25/06/2008
Voix du silence

En toute vie le silence dit Dieu,
Tout ce qui est tressaille d’être à lui !
Soyez la voix du silence en travail,
Couvez la vie, c'est elle qui loue Dieu !Pas un seul mot, et pourtant c'est son Nom
Que tout sécrète et presse de chanter ;
N’avez-vous pas un monde immense en vous ?
Soyez son cri, et vous aurez tout dit.
Il suffit d’être, et vous vous entendrez
Rendre la grâce d’être et de bénir ;
Vous serez pris dans l’hymne d’univers,
Vous avez tout en vous pour adorer.
Car vous avez l’hiver et le printemps,
Vous êtes l’arbre en sommeil et en fleurs ;
Jouez pour Dieu des branches et du vent,
Jouez pour Dieu des racines cachées.
Arbres humains, jouez de vos oiseaux,
Jouez pour Lui des étoiles du ciel
Qui sans parole expriment la clarté ;
Jouez aussi des anges qui voient Dieu.
Patrice de la Tour du Pin
08:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
23/06/2008
Notes estivales
Notes estivales

C’est l’été
Et pourtant le soleil
Semble bien endormi
Stupide solitude
Si seulement tu égayais
Le chant des cigales
Do ré mi
C’est l’été
L’astre fâché caracole
Parmi les ondées
Lassitude
Si la
C’est l’été
Et voilà le soleil
Qui enfin nous réjouit
Rêve ou béatitude
Si seulement tu égayais
Le champ des tournesols
Si do ré
C’est l’été
L’astre frivole batifole
Un jour de solstice
Complicité
Sol la si do ré
Merci à Myriam, l'auteur de ce poème
08:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
20/06/2008
Dieu est musique

Dieu est musique
Je n'ai pas voulu créer la musique, dit Dieu,
je vous ai laissé le soin de l'inventer
pour votre joie et pour ma gloire,
afin que vous ajoutiez vous-mêmes
à la beauté du monde que je vous donne.
J'ai fait toute chose dans l'univers,
et j'ai fait aussi le bruit particulier de chaque chose.
J'ai fait la lune et le soleil
et leur muet dialogue au long des nuits et des jours.
J'ai fait les étoiles fidèles
et leur langage sans parole.
J'ai fait la terre, solide et sûre,
et le silence des sommets et celui des vallées.
J'ai fait les océans pleins de mystères
et leur mugissement innombrable
J'ai fait les sources, les ruisseaux, les rivières et les grands fleuves,
leur murmure et leur grondement.
J'ai fait la pluie si bienfaisante
et son clapotis sur les étangs, sur les feuilles et sur les toits.
J'ai fait les vents qui aiment jouer
avec les champs de blé, avec les arbres des forêts.
J'ai fait le tonnerre, le terrifiant tonnerre,
et son immense roulement à travers les nuages.
J'ai fait les animaux, chacun avec sa voix,
pour qu'ils disent le désir et la plainte,
le bonheur d'exister et la peur de la mort. J'ai fait tous les oiseaux
et je leur ai donné la grâce de chanter. J'ai fait les Anges aussi
qui remplissent mon ciel de leur immense louange.
Et puis je vous ai faits,
homme et femme je vous ai faits,
avec votre oreille et votre voix,
- une voix plus haute, une voix plus basse
qui peuvent l'une à l'autre s'accorder -
pour que tendant l'oreille
au rythme de votre souffle, aux battements de votre sang
et à tout être bruissant dans ce monde,
vous entendiez que tout est son
et soyez capables d'en jouir et d'en jouer.
Je vous ai faits ainsi
pour que vous fassiez de toute chose musique
et que vous-mêmes deveniez musique,
à l'image de ce que je suis.
A l'enseigne de Pâques, Le Cerf, 2007, p. 9
Didier Rimaud08:00 Publié dans Musiques, Poèmes, Prières | Lien permanent | Commentaires (0)
15/06/2008
Bonne fête, papa!
Un papa
Un papa rapluie
Qui me fait un abri
Quand j'ai peur de la nuit.
Un papa ratonnerre
Je ne sais pas quoi faire
Quand il est en colère
Un papa rasol
Avec qui je m'envole
Quand il rigole
Un papa tout court
Que je fête en ce jour
Avec tout mon amour
08:02 Publié dans Actualités, Poèmes | Lien permanent | Commentaires (1)
13/06/2008
Le voyageur

Le Voyageur
Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant
La vie est variable aussi bien que l'Euripe
Tu regardais un banc de nuages descendre
Avec le paquebot orphelin vers les fièvres futures
Et de tous ces regrets de tous ces repentirs
Te souviens-tu
Vagues poisons arqués fleurs surmarines
Une nuit c'était la mer
Et les fleuves s'y répandaient
Je m'en souviens je m'en souviens encore
Un soir je descendis dans une auberge triste
Auprès de Luxembourg
Dans le fond de la sale il s'envolait un Christ
Quelqu'un avait un furet
Un autre un hérisson
L'on jouait aux cartes
Et toi tu m'avais oublié
Te souviens-tu du long orphelinat des gares
Nous traversâmes des villes qui tout le jour tournaient
Et vomissaient la nuit le soleil des journées
Ô matelots ô femmes sombres et vous mes compagnons
Souvenez-vous en
Deux matelots qui ne s'étaient jamais quittés
Deux matelots qui ne s'étaient jamais parlé
Le plus jeune en mourant tomba sur le coté
Ô vous chers compagnons
Sonneries électriques des gares chants des moissonneuses
Traîneau d'un boucher régiment des rues sans nombre
Cavalerie des ponts nuits livides de l'alcool
Les villes que j'ai vues vivaient comme des folles
Te souviens-tu des banlieues et du troupeau plaintif des paysages
Les cyprès projetaient sous la lune leurs ombres
J'écoutais cette nuit au déclin de l'été
Un oiseau langoureux et toujours irrité
Et le bruit éternel d'un fleuve large et sombre
Mais tandis que mourants roulaient vers l'estuaire
Tous les regards tous les regards de tous les yeux
Les bords étaient déserts herbus silencieux
Et la montagne a l'autre rive était très claire
Alors sans bruit sans qu'on put voir rien de vivant
Contre le mont passèrent des ombres vivaces
De profil ou soudain tournant leurs vagues faces
Et tenant l'ombre de leurs lances en avant
Les ombres contre le mont perpendiculaire
Grandissaient ou parfois s'abaissaient brusquement
Et ces ombres barbues pleuraient humainement
En glissant pas à pas sur la montagne Claire
Qui donc reconnais-tu sur ces vieilles photographies
Te souviens-tu du jour ou une abeille tomba dans le feu
C'était tu t'en souviens à la fin de l'été
Deux matelots qui ne s'étaient jamais quittés
L'aîné portait au cou une chaîne de fer
Le plus jeune mettait ses cheveux blonds en tresse
Ouvrez-moi cette porte ou je frappe en pleurant
La vie est variable aussi bien que l'Euripe
Apollinaire
08:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
06/06/2008
Le chant
« Le chant
Peut être un cri
Qui se retient,S’étonnant
De ce qu’il devient. » (Le Chant)« Le chant
C’est comme l’eau du ruisseau
Qui coule vers les galets,Vers la source.
C’est la promesse
De la source au soleil. » (Le Chant)
GUILLEVIC (1907 - 1997)
08:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)


















