24/05/2012
Il meurt lentement

Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n'écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.
Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude,
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements,
ou qui ne parle jamais à un inconnu.
Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions,
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés.
Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.
Vis maintenant !
Risque-toi aujourdhui !
Agis tout de suite !
Ne te laisse pas mourir lentement !
Ne te prive pas d'être heureux !
Pablo Neruda
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18/05/2012
L'écho
Rôdant, triste et solitaire
Dans la forêt du mystère,
J’ai crié le coeur très las :
- « La vie est triste ici-bas ! »
L’Écho m’a répondu : « Bah ! »
– « Écho, la vie est méchante ! »
Et, d’une voix bien touchante,
L’Écho m’a répondu : « Chante ! »
– « Écho, Écho des grands bois,
Lourde, trop lourde est ma croix ! »
L’Écho m’a répondu : « Crois ! »
– « La haine en moi va germer,
Dois-je rire ou blasphémer ? »
Et l’Écho m’a dit : « Aimer ! »
Comme l’Écho des grands bois
M’a conseillé de le faire :
J’aime, je chante et je crois !
Et je suis heureux sur terre !
Théodore Botrel (1868-1925)
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10/05/2012
Le bonheur
Psaume 4 verset 7
Le bonheur

Où trouver le bonheur ?
Chacun sa réflexion.
Devenir voyageur,
Est-ce la solution ?
Avoir son bout de terre ;
Et dessus sa maison.
Enfin propriétaire,
C’est la meilleure façon.
Que dire sur les affaires,
Qu’il ne faut pas manquer !
Celles qui sont peu chères,
Les autres qu’on doit chercher !
Tout ce qui doit changer,
Pour pouvoir vivre mieux ;
C’est le système entier,
Qui nous rend malheureux.
On attend les vacances,
Celles qui sont programmées ;
Et là dans l’insouciance,
C’est pour se reposer.
Mais laissons donc parler !
Tous ceux qui par la foi ;
Sur Dieu on tout misé ;
Ne le regrettant pas.
Pour eux, c’est avec lui,
Qu’ils sont vraiment heureux ;
Disant que cette vie,
Les rend toujours joyeux.
Choisir le matériel,
Pour satisfaire son coeur ;
C’est oublier l’essentiel,
Que donne le seigneur.
Yves Prigent
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26/04/2012
Haïku
Fin du feu d'arifice
Je suis seul à attendre
Le retour des étoiles
Christophe Rohu
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22/04/2012
Journée de la terre

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.
Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.
Paul Eluard, L’amour la poésie, 1929
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19/04/2012
Dame au balcon
DAME AU BALCON
Soudain, elle apparaît, enveloppée de vent,
claire dans la clarté, arrachée, semble-t-il,
et sa chambre, taillée en biseau,
remplit la porte derrière elle,
sombre comme le champ d’un camée
dont les bords sont frangés de lumière ;
et tu as l’impression que le soir n’était pas
avant qu’elle apparût pour, sur la balustrade,
déposer encore un peu d’elle-même :
les mains encore — afin d’être légère :
comme offerte au ciel par les files
de maisons, mobile à tous les vents.
Rainer Maria Rilke (1875-1926), poète autrichien
Nouveaux poèmes, Seuil
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