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22/01/2012

Signature

 

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« La seule signature au bas de la vie blanche,

c'est la poésie qui la dessine.  »

René Char

18/01/2012

Avoir et être

Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m'enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir.
 
Parmi mes meilleurs auxiliaires,
Il est deux verbes originaux.
Avoir et Être étaient deux frères
Que j'ai connus dès le berceau.
 
Bien qu'opposés de caractère,
On pouvait les croire jumeaux,
Tant leur histoire est singulière.
Mais ces deux frères étaient rivaux.

Ce qu'Avoir aurait voulu être
Être voulait toujours l'avoir.
À ne vouloir ni dieu ni maître,
Le verbe Être s'est fait avoir.

Son frère Avoir était en banque
Et faisait un grand numéro,
Alors qu'Être, toujours en manque
Souffrait beaucoup dans son ego.
  
Pendant qu'Être apprenait à lire
Et faisait ses humanités,
De son côté sans rien lui dire
Avoir apprenait à compter.
  
Et il amassait des fortunes
En avoirs, en liquidités,
Pendant qu'Être, un peu dans la lune
S'était laissé déposséder.
  
Avoir était ostentatoire
Lorsqu'il se montrait généreux,
Être en revanche, et c'est notoire,
Est bien souvent présomptueux.
  
Avoir voyage en classe Affaires.
Il met tous ses titres à l'abri.
Alors qu'Être est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.
  
Sa richesse est tout intérieure,
Ce sont les choses de l'esprit.
Le verbe Être est tout en pudeur
Et sa noblesse est à ce prix.
  
Un jour à force de chimères
Pour parvenir à un accord,
Entre verbes ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts.
  
Et pour ne pas perdre la face
Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.
  
Le verbe Avoir a besoin d'Être
Parce qu'être, c'est exister.
Le verbe Être a besoin d'avoirs
Pour enrichir ses bons côtés.
  
Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été.

Yves Duteil

 

16/01/2012

La course du temps

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Boom !
Lundi part en premier
Mardi va le rattraper
Mercredi tombe en panne d'essence
Jeudi part dans tous les sens
Vendredi fait des tonneaux
Samedi l'emmène chez le mécano
Et dimanche a toutes ses chances
De gagner d'un mètre d'avance
Lundi et mardi.

Vincent, un enfant

00:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (1)

11/01/2012

Le matin des étrennes

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Le matin des étrennes

Ah ! Quel beau matin, que ce matin des étrennes !
Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes
Dans quel songe étrange où l'on voyait joujoux,
Bonbons habillés d’or, étincelants bijoux,
Tourbillonner, danser une danse sonore,
Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore !
On s'éveillait matin, on se levait joyeux,
La lèvre affriandée, en se frottant les yeux ...
On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,
Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,
Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
Aux portes des parents tout doucement toucher ...
On entrait ! ...puis alors les souhaits ... en chemise,
Les baisers répétés, et la gaieté permise !

Arthur Rimbaud (1854-1891)

00:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

09/01/2012

Comment dire?

07/01/2012

Où que je cherche

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Je t’aime d’un amour

plus profond que moi-même

il est un chemin qui me mène

plus profond que les lois

 

ne me cherchez pas en moi-même

je ne vis plus en moi

il y a en moi un autre moi

plus profond que moi-même

 

où que je cherche où que j’aille

tu es la totale plénitude

où que je sois où que je bataille

plus profond que moi-même

 

le bien-aimé est là

mais il n’y a pas de vision

la vision n’est-elle pas

plus profonde que la vision

 

ne me questionnez-pas

je ne vis plus en moi

mon corps s’avance là

plus profond que mes pas

 

ton amour sans arrêt

me défait de moi-même

et c’est une blessure

plus profonde qu’un remède

 

les dogmes les écoles

c’est vrai sont des chemins

mais la vision du vrai est

plus profonde qu’un chemin

 

salomon dit-on

comprenait les oiseaux

mais il est un sage plus beau

plus sage que salomon

 

j’ai oublié la religion

il ne me reste que la dévotion

quel est donc ce connaître

plus secret que moi-même

 

laisser la religion

c’est ne plus croire en toi

quelle est cette incroyance

plus croyante que la foi

 

le regard de jonas

a rencontré le regard de l’aimé

il demeure à sa porte

plus léger qu’un baiser

 

(Yunus Emre, moine soufi, 13° siècle, Anatolie)