25/11/2011
La beauté aujourd'hui
PAUL-HENRI MOINET – Tout le monde parle d’art et plus personne de beauté.
Les marchands vous répètent que le marché de l’art est mondial, les maisons de vente font exploser les enchères, les puissants mesurent leur pouvoir à la valeur de leurs collections privées, les grandes foires internationales affichent leurs artistes comme des trophées dans des listes folles, succédanés contemporains des listes de saints d’hier.
Le programme, demandez le programme, à la lettre B comme Bâle, vous aurez Barcelo, Barney, Barry, Baselitz, Basquiat, Beckmann, Bellmer, Boltanski, Beuys, Boetti, Bourgeois, Bustamante, Broodthaers, Brancusi, Boyce, Braque ; à la lettre P, Paik, Paladino, Penone, Petitbon, Picasso, Picabia, Pistoletto, Poliakoff, Polke, Pollock, Prince.
La beauté est devenue une idée archaïque, inaccessible, indifférente, insignifiante, un concept inutile et presque illégitime pour comprendre l’art. La beauté, on s’en fout, seul l’art sauve, semble dire notre époque. Pauvre beauté, l’art l’a dévorée depuis longtemps et avec elle ses critères, ses moyens et ses fins ; l’art est un ogre, tantôt sublime tantôt monstrueux, qui se moque bien de la beauté, une vache sacrée qui rumine les angoisses et les espoirs du temps présent. La beauté, qui croit encore à cette bluette ? Ce n’est plus qu’une rubrique cosmétique dans la presse féminine, un marché publicitaire qui vous vend l’immortalité sous la forme de la jeunesse éternelle, l’autre nom de la mode. La beauté, je la veux fatale sinon rien.
Dans une petite conférence intitulée Oeil ouvert et cœur battant, donnée au Collège des Bernardins dont Antoine Guggenheim rappelle joliment qu’il est une maison consacrée à la beauté et à la vérité, l’académicien François Cheng a le grand mérite de réhabiliter un peu la beauté, son rôle dans la grande aventure humaine, sa part créatrice dans la formation de chaque personnalité. Rappelant qu’il n’y a pas d’humanité sans désir de beauté, il formalise les principes d’une nouvelle éducation esthétique. Au fait papa, ça sert à quoi la beauté ?
La beauté est une école d’humilité et d’attention. “Il faut sauver les beautés offertes et nous serons sauvés avec elles. Pour cela il nous faut, à l’instar des artistes, nous mettre dans une posture d’accueil, ou alors, à l’instar des saints, dans une posture de prière, ménager constamment en nous un espace vide fait d’attente attentive, une ouverture faite d’empathie d’où nous serons en état de ne plus négliger, de ne plus gaspiller, mais de repérer ce qui advient d’inattendu et d’inespéré”.
La beauté nous apprend à aimer car elle est la conscience exaltée de ce qui est unique en chaque chose. “C’est avec l’unicité des êtres que commence la possibilité de la beauté. L’unicité transforme chaque être en présence, laquelle, à l’instar d’une fleur ou d’un arbre, n’a de cesse de tendre vers la plénitude de son éclat singulier, qui est la définition même de la beauté”.
La beauté est l’initiation la plus parfaite à la bonté.
Cheng cite Bergson à la rescousse : “le degré suprême de la beauté est la grâce mais par le mot grâce on entend aussi la bonté. Car la bonté suprême, c’est cette générosité d’un principe de vie qui se donne infiniment”.
La beauté nous prépare à la compassion universelle. Cette fois, c’est Nabokov qui arrive à la rescousse, Nabokov qui posait cette égalité, art = beauté + pitié, une pitié, commente Cheng, qui est le contraire de l’apitoiement, car “nous procurant un regard distancié , elle nous rappelle combien notre existence est précaire et précieuse à la fois”.
La beauté est une machine à produire de l’humanité. Sous les figures, elle révèle les présences, sous les problèmes, elle débusque les énigmes, rendant ainsi le monde plus habitable et la vie bien plus vive. “Grâce à elle, le monde est plein d’appels et d’attraits, plein de signes et de sens et notre existence se charge de désirs et d’élans” .
La beauté nous console de l’esprit trop raisonneur. Elle fait apparaître les choses dans leur fulgurance fragile et rend sensible l’élan vital qui les relie. “Tant qu’il y aura une aurore qui annonce le jour, un oiseau qui se gonfle de chant, une fleur qui embaume l’air, un visage qui nous émeut, une main qui esquisse un geste de tendresse, nous nous attarderons sur cette terre si souvent dévastée”.
