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01/06/2010

Juin

Nuits de juin...

L'
été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
Les yeux fermés, l'oreille aux rumeurs entrouverte,
On ne dort qu'à demi d'un sommeil transparent.

L
es astres sont plus purs, l'ombre paraît meilleure ;
Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
Et l'aube douce et pâle, en attendant son heure,
Semble toute la nuit errer au bas du ciel.


Victor Hugo (1802-1885)

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28/05/2010

La beauté

Tard je t’ai aimée, ô beauté

sable-eau-pure.jpg

 

Tard je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, tard je t’ai aimée !

Mais quoi ! Tu étais au-dedans de moi, et j’étais, moi au-dehors de moi-même !

Et c’est au dehors que je te cherchais ;

je me ruais, dans ma laideur, sur la grâce de tes créatures.

Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi.

Tu m’as appelé, et ton cri a forcé ma surdité ;

tu as brillé, et ton éclat a chassé ma cécité ;

tu as exhalé ton parfum, je l’ai respiré, et voici que pour toi je soupire

je t’ai goûtée et j’ai faim de toi, soif de toi ;

tu m’as touché, et je brûle d’ardeur pour la paix que tu donnes.

(Saint Augustin, Les Confessions)

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17/05/2010

Mets ta lampe...

Mets ta lampe sur le boisseau,
Et tant mieux qu'elle s'éteigne!
Car tu auras une vraie joie,
Ta prière sera la torche
Que le Seigneur entretiendra.
Mets ta lampe sur le boisseau,
Et tant mieux s'il la renverse
Et si le feu prend à ton bois;
Tu ne souffriras par le mal
Que t'aurait fait le feu d'en bas.
 
Mets ta lampe sur le boisseau,
Et tant mieux si tes doigts brûlent
À ne plus pouvoir la tenir :
Puisque ton cour sait être à deux,
Le Seigneur la tiendra pour toi.
Mets ta lampe sur le boisseau,
Et tant mieux si tu n'as plus rien
À consumer, même pour lui :
Dieu fournira le feu et le bois.
Alors tu brilleras en lui.

Patrice de La Tour du Pin 

Prière du temps présent, 1980, p.1536

 

16/05/2010

Pays aux vents...

Pays aux vents de haute lisse
Où brodent les fougères
Où d’herbe en arbre
La sève remonte le fil de sa mémoire

Pays
Où le secret est un bouche à oreille
De la part des sources


L’air grisolle

Peut-être déjà la clairière
L’estuaire, le battement des siècles
De tout l’immense


Fragilité bienheureuse
d’aimer
De vivre sous le don
Sans autre ligne d’horizon
Intérieur que l’ordinaire des jours.


Gilles Baudry

Extrait de “La Seconde lumière”, Rougerie, 1990.

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15/05/2010

Ma bohème

grandeourse2.jpg

Ma Bohême. (Fantaisie)

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal :
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;

Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
−  Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !

 

Rimbaud

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04/05/2010

Tibériade

Tibériade

lac_tiberiade.jpg

Là les hauteurs du Golan, tends la main, effleure-les !
à travers un sûr silence, elles intiment l’arrêt.
En rayonnante solitude dort l’antique Hermon
Et le Pisgah immaculé forme rempart.

Là au bord du lac, il y a un palmier au feuillage tombant,
Chevelure dénouée ainsi qu’un enfant rebelle,
Dévalant la pente et au sein des eaux de Tibériade
Baignant ses pieds.

Combien se fortifient les fleurs en hiver près du krak,
Le sang de l’anémone, l’or du safran.
Il y a des jours où l’herbe devient sept fois plus verte,
Soixante-dix fois se parfait le bleu clair dans le firmament.

Même pauvre, allant humblement,
Le cœur meurtri par l’exil,
Te trahirai-je, oublierai-je
L’amour du printemps de ma vie ?
                                                            Tel-Aviv, 1927.

Poème de Rachel, traduit de l'hébreu par B. Grasset

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