01/06/2007
René Char: entre fureur et poésie
Centenaire de la naissance du poète René Char:
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Extrait de "Le Marteau sans maître", 1934 :
Commune présence
Tu es pressé d'écrire,
Comme si tu étais en retard sur la vie.
S'il en est ainsi fais cortège à tes sources.
Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en retard sur la vie,
La vie inexprimable,
La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir,
Celle qui t'est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
Au bout de combats sans merci.
Hors d'elle, tout n'est qu'agonie soumise, fin grossière.
Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
En t'inclinant.
Si tu veux rire,
Offre ta soumission,
Jamais tes armes.
Tu as été créé pour des moments peu communs.
Modifie-toi, disparais sans regret
Au gré de la rigueur suave.
Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
Sans interruption,
Sans égarement.
Essaime la poussière
Nul ne décèlera votre union.
René Char
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09/05/2007
De Toi à moi

Je suis de glaise
Tu es de souffle
je suis de cendre
Tu es de braise
je suis de miettes
Tu es le pain
je suis de larmes
Tu es de source
je suis d'impasses
Tu es le chemin
je suis d'absence
Tu es de veille
je suis de houle
Tu es de paix...
viens rouler la pierre
de mes enfermements
que Ta vie enfin
traverse de Toi à moi!
Francine Carrillo
"A fleur de visage"
ed. Ouverture - 2005
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01/05/2007
Muguet
Qui m'offrira un peu de muguet en poèmes? A vos plumes! TP
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11/04/2007
Lettre d'amour
Dans le cadre de la semaine du Printemps des Poètes, il m'a été demandé d'écrire une Lettre d'amour puisque c'était le thème d'écriture de cette année. Celle-ci a été exposée au Lavoir d'Ardelay aux Herbiers (85) dans l'exposition de Sofie Vinet.
C'est mon ami W. Ruhlmann qui a l'honneur de la publier dans le numéro de printemps de sa revue Mauvaise Graine.
Pour la lire et découvrir MG, c'est ICI.
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28/03/2007
Hymne du matin
Ô Père des siècles du monde
Voici le dernier-né des jours
Qui monte
À travers nous à la rencontre
Du premier-né de ton amour.
C’est lui qui pour toi fit éclore,
C’est lui qui devant toi chantait
L’aurore
Quand il n’était pas d’homme encore
Pour avoir part à sa beauté.
Par lui tout demeure en genèse,
Nos jours dans leur vieillissement
Se dressent
À leur éveil vers sa jeunesse,
Car il se lève à l’Orient,
C’est lui qui sans cesse ranime,
C’est lui qui sur les temps maintient
Cette hymne
Emerveillée dès l’origine
Devant l’ouvrage de tes mains.
Voici la nouvelle lumière
Montant au plus secret des corps,
Ô Père,
Envoie le souffle sur la terre
Du Premier-né d’entre les morts
Patrice de La Tour du Pin
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24/03/2007
Robes blanches
Ainsi vous ai-je vu avancer dans la poussière d'été, toute légère dans votre robe toute blanche.
Celle qu'on aime, on la voit s'avancer toute nue. Elle est dans une robe claire, semblable à celles qui fleurissaient autrefois le dimanche sous le porche des églises, sur le parquet des bals. Et pourtant elle est nue - comme une étoile au point du jour. A vous voir, une clairière s'ouvrait dans mes yeux. A voir cette robe blanche, toute blanche comme du ciel bleu.
Avec le regard simple, revient la force pure.
Je vous reconnaissais. Vous étiez celle qui dort tout au fond du printemps, sous les feuillages jamais éteints du rêve. Je vous devinais depuis longtemps déjà, dans la fraîcheur d'une promenade, dans le bon air des grands livres ou dans la faiblesse d'un silence. Vous étiez l'espérance de grandes choses. Vous étiez la beauté de chaque jour. Vous étiez la vie même, du froissé de vos robes au tremblé de vos rires.
Christian Bobin, extrait de "Une petite robe de fête".
Photo prise à l'exposition de Sofie Vinet aux Herbiers.
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