtres, une chose que tu ne t'avais jamais imaginé possible, car, c'est vrai, tu n'avais pas la parole facile comme on dit, et tu en as été capable! et ton témoignage a été fort! la preuve, c'est que je m'en souviens toujours. Je t'avais fait part de ma reconnaissance quelques jours après.

C'est à tout cela que j'ai pensé quand hier soir, juste avant la messe, j'ai appris qu'une crise cardiaque t'avait enlevée de nous la nuit précédente. Je te dois bien cet hommage, toi qui m'a ouvert les yeux sur la misère et la détresse qui n'existent pas qu'au loin. Merci. Et que Le Seigneur t'accueille dans son bonheur. TP

15/03/2006

Ma France

Ce matin, en écoutant les infos, les grèves annoncées pour demain... en pensant à la France qui a du mal à chanter son cocorico vu que tous les coqs doivent être confinés, j'ai fredonné cette très belle chanson que Jean Ferrat créa en 1969.

Je l'aime surtout pour ces deux phrases: "Picasso tient le monde au bout de sa palette / Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes" et pour la voix chaude de son interprète qui se fait trop rare aujourd'hui.

De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France

 

10/03/2006

La dame aux yeux fermés

Nous étions peu nombreux, environ une douzaine de personnes, à une lecture de poèmes à la médiathèque cette semaine, dans le cadre du Printemps des Poètes. Les gens ne sortent pas quand il pleut... mais surtout, les gens ne sortent pas pour écouter de la poésie! De quoi ont-ils peur?

Parmi nous, il y avait une vieille dame, venue seule, avec un long manteau et un bonnet sur la tête qu'elle n'a pas quitté de toute la veillée. Elle n'a parlé à personne et personne ne lui a parlé non plus. Chose étrange, elle a toujours gardé les yeux fermés. Sans doute était-elle mal voyante, car tout à coup, entre la lecture de deux poèmes d'un recueil dont le titre est "Recueillement", voici que sa montre se met à parler: "Il est 21h". Petit sourire de tout le monde, bien sûr, mais la vieille dame n'a pas bougé d'un poil, on pourrait même dire d'un cil! Elle était dans le recueillement, elle méditait chaque parole, elle était sans doute venue se ressourcer. Discrète, personne ne l'a vue partir avec son plein de poésie.

J'ai trouvé sa présence surprenante et belle, presqu'un témoignage. Chacun de nous a beaucoup reçu dans cette soirée, nous nous le sommes partagés, et elle, par sa seule et simple présence et par son silence nous a dit que le plus cadeau était intérieur: la poésie comme source et racines de ce qui fait nos vies, comme ce qui alimente le feu de nos coeurs, comme ce qui calme notre faim et nous enchante... le reste n'est que bavardage dans un monde de bruits. Merci madame. TP