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17/08/2011

Pensées

pensées.jpgLes promesses ne sont parfois

qu’un envol de pensées

 

C’est ainsi

qu’entre le rêve et l’oubli

le plus beau des instants

est encore celui

qu’on attend

TP dans "Terre d'envol"

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12/08/2011

Danse

Danse tant que tu peux danser, danse autour de la terre,
Libre comme un poisson dans l'eau, comme un oiseau dans l'air,
Léger comme le vent qui danse dans les arbres
Ou le mat d'un bateau qui danse sous la vague.

Danse tant que tu peux danser sur les paves, sur l'herbe,
Sur une table de bistrot, a l'ombre des tavernes.
Viens, laisse-toi porter par toutes les musiques
Qui sortent d'un piano ou d'un vieux tourne-disque.

Danse tant que tu peux danser, danse autour de la terre,
Danse dans les bras de Margot ou Julie de Nanterre,
Danse pour retrouver l'amour et la folie,
Danse pour éblouir ton âme qui s'ennuie.

Danse tant que tu peux danser, danse autour de la terre,
Pour ne plus porter sur ton dos la mort et la misère
Et tu verras jaillir les sources souterraines,
Et les torrents de joie qui coulent dans tes veines.

Danse tant que tu peux danser, danse autour de la terre,
Danse pour qu'un printemps nouveau balaye les hivers.
Danse comme l'on vit, danse comme l'on aime,
Danse comme on écrit sur les murs un poème.

Danse tant que tu peux danser, danse autour de la terre,
Danse tant que tu peux danser. Viens, le bal est ouvert !
Danse tant que tu peux danser, danse autour de la terre,
Danse tant que tu peux danser. Viens, le bal est ouvert !

Georges Moustaki

11/08/2011

Le danseur immortel

contre-jour.jpg

Dans la moire des ombres

son corps immaculé

grâce de marbre veiné

 

Comme les roses il savait

apprivoiser l’éphémère

et toucher l’intangible

 

Purifié par le désir

d’aller toujours plus haut

et de vivre toujours plus vrai

 

Le danseur est mort

 

et il donne encore

en naissant à l’éternel aujourd’hui

une grande leçon de lumière

 

TP dans « Vif Opéra » 1995

Editions L’Aurore Boréale

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10/08/2011

Une brise de danses

danse.gif

Une brise de danses
Par
 une route sans fin
Les
 pas des feuilles plus rapides
Les
 nuages cachent ton ombre.

La
 bouche au feu d’hermine
À
 belles dents le feu
Caresse
 couleur de déluge
Tes
 yeux chassent la lumière.

La
 foudre rompt l’équilibre
Les
 fuseaux de la peur
Laissent
 tomber la nuit
Au
 fond de ton image

Paul Eluard

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05/08/2011

Ville

assis devant la ville.jpg

Il ne suffit pas d'un tas de maisons pour faire une ville
Il faut des visages et des cerises
Des hirondelles bleues et des danseuses frêles
Un écran et des images qui racontent des histoires

Il n'est de ruines qu'un ciel mâché par des nuages
Une avenue et des aigles peints sur les arbres
Des pierres et des statues qui traquent la lumière
Et un cirque qui perd ses musiciens

Des orfèvres retiennent le printemps dans des mains en cristal
Sur le sol des empreintes d'un temps sans cruauté
Une nappe et des syllabes déposées par le jus d'une grenade
C'est le soleil qui s'ennuie et des hommes qui boivent

Une ville est une énigme leurrée par les miroirs
Des jardins de papier et des sources d'eau sans âme
Seules les femmes romantiques le savent
Elles s'habillent de lumière et de songe

Métallique et hautaine,
La ville secoue sa mémoire
En tombe des livres et des sarcasmes, des rumeurs et des rires
Et nous la traversons comme si nous étions éternels.

Tahar Ben Jelloun
Paris, le 11 novembre 2005

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03/08/2011

L'homme et la mer

mer.JPG

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

Charles Baudelaire

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