La beauté nous aide, surtout, à décentrer notre regard. “Pour un œil occidental habitué à la peinture classique où les personnages sont campés au premier plan, le petit personnage dans le tableau chinois paraît complètement perdu, noyé dans la brume du Grand Tout. Mais avec un peu de patience et d’abandon, on s’aperçoit que ce petit personnage est le point névralgique du paysage, qu’il est l’œil éveillé et le cœur battant d’un grand corps. Si nous pouvons penser l’univers, c’est que l’univers pense en nous. L’homme est fait pour être le cœur battant et l’œil éveillé de l’univers vivant. Il n’est pas cet être déraciné, éternel solitaire qui dévisage l’univers d’un lieu à part”.
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20/11/2011
Fête du Christ-Roi
Être serviteur du Christ-Roi, ce n’est pas partager une puissance, c’est partager un service, c’est entrer dans le service du pasteur attentif à la brebis égarée, c’est entrer dans le service de ce pasteur soucieux de rassembler tout le troupeau, c’est entrer dans le service de ce pasteur vigilant qui accompagne l’ensemble des brebis, celles qui le connaissent, comme celles qui ne le connaissent pas. Ainsi, nous pouvons vraiment célébrer le Christ-Roi non pas comme une sorte de revanche sur l’humiliation où peut se trouver parfois notre foi chrétienne et notre Église, mais comme une expérience qui nous fait découvrir la véritable maîtrise de Dieu sur le monde : il revêt la tenue du service, le tablier noué à la ceinture pour se mettre aux pieds de l’humanité représenté par les disciples.
Cardinal André Vingt-Trois
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19/11/2011
Chaque petite action
Chaque petite action est un événement immense où le Paradis nous est donné, où nous pouvons donner le paradis.
Qu'importe ce que nous avons à faire : un balai ou un stylo à tenir; parler ou se taire; raccommoder ou faire une conférence; soigner un malade ou taper à la machine.
Tout cela n'est que l'écorce d'une réalité splendide, la rencontre de l'âme avec Dieu, à chaque minute renouvelée, à chaque minute accrue en grâce, toujours plus belle pour son Dieu.
On sonne ? Vite, allons ouvrir .
c'est Dieu qui vient nous aimer.
Un renseignement ? le voici:
c'est Dieu qui vient nous aimer.
C'est l'heure de se mettre à table: allons-y :
c'est Dieu qui vient nous aimer.
Laissons-le faire. »
( Madeleine Delbrêl, "La sainteté des gens ordinaires", tome VII des Œuvres Complètes 2009 - Nouvelle Cité - Nous autres, gens des rues, p30)
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06/11/2011
La sagesse
La Sagesse est resplendissante, elle est inaltérable. Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l'aiment, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent.
Elle devance leurs désirs en se montrant à eux la première.
Celui qui la cherche dès l'aurore ne se fatiguera pas : il la trouvera assise à sa porte.
Ne plus penser qu'à elle prouve un parfait jugement, et celui qui veille en son honneur sera bientôt délivré du souci.
Elle va et vient pour rechercher ceux qui sont dignes d'elle ; au détour des sentiers, elle leur apparaît avec un visage souriant ; chaque fois qu'ils pensent à elle, elle vient à leur rencontre.
Livre de la Sagesse 6,12-16
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02/11/2011
Comme un veilleur
Face aux problèmes de toutes sortes qui nous assaillent, on serait tenté de penser que Dieu ne fait plus attention à nous. Autour de nous, on nous chante : "Où est-il, ton Dieu?" Dieu nous fait parfois attendre, mais il a son plan, et son heure.
L'important est de ne jamais désespérer, de tenir bon à travers tout. Et de guetter sa venue, comme un veilleur qui attend l'aurore.
Il se tait aussi pour t'obliger à le chercher davantage, pour voir si tu vas tenir dans la nuit, si tu vas lui faire confiance jusqu'au bout.
La prière de l'attente, c'est de rester en paix et silence devant Dieu, le temps qu'il faudra, en lui faisant confiance pour tout. Mais rassure-toi, il n'est pas sourd, il entend ta prière, et en temps voulu il agira vite (Is 60,22).
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23/10/2011
Heureux
" Ne laissez jamais personne venir à vous et repartir
sans être plus heureux"
Mère Térésa
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