14/09/2012
Légèreté

Comment cultiver, Seigneur,
la légèreté, l’allégresse ?
Cicatriser sans nier
ni renier la blessure ?
Se délivrer des chaînes
les plus pesantes et les plus subtiles ?
Celles dont on se libère
en arrachant un peu de chair ?
Aide-nous à faire fi
de l’expérience aigre ou satisfaite.
A passer l’éponge sur l’ardoise.
Permets-nous de renouveler à chaque aube
le vœu de bonté : Bienveillance, préjugé favorable,
oubli de l’offense, générosité et magnificence,
aisance et grâce.
Que nous allions vers ce qui vient,
les mains nues, le cœur simple,
sans anxiété ni impatience.
La joie du vif plutôt que le poids du mort.
Colette Nys-Masure,
Prières toutes simples pour le quotidien des jours
00:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (2)
07/09/2012
Pensées poèmes
Il y a des silences
Gros de silence.
Ils s'écoutent.
(Du domaine, p.24, Poésie/Gallimard)
Il n'y a pas d'ailleurs
Où guérir d'ici.
(Du domaine, p.41, Poésie/Gallimard)
De soi aussi
On a besoin.
(Du domaine, p.86, Poésie/Gallimard)
Courts sont tous les jours.
Courte encore est l'heure.
Mais l'instant s'allonge
Qui a profondeur.
(Sphère, p.72, Poésie/Gallimard)
Guillevic
00:00 Publié dans Pensées, Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
04/09/2012
L'école
L’école était au bord du monde
L’école était au bord du temps.
Au dedans c’était plein de rondes
Au dehors plein de pigeons blancs.
On y racontait des histoires
Si merveilleuses qu’aujourd’hui
Dès que je commence à y croire
Je ne sais plus bien où j’en suis.
Des fleurs y grimpaient aux fenêtres
Comme on n’en trouve nulle part,
Et dans la cour gonflée de hêtres
Il pleuvait de l’or en miroirs
Sur les tableaux d’un noir profond,
voguaient de grandes majuscules
Oui, de l’aube au soir nous glissions
vers de nouvelles péninsules.
L’école était au bord du monde,
L’école était au bord des temps.
Ah ! Que ne suis-je encor dedans
Pour voir, au dehors les colombes !
00:04 Publié dans Actualités, Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
03/09/2012
C'est la rentrée
Derniers soleils de la saison !
A sept ans comme il faisait bon,
Après d'ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !
La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été.
O temps charmant des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.
00:00 Publié dans Actualités, Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
02/09/2012
La mer
La mer s’est retirée,
Qui la ramènera ?
La mer s’est démontée,
Qui l’a remontera ?
La mer s’est emportée,
Qui la rapportera ?
La mer est déchaînée,
Qui la rattachera ?
Un enfant qui joue sur la plage
Avec un collier de coquillages.
J. Charpentreau
00:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (2)
22/08/2012
Sensation

Sensation
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue:
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai à rien:
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, - heureux comme avec une femme
Arthur Rimbaud
20:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)



















