02/02/2017
Blessé d'amour

Ô mon Dieu, vous m'avez blessé d'amour
Ô mon Dieu, vous m'avez blessé d'amour
Et la blessure est encore vibrante,
Ô mon Dieu, vous m'avez blessé d'amour.
Ô mon Dieu, votre crainte m'a frappé
Et la brûlure est encor là qui tonne,
Ô mon Dieu, votre crainte m'a frappé.
Ô mon Dieu, j'ai connu que tout est vil
Et votre gloire en moi s'est installée,
Ô mon Dieu, j'ai connu que tout est vil.
Noyez mon âme aux flots de votre Vin,
Fondez ma vie au Pain de votre table,
Noyez mon âme aux flots de votre Vin.
Voici mon sang que je n'ai pas versé,
Voici ma chair indigne de souffrance,
Voici mon sang que je n'ai pas versé.
Voici mon front qui n'a pu que rougir,
Pour l'escabeau de vos pieds adorables,
Voici mon front qui n'a pu que rougir.
Voici mes mains qui n'ont pas travaillé,
Pour les charbons ardents et l'encens rare,
Voici mes mains qui n'ont pas travaillé.
Voici mon coeur qui n'a battu qu'en vain,
Pour palpiter aux ronces du Calvaire,
Voici mon coeur qui n'a battu qu'en vain.
Voici mes pieds, frivoles voyageurs,
Pour accourir au cri de votre grâce,
Voici mes pieds, frivoles voyageurs.
Voici ma voix, bruit maussade et menteur,
Pour les reproches de la Pénitence,
Voici ma voix, bruit maussade et menteur.
Voici mes yeux, luminaires d'erreur,
Pour être éteints aux pleurs de la prière,
Voici mes yeux, luminaires d'erreur.
Hélas ! Vous, Dieu d'offrande et de pardon,
Quel est le puits de mon ingratitude,
Hélas ! Vous, Dieu d'offrande et de pardon,
Dieu de terreur et Dieu de sainteté,
Hélas ! ce noir abîme de mon crime,
Dieu de terreur et Dieu de sainteté,
Vous, Dieu de paix, de joie et de bonheur,
Toutes mes peurs, toutes mes ignorances,
Vous, Dieu de paix, de joie et de bonheur,
Vous connaissez tout cela, tout cela,
Et que je suis plus pauvre que personne,
Vous connaissez tout cela, tout cela,
Mais ce que j'ai, mon Dieu, je vous le donne.
Paul Verlaine
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31/01/2017
La peau du poème

Et la peau
la peau du poème
pommade pour peau mate
texte tissu pour mercure
les rides sont des dunes
quand revient la pleine lune
écrire creuse le sillon
des âges et des blessures
et quand la mort fera sa piqûre
on videra le baume du flacon
pour la douce sépulture
du poète et de sa peau
poésie
extrait d'un poème inédit
TP
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25/01/2017
Sous l'aile du jour
Voici une voix(/e) « basse » et pourtant si haute, qui libère une autre cène que la scène des devants médiatiques. Moine poète, Gilles Baudry vit au bout du monde, à l’extrême pointe du monde, à son avant (avent), dans l’abbaye bénédictine de Landévennec, là où finissent les terres d’Occident, celles de la religion du soir et de la résurrection : « Ne devrions-nous pas marcher / Comme si la mort / Était derrière nous ? » Sous l’aile du jour rassemble près d’une cinquantaine de poèmes méditatifs écrits sur la pointe de l’âme et des pieds, dans l’ombre clandestine de la contemplation. Ici, l’écriture n’est point divertissement, mais au contraire perpétuelle conversion du regard contre toute acédie. Celui qui oriente le pèlerin d’Emmaüs de l’absolu n’est pas un Être éthéré volant dans les hautes sphères, mais ce Dieu minuscule au pied du plus humble au point d’en paraître invisible. Ici, les mots sont une ascèse, un exercice d’assouplissement spirituel pour passer sous la porte la plus basse : « Sortir de soi / par la porte des humbles. » La parole est le partage d’une sorte de cène intime et universelle. Tous les êtres (« artistes » ou non) y sont conviés. Tous en sont les bergers et les rois mages. Ainsi, le moine glisse-t-il ses pages bien aérées, bruissant légèrement au creux de l’oreille intérieure, comme des prières de remerciement, à ceux qui l’ont inspiré, qui ont redonné souffle à la Parole de résurrection – humaine lumière de Pierre Bonnard, rayonnement humble de Giorgio Morandi, bleu profond d’Alfred Manessier, dru dépouillement d’Alberto Giacometti, mais aussi bien ce merle aperçu dans le blanc de la neige, la lueur d’une larme ou ce parfum de paradis traversant un visage aimé à tel point que les anges semblent soudain jaloux, comme L’ange oublieux de Paul Klee : « Se demandant s’il doit / Ou non réduire l’envergure de ses ailes / Depuis que ce n’est plus en lui / Mais en nous-mêmes / Qu’un horizon se donne en héritage. »
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16/01/2017
Vis le jour d'aujourd'hui

Vis le jour d’aujourd’hui,
Dieu te le donne, il est à toi.
Vis le en Lui.
Le jour de demain est à Dieu
Il ne t’appartient pas.
Ne porte pas sur demain
le souci d’aujourd’hui.
Demain est à Dieu,
remets le lui.
Le moment présent est une frêle passerelle.
Si tu le charges des regrets d’hier,
de l’inquiètude de demain,
la passerelle cède
et tu perds pied.
Le passé ? Dieu le pardonne.
L’avenir ? Dieu le donne.
Vis le jour d’aujourd’hui
en communion avec Lui.
Et s'il y a lieu de t'inquiéter pour un être aimé,
regarde-le dans la lumière du Christ ressuscité.
Soeur Odette Prévost
petite soeur de Charles de Foucault
assassinée en Algérie le 10 novembre 1995
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08/01/2017
Epiphanie du Seigneur
Prière aux mages pour chercher avec eux

Votre cœur s'est mis en route vers Dieu
en même temps que vos pas
se dirigeaient vers Bethléem.
Vous cherchiez et Dieu guidait votre recherche
dès l'instant où vous l'avez entreprise.
Vous le cherchiez dont, lui, le Salut.
Vous le cherchiez au firmament du ciel,
mais aussi dans votre coeur ;
dans le silence
mais aussi dans les questions posées aux hommes.
Quand, arrivés près de l'Enfant,
vous vous agenouillez devant lui,
vous offrez l'or de votre amour,
l'encens de votre vénération,
la myrrhe de vos souffances
devant la Face du Dieu invisible (...).
Et toi, risque à ton tour le voyage vers Dieu !
Allons, en route !
Oublie le passé, il est mort !
La seule chose qui te reste, c'est l'avenir.
Regarde donc en avant :
la vie est là et ses possibilités entières,
Car on peut toujours trouver Dieu,
toujours le trouver davantage.
Un atome de réalité surnaturelle
a tellement plus de prix que nos rêves les plus grandioses :
Dieu est l'éternelle jeunesse et il n'y a point de place
pour la résignation dans son Royaume !
Méditation inspirée d'un texte de jésuite Karl Rahner (1904-1984)
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07/01/2017
Ne te prive pas d'être heureux

Il meurt lentement celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.
Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement celui qui évite la passion et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les cœurs blessés
Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n'a fui les conseils sensés.
Vis maintenant!
Risque-toi aujourd'hui!
Agis tout de suite !
(Pablo Neruda)
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