08/03/2017
Printemps des poètes 3
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Cher frère blanc, Tandis que toi, homme blanc, Alors, de nous deux, Léopold SEDAR SENGHOR |
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07/03/2017
Printemps des Poètes 2
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06/03/2017
Printemps des Poètes
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25/02/2017
James Noël, poète enragé
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24/02/2017
Le pain se fait nuit

à Jean Bouhier
La nuit, dans des faubourgs délayés par la pluie,
J’ai marché sur l’asphalte avec des inconnus
Qui tenaient bon, qui se taisaient
Qui m’acceptaient tel que je suis.
Le jour venu, j’ai vu des hommes par milliers,
Sans mot dire, comme des plantes,
Recouvrir la marelle inerte de la terre
Et celle, absurde, de mes songes.
Et j’ai senti que je germais dans ce silence,
Qu’on attendait mon grain, que je n’étais pas seul
Puisque j’avais des mains pour prendre et pour donner.
Depuis, je ne sais plus si j’écris un poème
Ou si je fais aller la cloche de mon cœur
Sous l’océan des mots gâtés par la mémoire,
Mais je sais que ma voix est faite pour l’oreille
Et qu’on l’entend, comme j’entends chanter sous terre
Le boulanger blafard qui fait son pain la nuit.
*
Pour les hommes, pas d’autre église que ce pain
Qu’on prend à bras-le-corps comme une fiancée.
Elle aura pour vitraux les losanges du blé,
Le rouge ce sera celui de vos yeux rouges,
Repasseuses ! Vigies ! Gens des mines ! Le bleu
Celui de vos mains bleues de veines et de peines,
Mères flétries, maçons qui mangez sur le pouce,
Laboureurs, tâcherons, vieux chevaux de retour
Qui marchez pesamment au bras du petit jour.
*
J’ai vu des hommes par milliers comme des plantes.
Mais libres de mourir ou d’imposer au ciel
La fédération immense de leurs sèves
Et je les ai choisis, qui choisissaient eux-mêmes
L’Inespéré, dès lors qu’ils me tendaient la main.
C’était l’aurore et nous allions manger le pain
Qu’on fait la nuit – comme l’amour et les poèmes.
Poème de Jean Rousselot extrait de "Il n’y a pas d’exil", Seghers, 1954).
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11/02/2017
Intensité

4 heures du matin.
Dans ma chambre.
Soins intensifs.
Moi déshabillé de mes sécurités.
Moi nu désincarné.
Je décline tous les quarts d’heure
comme une leçon de latin
mon identité,
le calendrier,
et l’état des lieux.
On me prend la tension, la température.
On vérifie mes réflexes.
Avec le bip des machines
je n’ai pas entendu le chant du coq.
Peut-être n’a-t-il pas chanté ?
Je pense. Je parle. Je bouge.
Je suis.
Accepter.
Habiter ce corps cloué au lit
qui souffre
***
Rouge soleil levant.
Impressions pascales.
Mais aussi
aurore d’un orage qui secoue son drap
dans ma tête en tempête.
Et si c’était un coup de (la) grâce ?
Dimanche, Jour du Seigneur.
Mais ironie du sort,
dimanche de la santé aussi.
Tout va bien.
Tout est bien.
TP extrait de "Bon sang" inédit 2014
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