21/04/2008
La mémoire

A même la mémoire
comme flottaison
c’est la tranquille histoire
d’une île sans saison
et quand meurt la mémoire
à l’ultime oraison
c’est la fin de l’histoire
à plus forte raison
TP
17:30 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
17/04/2008
Quand il est mort le poète...
Le poète et homme politique Aimé Césaire est mort aujourd'hui.
Partir. Mon coeur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : « J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies ».
Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : Embrassez-moi sans crainte... Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai».
Et je lui dirais encore :
« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. »
Et venant je me dirais à moi-même :
« Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle,car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse... »
Cahier d'un Retour
au pays natal
(Présence Africaine éditeur)
21:00 Publié dans Actualités, Hommage, Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
16/04/2008
Avril

Avril sur les genoux de la terre
Si haut dans le cyprès l'aile brune guette l'oubli
Le monde rebondit d'une feuille verte aiguayée
Dans l'instant bleu d'autres insectes éveillent le nord
Paume de sarments stellaires
Avril comme jardin de l'angle d'or
Blanche fontaine
Bernard Grasset dans "Soir d'exil"
10:46 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
12/04/2008
Mort au petit matin

Nuit aux quatre lunes,
avec un seul arbre,
une seule ombre,
un seul oiseau.
Je cherche sur mon corps
la chaleur de tes lèvres
la source baise le vent
sans le toucher.
J’ai le Non que tu m’offris
dans la paume de ma main
comme un citron de cire
presque blanc.
Nuit aux quatre lunes
avec un seul arbre.
A la pointe d’une aiguille
tourne, tourne mon amour !
Federico Garcia Lorca
08:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
06/04/2008
Un train...

un train jaillit
du bleu fouillis
blanc des orties
un long voyage
jette son fruit
au paysage
un coup de vent
et de klaxon
allument l’été
chargé de rêve
et d’appétit
un train s’enfuit
TP
08:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
04/04/2008
La page blanche

Au commencement
de soi-même
recourir au poème
sur une terre d'envol
Des premiers mots
du silence
à ceux
de la mort
il y a
neige d'oiseau:
la béance intime
à écrire
TP
*
illustration:
Magritte:La page blanche
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