21/03/2009
Suppositions
Suppositions
Si la Tour Eiffel montait
Moins haut le bout de son nez,
Si l’Arc de Triomphe était
Un peu moins lourd à porter,
Si l’Opéra se pliait,
Si la Seine se roulait,
Si les ponts se dégonflaient,
Si tous les gens se tassaient
Un peu plus dans le métro,
Si l’on retirait des rues
Les guéridons des bistrots,
Les obèses, les ventrus,
Les porteurs de grands chapeaux,
Si l’on ôtait les autos,
Si l’on rasait les barbus,
Si l’on comptait les kilos
À deux cents grammes pas plus,
Si Montmartre se tassait,
Si les trop gros maigrissaient,
Si les tours rapetissaient,
Si le Louvre s’envolait,
Si l’on rentrait les oreilles,
Avec des SI on mettrait
Paris dans une bouteille.
Jacques Charpentreau (poète vendéen)
08:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
14/03/2009
Qui lit la poésie aujourd'hui?
Qui lit de la poésie aujourd’hui? Personne ou presque, une poignée d’individus passionnés, souvent poètes eux-même. C'est le Printemps des Poètes 2008 et les médias vont encore donner une vision arbitraire de la poésie contemporaine, en soulignant l’importance «médiatique» du Slam, au moment où sort le deuxième album de Grand Corps Malade, en évoquant quelques poètes célèbres comme Philippe Jaccottet, Yves Bonnefoy ou Bernard Noël, entre autres, qui écrivent et publient depuis très longtemps et qui sont heureusement soutenus par de grands éditeurs. Mais est-ce que le Grand Public les connait?
Faites un sondage dans la rue et posez la question suivante: citez-moi un poète contemporain vivant? On vous répondra par des noms de disparus: Prévert, Aragon ou Eluard, dans le meilleur des cas et on ne saura pas répondre exactement à votre question. Mais qui connait Ariane Dreyfus ou Jacques Ancet? Mais quid de tous les milliers de poètes de France et de Navarre, qui n’ont pas de lecteurs parce que les grands médias ne s’intéressent pas à la poésie, de toutes ces revues menacées de disparaitre, parce que les institutions ont décidé de baisser ou bien de supprimer les subventions? Cela touche même les «poètes célèbres et soutenus par de grands éditeurs».
«Aujourd’hui Poème» est en passe de mourir. «Le Nouveau Recueil» n’existe plus sur support papier et survit grâce au Net. Des revues d’importance moyenne, des revues plus petites encore, des maisons d’édition avec des auteurs moins prestigieux mais tout aussi talentueux, disparaissent, des associations n’ont plus le droit de tenir un stand au Marché de la Poésie, Place St Sulpice, à Paris, en Juin, par faute de non-rentabilité: voilà ce qu’est la poésie aujourd’hui! Depuis 2007, des associations comme le Club de Poètes de Champigny sur Marne (Médiathèque Jean-Jacques Rousseau) regroupant des amateurs de poésie, des enseignants ou des professionnels de la culture comme les bibliothécaires ne peuvent plus demander un stand alors qu’elles ont les moyens de le payer! Au Marché de la Poésie, il n'y a plus que des éditeurs et certaines revues (ce qui est normal pour un Marché), mais plus d'associations!!!
La Poésie en France? Elle est moribonde! Et le Slam est un écran de fumée qui cache l’essentiel.
Je soutiens évidemment toutes les manifestations du Printemps des Poètes mais je pense qu’il faut être vigilant et surtout s’inquiéter de la disparition de certaines revues et de certains éditeurs.
Vu dans Blibliobs
08:00 Publié dans Actualités, Cris, Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
10/03/2009
Petit poème
Les frères Taloche - petit poème
08:00 Publié dans Humour, Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
09/03/2009
Le hareng saur
Le hareng saur
A Guy.
Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.
Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.
Alors il monte à l'échelle - haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur blanc - nu, nu, nu.
Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur - sec, sec, sec.
Il redescend de l'échelle - haute, haute, haute,
L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.
Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,
Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.
J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,
Et amuser les enfants - petits, petits, petits.
Charles Cros (1842-1888) dans "Le coffret de santal"
17:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
08/03/2009
Poème de femme
8 mars: Journée de la femme en cette semaine de la poésie

Quelle est ton heure de fête, ton heure de gloire, d’aise à vivre et à chanter ?
Est-ce à la fine pointe du jour, quand basculent les ténèbres et que toute chose émerge comme au premier matin ?
Est-ce la jubilation de l’éveil : je suis vivant ! cri du corps au mode ; j’existe dans cet univers à créer !
Et montent vers toi les odeurs familières, les mille bruits du quotidien, et tu touches le drape, la joue,
le mur, comme s’ils étaient miraculeux.
Est-ce la première rencontre, le premier visage ou la première main allant vers ton visage,
ta main ; le choc du regard, sa trouée ?
Est-ce dans le nid de la matinée, quand tu épouses le travail à plein corps ?
Est-ce à la césure de midi, lorsque s’équilibrent passé et futur, comme une certitude et une promesse ?
Est-ce dans le feu de l’après-midi, quand s’adoucit l’éclat des heures.
Ou bien le soir glissant vers la nuit, sa tendresse complice, son chuchotement heureux de retrouvailles sans faille, sa plénitude ?
Pour te connaître, te reconnaître, il me faut entrer dans ta perte et ton excès, tes deuils et tes fêtes
08:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)
06/03/2009
La môme néant

La môme néant
Quoi qu'a dit ? - A dit rin.
Quoi qu'a fait ? - A fait rin.
A quoi qu'a pense ? - A pense à rin.
Pourquoi qu'a dit rin ?
Pourquoi qu'a fait rin ?
Pourquoi qu'a pense à rin ?
- A' xiste pas.
Jean Tardieu dans "Monsieur, monsieur" 1951
08:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)